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Source : www.bahai-biblio.org
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LA FOI BAHA'IE: DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL

Sommaire
I. PRESENTATION DE LA FOI BAHA'IE
Introduction
Les enseignements fondamentaux de Bahá'u'lláh
Une façon de vivre
Le fond historique
Le Báb (1819-1950)

Bahá'u'lláh (1817-1892), fondateur de la foi baha'ie

Abdu'l-Bahá (1844-1921)

L'unité des baha'is (le gardiennat, la maison universelle de justice)

Le centre mondial baha'i
La communauté mondiale baha'ie
Les maisons d'adoration bahá'ies
Le développement social et économique
Les baha'is et les nations unies

II. DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL : L'APPROCHE BAHA'IE

La communauté Bahá'íe
La prise de décision en groupe
Le développement des communautés
Le but du développement
Les tendances du développement Bahá'í
L'éducation des enfants
Encourager les femmes
Les écoles de village
L'agriculture
La santé
Les radios Bahá'íes
La collaboration internationale
Un exemple encourageant
Additif n° 1: radio baha'ie, otavalo, équateur

Additif n° 2: projets agricoles dans le district de walungu, au zaïre

I. PRESENTATION DE LA FOI BAHA'IE
INTRODUCTION

La foi Bahá'íe est la plus jeune des religions indépendantes du monde. Son fondateur, Bahá'u'lláh (1817-1892), est considéré par les Bahá'ís comme le plus récent des messagers de Dieu dans une lignée dont l'origine remonte à bien avant le début de l'histoire écrite, et qui comprend Abraham, Moïse, Bouddha, le Christ et Muhammad.

Le thème central du message de Bahá'u'lláh est que l'humanité est une seule race et que le jour de son unification en une société globale commence à poindre. Bahá'u'lláh dit que Dieu a généré des

forces historiques qui brisent les traditionnelles barrières de races, de classes, de religions et de nations et qui donneront naissance, avec le temps, à une civilisation universelle. Le défi face auquel les peuples du monde se trouvent est de reconnaître leur unité et d'aider au processus d'unification.

Un des buts de la foi Bahá'íe est de rendre cette réponse possible. Une communauté mondiale de quelque quatre millions de Bahá'ís, qui représentent la plupart des nations, races et cultures de la terre, travaille à l'application pratique des enseignements de Bahá'u'lláh. Leur expérience sera une source d'encouragement pour tous ceux qui partagent leur vision de l'humanité comme étant une famille globale et de la terre comme étant un seul pays.

LES ENSEIGNEMENTS FONDAMENTAUX DE BAHÁ'U'LLÁH

Bahá'u'lláh enseigne que Dieu est unique et que les révélations successives de sa volonté à l'humanité ont été la principale force civilisatrice de l'histoire. Les agents de ce processus ont été les messagers divins que les hommes ont perçus comme étant les fondateurs de systèmes religieux distincts, mais dont le but commun est d'amener la race humaine à sa maturité morale et spirituelle.

L'humanité arrive aujourd'hui à sa majorité. Et c'est cela qui rend possible l'unification de la famille humaine et la construction d'une société pacifique et universelle. Parmi les principes que la foi Bahá'íe avance comme étant capitaux pour l'accomplissement de ce but, on trouve:

- l'abandon de toutes formes de préjugés
- l'égalité des droits de l'homme et de la femme

- l'unité fondamentale de toutes les grandes religions, révélées progressivement par les manifestations de Dieu

- l'élimination des extrêmes de pauvreté et de richesse

- l'éducation universelle
- la recherche indépendante de la vérité
- l'établissement d'une fédération mondiale

- l'harmonie entre la science et la religion, ainsi que la progression de la connaissance scientifique.

UNE FACON DE VIVRE

Bahá'u'lláh enseigne que chaque être humain est une mine riche de joyaux, aux trésors inépuisables, et ignorée même par son propriétaire, et à plus forte raison par les autres. Le but de la vie est de développer ses capacités, à la fois pour sa propre vie et pour le service de l'humanité. La vie en ce monde, telle que Bahá'u'lláh la présente, est semblable à la vie de l'enfant dans le ventre de sa mère: les pouvoirs moraux, intellectuels et spirituels qu'un être humain développe ici-bas seront, avec l'aide de Dieu, les membres et organes dont l'âme aura besoin pour son progrès dans des mondes qui sont au-delà de ce monde terrestre.

