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Source : www.bahai-biblio.org
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La Foi bahá'ie

La Foi bahá'ie est une religion fondée par Mirzá Husayn 'Ali (1817-1892), connu sous le nom de Bahá'u'lláh (titre qui signifie la Gloire de Dieu). Le mot Bahá'í vient de bahá (gloire, splendeur) et qualifie un disciple de Bahá'u'lláh. Cette religion est issue du Babisme, fondé en 1844 par Mirzá 'Ali Muhammad de Chiraz, connu sous le nom de Báb, qui insistait sur la venue proche de "Celui que Dieu manifestera", un nouveau prophète, un messager de Dieu...

Très vite, les enseignements du Báb... se répandit dans toute la Perse, provoquant de fortes oppositions de la part du clergé et du gouvernement. Le Báb fut arrêté puis, après plusieurs années d'incarcération, fut condamné à mort. C'est à Tabriz, en 1850, qu'il fut emmené, suspendu par des cordes contre le mur d'une place publique. Un régiment de plusieurs centaines de soldats tirèrent une salve mais, lorsque la fumée dégagea la scène, la vaste foule assemblée sur le lieu d'exécution découvrit les cordes coupées par les balles. Le Báb avait disparu. Il fut découvert, indemne, dans un bâtiment proche, conversant calmement avec un disciple. L'exécution fut répétée, cette fois avec efficacité. Il s'ensuivit des persécutions à grande échelle contre les bábis au cours desquelles, plus de 20 000 personnes finirent par perdre la vie.

Histoire et expansion

A la suite d'une tentative manquée d'attentat contre la vie du Cháh Nasiri'd-Din, perpétré en août 1852 par deux babis qui voulaient venger leur maître, Bahá'u'lláh, un des premiers disciples du Báb, fut arrêté. Malgré son innocence, il fut jeté dans le " Trou noir ", une prison célèbre de Téhéran, et c'est là qu'il prit conscience de sa mission de messager divin. Relâché en janvier 1853 et exilé à Baghdad, il y prit la tête de la communauté babie et entreprit de la revivifier. Inquiet, le gouvernement persan encouragea les autorités ottomanes à éloigner Bahá'u'lláh et le nombre croissant de ses disciples des frontières de la Perse. Avant de partir pour Constantinople, Bahá'u'lláh passa douze jours dans un jardin des environs de Baghdad et c'est là qu'il déclara à un petit nombre de Babis qu'il était le messager de Dieu dont la venue avait été prophétisée par le Báb. C'était en avril 1863.

De Constantinople, où Il passa quatre mois, Bahá'u'lláh fut transféré à Andrinople (Edirne) d'où il rendit publique sa mission au moyen de lettres (appelées " Tablettes ") adressées aux dirigeants de Perse, de Turquie, de Russie, de Prusse, d'Autriche, de Grande-Bretagne et de France, ainsi qu'au Pape et au clergé chrétien et musulman.

Une grande majorité de Babis reconnurent Bahá'u'lláh et devinrent connus sous le nom de bahá'is. Une petite minorité, moins de dix pour cent, suivit son demi-frère, Mirzá Yahyá Subh-i-Azal : les azalis. Rendu furieux par son incapacité à attirer à lui plus qu'une poignée d'adeptes, Mirzá Yahyá soutenus par ses disciples fit ce qu'il fallait pour que le gouvernement turc exile Bahá'u'lláh vers St-Jean-d'Acre, colonie pénitencière de Palestine. Lui-même, victime de ses complots, sera exilé à Chypre.

Bahá'u'lláh, sa famille et plusieurs disciples furent enfermés pendant deux ans dans une ancienne caserne transformée en prison. L'un de ses fils et plusieurs de ses compagnons y moururent. Lorsque la sévérité de son emprisonnement s'atténua, on autorisa Bahá'u'lláh à résider à l'intérieur des remparts de St-Jean-d'Acre puis, plus tard, dans un manoir proche de la ville. Avant la fin de sa vie Bahá'u'lláh put voir sa religion se répandre au-delà de la Perse et de l'empire ottoman jusqu'au Caucase, au Turkestan, en Inde, en Birmanie, en Egypte et au Soudan.

Bahá'u'lláh désigna son fils aîné, 'Abdu'l-Bahá (" Serviteur de la gloire " 1844-1921) comme chef de la communauté bahá'ie et interprète autorisé de ses enseignements. Non seulement 'Abdu'l-Bahá administra depuis la Palestine les affaires du mouvement, mais il s'engagea activement dans la propagation de la foi, voyageant en Afrique, en Europe et en Amérique de 1910 à 1913. Il désigna aussi son petit-fils aîné, Shoghi Effendi Rabbani (1896-1957), comme son successeur, et l'interprète des enseignements de Bahá'u'lláh. Il consolida ainsi l'unité des croyants.

Pendant le ministère de 'Abdu'l-Bahá, des groupes bahá'is s'établirent en Afrique du nord, en Extrême Orient, en Australie et aux Etats-Unis. Depuis, le mouvement s'est répandu sur toute la terre avec des communautés particulièrement vigoureuses en Afrique, en Iran, en Inde, aux Etats-Unis et dans certaines régions de l'Asie du Sud-est et dans le Pacifique...