L'art de vivre que les Bahá'ís cherchent à cultiver est donc de nature à encourager le développement personnel. La prière quotidienne et la méditation libèrent l'âme des modèles conditionnés et l'ouvre à de nouvelles possibilités. Entreprendre des projets avec des personnes de formations diverses fait tomber les préjugés traditionnels. L'utilisation de l'alcool et des narcotiques est évitée sauf sur prescription médicale, car ces substances, avec le temps, altèrent la raison. Il en est de même pour l'habitude de médire, qui affaiblit la confiance entre les gens et mine l'esprit d'unité dont dépend le progrès humain.

Les Écrits de Bahá'u'lláh accordent une grande importance à l'institution de la famille en tant que fondement de la société humaine. Le caractère sacré du mariage, la reconnaissance de l'égalité du mari et de la femme et l'emploi de la consultation sont particulièrement mis en valeur.

LE FOND HISTORIQUE

Pour les Bahá'ís, le processus d'évolution est un élément essentiel de tous les phénomènes de la vie, y compris les révélations de Dieu. La série d'étapes à travers lesquelles leur propre foi a progressivement émergé et s'est établie à travers le monde est elle-même une expression de ce principe.

L'émergence de la foi Bahá'íe a également été marquée par un second élément qu'elle partage avec chacune des religions du monde qui l'ont précédée: c'est la période de formation de son histoire. Les implications d'une nouvelle étape dans la révélation de la volonté de Dieu sont invariablement malvenues pour les branches influentes de la société. Il en résulta souvent une persécution acharnée à l'encontre des adeptes de la nouvelle foi. Pendant le premier siècle et demi de sa vie, la foi Bahá'íe est passée par plusieurs périodes de telles oppressions.

LE BÁB (1819-1950)

Le 23 mai 1844 à Shiraz en Perse, un jeune homme connu sous le nom de Báb annonça la venue imminente du messager de Dieu attendu par tous les peuples de la terre. Le titre Báb signifie Porte. Bien qu'il fut lui-même porteur d'une révélation divine indépendante, le Báb déclara que son but était de préparer l'humanité à cet avènement.

A l'instigation du clergé musulman, des persécutions sauvages suivirent aussitôt cette annonce. Le Báb fut arrêté, battu, emprisonné et finalement exécuté sur la place publique de la ville de Tabríz, le 9 juillet 1850. Quelque vingt mille de ses adeptes périrent dans une série de massacres à travers la Perse.

Aujourd'hui, un édifice majestueux, coiffé d'un dôme doré et entouré de beaux jardins, domine la baie de Haïfa; c'est le mausolée où reposent les restes du Báb.

BAHÁ'U'LLÁH (1817-1892), FONDATEUR DE LA FOI BAHA'IE

Né en 1817, Bahá'u'lláh était membre d'une des grandes familles patriciennes de Perse. Cette famille pouvait retracer sa lignée jusqu'aux dynasties impériales qui avaient régné sur la Perse, et elle était dotée de richesses et de vastes domaines. Tournant le dos à la situation que de tels avantages pouvaient lui offrir à la cour, Bahá'u'lláh se fit connaître pour sa générosité et sa bonté, ce qui lui valut l'amour profond de ses compatriotes.

Cette position privilégiée ne survécut pas longtemps à l'annonce que Bahá'u'lláh fit de son soutien au Báb. Submergé par les vagues de violence qui déferlèrent sur les Bábís après l'exécution du Báb, Bahá'u'lláh souffrit non seulement de la perte de tous ses biens terrestres, mais il fut également soumis à l'emprisonnement, la torture et à une série de bannissements. Il fut d'abord exilé à Baghdád où il déclara en 1863 qu'il était le Promis annoncé par le Báb. De Baghdád, Bahá'u'lláh fut envoyé à Constantinople, puis à Andrinople et finalement à Saint-Jean-d'Acre en Terre sainte où il arriva en tant que prisonnier en 1868.