(voir la revue " Les baha'i s " pour les statistiques officielles actuelles, de sources baha'ie et non-baha'ie)

La littérature sacrée

La littérature sacrée bahá'ie est composée de l'ensemble des Ecrits de Bahá'u'lláh de leur interprétation et de leur amplification dans les Ecrits de 'Abdu'l-Bahá et de Shoghi Efendi.

Parmi la centaine d'ouvrages révélés par Bahá'u'lláh on peut citer : Le Plus-saint Livre (Kitáb-i-Aqdas), qui comprend ses lois; le Livre de la Certitude (Kitáb-i-Iqan) qui expose ses enseignements essentiels sur la nature de Dieu et de la religion; Les Paroles cachées, une collection de courts textes destinées à l'édification de l'âme des hommes et à la correction de leur conduite; Les Sept vallées, un traité mystique qui " décrit les sept étapes que l'âme doit traverser avant d'atteindre l'objet de son existence ", l'Epître au Fils du Loup, son dernier ouvrage important, ainsi que d'innombrables prières, méditations, exhortations et épîtres. Les bahá'is croient que les Ecrits de Bahá'u'lláh sont inspirés et qu'ils constituent la révélation de Dieu pour cette époque.

Principes religieux et sociaux

Bahá'u'lláh enseigne que Dieu est inconnaissable " au-delà de tout attribut humain: l'existence corporelle, la montée, la descente, l'avancée et le recul ". " Il ne saurait y avoir de lien direct entre le seul vrai Dieu et sa création, et rien de commun ne peut exister entre l'Eternel et le transitoire, le contingent et l'Absolu ". L'incapacité humaine à saisir l'essence divine ne conduit pas à l'agnosticisme car Dieu a choisi de se révéler par l'intermédiaire de Messagers dont Abraham, Moïse, Zoroastre, Bouddha, Jésus, Muhammad et le Báb qui sont, " tous et chacun, les Interprètes sur terre de Celui qui est l'orbe central de l'univers ...". Messagers ou, dans la terminologie bahá'ie, les " Manifestations " occupent deux rangs, apparaissent sous deux aspects. Le premier " est le rang de la pure abstraction et d'unité essentielle ", à propos duquel on peut parler de l'unité des messagers de Dieu puisqu'ils sont tous des manifestations de sa volonté et des interprètes de sa parole. On évite le syncrétisme en se souvenant que l'autre rang est celui de " la distinction... De ce point de vue, chaque Manifestation de Dieu a une individualité distincte, une mission précise ... ". Ainsi, alors que l'essence de toutes les religions est la même, chacune a ses particularités qui correspondent aux besoins d'une époque donnée, d'un endroit précis et du niveau de la civilisation dans laquelle apparaît la manifestation. La vérité religieuse étant considérée comme relative et la révélation comme progressive et continue, les bahá'is affirment que d'autres manifestations apparaîtront dans le futur mais pas avant l'expiration d'au moins un millier d'années après la révélation bahá'ie, suivant Bahá'u'lláh lui-même.

D'après les enseignements bahá'is, Dieu est et a toujours été le Créateur. En conséquence, il y a toujours eu une création, un univers. C'est l'amour de Dieu qui créa l'humanité. " O fils de l'homme! Caché en mon être éternel et dans l'antique éternité de mon essence, je savais mon amour pour toi, aussi t'ai-je créé. J'ai gravé en toi mon image et je t'ai révélé ma beauté ". Le but de l'existence humaine enseigné par Bahá'u'lláh est de connaître Dieu et de l'aimer et de " travailler à l'établissement et à l'amélioration croissante de la civilisation ". Bahá'u'lláh appelle l'homme " la plus noble et la plus parfaite de toutes les choses créées "; il est doté d'une âme immortelle qui, après s'être séparée du corps, pénètre dans une nouvelle forme d'existence. Le ciel et l'enfer sont des symboles des relations de l'âme avec Dieu. De bonnes actions rapprochent de Dieu et donne une joie ineffable, alors qu'en être éloigné n'apporte que douleurs et souffrances. Pour accomplir un but si élevé, l'homme doit reconnaître le messager de Dieu de la dispensation dans laquelle il vit et " observer chaque ordonnance de Celui qui est le désir du monde. Ces devoirs jumeaux sont inséparables et aucun n'est acceptable sans l'autre ".