D'Andrinople, et plus tard de Saint-Jean-d'Acre, Bahá'u'lláh adressa aux souverains de son époque une série d'Epîtres qui figurent parmi les documents les plus remarquables de l'histoire religieuse. Elles proclament la venue de l'unification de l'humanité et l'émergence d'une civilisation mondiale. Les rois, empereurs et présidents du dix-neuvième siècle furent appelés à concilier leurs différends, à réduire leurs armements et à vouer leur énergie à l'établissement de la paix universelle.

Bahá'u'lláh s'éteignit à Bahjí, au nord de Saint-Jean-d'Acre, et y fut enterré. Ses enseignements s'étaient déjà répandus au-delà des confins du Moyen-Orient, et aujourd'hui son tombeau est le point de mire d'une communauté mondiale née de ses enseignements.

ABDU'L-BAHÁ (1844-1921)

Dès sa plus tendre enfance, `Abbas Effendi, le fils aîné de Bahá'u'lláh, partagea les souffrances et les bannissements de son Père. Il prit le titre de 'Abdu'l-Bahá, le serviteur de Bahá. Bahá'u'lláh le nomma seul interprète autorisé des enseignements Bahá'ís et chef de la foi après son ascension. On voyait en 'Abdu'l-Bahá l'exemple parfait de la manière de vivre Bahá'íe. Tandis que 'Abdu'l-Bahá était encore prisonnier des Ottomans, les premiers pèlerins occidentaux arrivèrent à Saint-Jean-d'Acre en 1898. Après sa libération en 1908, 'Abdu'l-Bahá entreprit une série de voyages qui, de 1911 à 1913, l'amenèrent en Europe et en Amérique. Il y proclama le message d'unité et de justice sociale de Bahá'u'lláh devant des assemblées de fidèles, des sociétés pacifistes, des syndicalistes, dans des universités, devant des journalistes et des personnalités politiques et lors de nombreuses conférences publiques.

'Abdu'l-Bahá s'éteignit en 1921; il avait consolidé les fondements de la foi Bahá'íe et grandement fait progressé son extension. La partie nord du mausolée du Báb, où sont déposés ses restes, est un lieu de recueillement pour les Bahá'ís qui visitent le centre mondial de leur foi.

L'UNITÉ DES BAHÁ'ÍS

Pour pouvoir être efficace dans la promotion de l'unité mondiale, la communauté Bahá'íe doit être elle-même fermement unie. Les écrits de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá ont assuré l'unité Bahá'íe par le fait qu'ils constituent un guide authentique du but de la révélation de Bahá'u'lláh et de l'administration des affaires de la communauté internationale Bahá'íe. Pendant les moments critiques du premier siècle d'existence de la foi, ces dispositions ont protégé la communauté Bahá'íe des risques de sectarisme et lui ont permis de s'adapter aux exigences d'une civilisation en rapide évolution. Les institutions qui incarnent cette autorité sont le Gardiennat et la Maison Universelle de Justice.

LE GARDIENNAT

Dans son testament, 'Abdu'l-Bahá désigna son petit-fils, Shoghi Effendi Rabbani, comme gardien de la foi Bahá'íe et interprète de ses enseignements, il la servit jusqu'à sa mort en 1957. Pendant ces trente-six années, le Gardien traduisit en anglais de nombreux écrits de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá, il les commenta et les explicita, il encouragea l'établissement des institutions Bahá'íes locales et nationales et il élabora une série de plans dont le but était la diffusion des idéaux Bahá'ís partout dans le monde.

En Terre sainte, le cadre qu'il sut créer pour le centre mondial de la foi Bahá'íe témoigne aussi de la qualité et de l'importance de son travail. L'achèvement du mausolée du Báb fut son oeuvre ainsi que la construction du bâtiment des Archives internationales Bahá'íes. Ce fut aussi Shoghi Effendi qui conçut et fit réaliser les magnifiques jardins de Bahjí et ceux qui se trouvent sur les pentes du mont Carmel.

LA MAISON UNIVERSELLE DE JUSTICE

La Maison Universelle de Justice, décrétée par Bahá'u'lláh comme autorité législative de la foi Bahá'íe, a été constituée en 1963. Elle est composée de neuf membres élus tous les cinq ans par l'ensemble des membres des institutions nationales qui gouvernent le monde Bahá'í.

La Maison Universelle de Justice dirige les affaires spirituelles et administratives de la communauté internationale Bahá'íe. Elle est aussi la gardienne et la dépositaire des Lieux saints Bahá'ís et autres propriétés en Terre sainte. Bahá'u'lláh lui conféra l'autorité de légiférer sur toute matière qui ne serait pas spécifiquement

développée dans les écrits Bahá'ís. La Maison Universelle de Justice est l'institution qui permet à la communauté Bahá'íe d'évoluer parallèlement à un monde en perpétuel devenir.

LE CENTRE MONDIAL BAHA'I

Comme c'est le cas pour trois des autres religions mondiales (le judaïsme, le christianisme et l'islam), ce sont les circonstances historiques qui ont lié la foi Bahá'íe à la Terre sainte. Les maisons et autres endroits associés à l'exil de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá dans ces lieux ont été affectueusement restaurés par la communauté Bahá'íe. Chaque année des milliers de Bahá'ís se rendent en pèlerinage à Haïfa et Saint-Jean-d'Acre et ont le privilège de visiter ces lieux en compagnie de leurs coreligionnaires venus de toutes les régions du globe. Tous les cinq ans, les représentants élus des communautés nationales Bahá'íes se réunissent à Haïfa pour élire les membres de la Maison Universelle de Justice qui administrent les affaires internationales de la foi, dont le siège se trouve sur le mont Carmel.

Le personnel de la Maison Universelle de Justice se compose de volontaires Bahá'ís venus de nombreux pays. Résidant dans la région de Haïfa et de Saint-Jean-d'Acre, ces volontaires y travaillent sur

invitation pour des périodes de temps variables.
LA COMMUNAUTÉ MONDIALE BAHA'IE

La communauté Bahá'íe dénombre aujourd'hui quelque quatre millions de membres qui résident dans plus de deux cents pays indépendants. Dans sa grande diversité, elle embrasse des représentants de la

plupart des races, croyances et cultures présentes sur la planète, et elle comprend plus de deux mille cent groupes ethniques différents.

La foi Bahá'íe n'a pas de clergé. La race humaine étant entrée dans l'âge de maturité, chaque individu est capable d'examiner la révélation divine et de prendre ses propres décisions en ce qui concerne sa vie à l'aide de la prière, de la réflexion et de la consultation. Pour rendre ceci possible, les écrits Bahá'ís ont été

traduits jusqu'à présent en quelque sept cent cinquante langues.

Le même principe s'applique à la vie collective de la communauté. Des conseils élus, appelés assemblées spirituelles, administrent les affaires de la foi aux niveaux local et national. Tous les croyants

adultes sont également éligibles; l'élection se fait à scrutin secret et selon le principe de pluralité.

Le travail de la foi est entièrement subventionné par les contributions volontaires de ses membres.

LES MAISONS D'ADORATION BAHA'IES

Les maisons d'adoration Bahá'íes sont ouvertes à tous. Bien qu'elles soient Très différentes sur le plan architectural, elles comportent toutes neuf côtés, neuf portes et un dôme central qui symbolisent à la fois la diversité de la race humaine et son unité essentielle. Les programmes de dévotion sont simples: ils sont composés de prières, méditations et lectures de textes des Écrits sacrés de la foi Bahá'íe et des autres religions; la musique est assurée par des choeurs sans accompagnement.

Telle qu'elle a été conçue par Bahá'u'lláh, la maison d'adoration est destinée à être le centre spirituel de diverses institutions qui en dépendent, consacrées à des services scientifiques, humanitaires, éducatifs et administratifs.

LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET ÉCONOMIQUE

Du point de vue du développement social et économique, la caractéristique la plus intéressante de la vie communautaire Bahá'íe réside dans le processus consultatif qui l'anime. Bahá'u'lláh a donné un modèle de prises de décision en groupe, qui est basé sur l'effort vers le consensus. Il serait juste de dire que la plupart des membres de la foi Bahá'íe sont, à un degré ou à un autre, des étudiants de ce processus de consultation.

Les possibilités de développement social et économique de ce système ont commencé à être apparentes au tout début de ce siècle en Iran, lorsque les Bahá'ís iraniens ont fondé leurs propres écoles, cliniques et autres services sociaux, et cela incluait la première école de jeunes filles d'Iran.