Bahá'u'lláh enseigne que la civilisation est arrivée au point où l'unité de l'humanité est devenu une nécessité fondamentale. " Les longs siècles de première et de seconde enfance par lesquels devait passer l'humanité sont aujourd'hui révolus. Elle connaît maintenant les troubles inhérents au stade le plus tumultueux de son évolution, le stade de l'adolescence, alors que l'impétuosité de la jeunesse atteint un point culminant, pour faire graduellement place au calme et à la sagesse de l'âge mûr. C'est avec cette maturité que la race humaine acquerra les pouvoirs et les capacités sur lesquels repose son ultime développement. L'unification du genre humain est le parvis du stade dont approche l'humanité. L'unité de la famille, de la tribu, de la cité, de la nation ont été successivement tentées et pleinement réalisées... L'unité du monde est maintenant le but vers lequel s'efforce une humanité harassée. L'édification de la nation est une tâche terminée. L'anarchie inhérente à la souveraineté de l'Etat approche de sa culmination. Un monde qui marche vers sa maturité doit renoncer à ce fétiche de l'Etat souverain, il doit reconnaître l'unité de la race humaine et établir une fois pour toutes l'organe capable d'incarner ce principe fondamental de son existence. "

Pratiques

Tous ceux qui professent leur foi en Bahá'u'lláh et acceptent ses enseignements deviennent membres de la communauté bahá'ie. Il n'y a ni cérémonie d'initiation, ni sacrements, ni clergé. Néanmoins, chaque bahá'i a l'obligation spirituelle de prier quotidiennement, de jeûner 19 jours par an en s'abstenant de nourriture et de boisson du lever au coucher du soleil, de ne pas prendre d'alcool , de drogue ou tout autre substance qui affecte l'esprit, d'être monogame, d'obtenir l'accord de ses parents à son mariage, d'assister à la fête des dix-neuf jours le premier jour de chaque mois du calendrier bahá'i. Cette Fête des dix-neuf jours, qui fut instituée à l'origine par le Báb, réunit les bahá'is d'une communauté donnée pour prier, lire des Ecrits, discuter des activités de la communauté et profiter de la compagnie de chacun. Les fêtes ont pour but d'encourager la participation universelle dans les affaires de la communauté et d'entretenir l'esprit de fraternité et de camaraderie. Dans le futur, les bahá'is de chaque commune construirons une maison d'adoration autour de laquelle sera réuni des institutions telles que maison de retraite, orphelinat, école et hôpital. Dans les années quatre-vingt dix, il existe des maisons d'adoration à Wilmette, Illinois (USA), à Francfort en Allemagne, à Kampala en Ouganda, à Sydney en Australie, à Panama, aux Samoa et à la Nouvelle-Delhi en Inde. Dans ces temples, il n'y a pas de prêches et le service religieux consiste à lire des extraits des Ecrits de toutes les religions.

Les bahá'is utilisent un calendrier établi par le Báb et confirmé par Bahá'u'lláh, dans lequel l'année est divisé en 19 mois de 19 jours chacun avec en plus quatre jours intercalaires (cinq les années bissextile). L'année commence le premier jour du Printemps, le 21 mars, qui est jour férié. Les autres jours fériés qui sont chômés sont ceux qui commémorent la déclaration de la mission de Bahá'u'lláh (21 avril, 29 avril 2 mai), la déclaration de la mission du Báb (23 mai), la naissance de Bahá'u'lláh (12 novembre), la naissance du Báb (20 octobre), le décès de Bahá'u'lláh (29 mai) et le martyre du Báb (9 juillet).

Organisation et administration

La communauté bahá'ie est gouvernée suivant les principes établis par Bahá'u'lláh par des institutions qu'il créa et qui furent élaborées et étendues par 'Abdu'l-Bahá. Ces principes et ces institutions constituent l'ordre administratif bahá'i considéré par les croyants comme le schéma d'un futur ordre mondial. Le gouvernement de la communauté bahá'ie commence au niveau local par l'élection de l'assemblée spirituelle locale. Le processus électoral interdit les partis ou les factions, les listes de candidats et les campagnes électorales. Cette assemblée spirituelle locale a juridiction sur toutes les affaires locales de la communauté. Sur le plan national, chaque année les bahá'is élisent des délégués à un congrès national qui élit une assemblée spirituelle nationale qui a juridiction sur le pays. Toutes les assemblées spirituelles nationales du monde se constituent périodiquement en congrès international qui élit le conseil supérieur connu sous le nom de Maison Universelle de Justice. Suivant les Ecrits de Bahá'u'lláh, la Maison Universelle de Justice est le corps administratif, législatif et judiciaire suprême du monde bahá'i. Elle applique les lois promulguées par Bahá'u'lláh et légifère sur les points qui ne sont pas couverts par les Ecrits. Le siège de la Maison Universelle de Justice est situé à Haifa (Israël) à proximité des mausolées du Báb et de 'Abdu'l-Bahá, non loin du mausolée de Bahá'u'lláh à Bahji près de Saint-Jean-d'Acre.

D'autres institutions nommées existent dans la Foi bahá'ie, comme par exemple les Mains de la cause de Dieu et les conseillers continentaux. Les premiers furent créés par Bahá'u'lláh et nommés plus tard par 'Abdu'l-Bahá à des fonctions de propagation de la Foi et de protection de la communauté. Ils servent tous aujourd'hui sous la direction de la Maison Universelle de Justice. Les conseillers, aidés de membres du corps auxiliaire qu'ils nomment, sont appointés par la Maison Universelle de Justice et ont pour rôle d'aider, d'inspirer et d'encourager les individus et les institutions bahá'ies.

Extrait traduit de l'article de l'Encyclopædia Britannica

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