Aujourd'hui, les projets de développement prolifèrent, surtout à travers le Tiers-Monde. Parmi ces projets, on trouve: des écoles de village, des cliniques locales, des classes d'éducation sanitaire, des projets agricoles, du reboisement, des actions de prévention de l'alcoolisme et des foyers pour enfants. Les programmes sociaux et culturels des radios Bahá'íes incluent naturellement de tels sujets pratiques, mais également la reconnaissance de la culture indigène. Se basant sur l'évaluation des besoins locaux par les assemblées spirituelles localement élues, les projets Bahá'ís de développement sont essentiellement des entreprises populaires. C'est certainement ce fait qui explique le caractère d'autonomie d'une grande partie du travail entrepris.

LES BAHÁ'ÍS ET LES NATIONS UNIES

La foi Bahá'íe affirme que la vraie religion est promotrice d'unité, et que cette unité est la condition préalable et fondamentale à la réalisation de la paix universelle. Le bien-être de l'humanité, dit Bahá'u'lláh, sa paix et sa sécurité ne pourront être obtenus si son unité n'est pas fermement établie.

Parmi les mesures que la communauté Bahá'íe préconise comme contributions à l'unité mondiale, on trouve: une fédération des nations, une langue auxiliaire internationale, la coordination de l'économie à l'échelle mondiale, un système universel d'éducation, un code des droits de l'homme pour tous les peuples, un système global de communication et un système universel de monnaies, poids et mesures.

Etant convaincus que les Nations Unies représentent un effort majeur vers l'unification de la planète, les Bahá'ís ont soutenu leur travail par tous les moyens possibles. La communauté internationale Bahá'íe est accréditée et dotée d'un statut consultatif auprès du Conseil Économique et Social des Nations Unies (ECOSOC) et du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF). Les bureaux de la communauté Bahá'íe à New York et à Genève, ainsi que des Bahá'ís de nombreux pays, participent régulièrement à des consultations, congrès et colloques portant sur la vie socio-économique de notre planète.

Les souffrances endurées par leurs coreligionnaires victimes de persécutions religieuses ont particulièrement sensibilisé les Bahá'ís aux enseignements de Bahá'u'lláh touchant les droits de l'homme. La

communauté internationale Bahá'íe participe activement aux consultations des Nations Unies concernant les droits des minorités, le statut des femmes, la prévention de la criminalité, le contrôle des narcotiques, le bien-être des enfants et de la famille, et le progrès vers le désarmement.

16 juin 1987

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II. DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL : L'APPROCHE BAHA'IE

Aujourd'hui, la note dominante dans les projets de développement économique et social à travers le monde est un sentiment de frustration qui tend souvent vers le découragement. Dans bien trop de cas, les résultats s'avèrent sans commune mesure avec l'énorme investissement en ressources et en espoir. Dans ce paysage plutôt sombre, un des modèles vraiment encourageants est celui qu'offre la communauté internationale Bahá'íe. Basé sur des principes qui ont été établis il y a plus de cent ans dans les Écrits de Bahá'u'lláh, ce modèle a peu à peu émergé sur la scène mondiale pendant ces dernières décennies, au fur et à mesure que les Bahá'ís sont devenus capables d'appliquer systématiquement ces principes à leur vie collective.

La communauté Bahá'íe

Bien que cette communauté soit de nature religieuse - et la plus jeune des religions indépendantes - elle n'a pas de clergé. Ses affaires sont en effet administrées par des conseils élus démocratiquement à scrutin secret et fonctionnant au niveau local, national et international. Née en Perse au milieu du dix-neuvième siècle, la foi Bahá'íe s'est développée peu à peu jusqu'à voir maintenant sa structure administrative établie dans plus de deux cents pays indépendants et territoires principaux.

Sa croissance a été particulièrement rapide dans le Tiers-Monde. Parmi les presque trente-deux mille assemblées spirituelles locales - c'est ainsi que sont nommés ces conseils - la grande majorité se trouve en Inde, en Afrique, en Amérique du Sud et dans les îles du Pacifique. Même dans les nations plus développées, un pourcentage substantiel d'assemblées s'est établi en milieu rural: les réserves d'Indiens ou les villages éloignés du nord du Canada en sont des exemples, ainsi que les villages noirs aux États-Unis.

La prise de décision en groupe

La caractéristique la plus intéressante du système administratif Bahá'í, du point de vue du développement économique et social, réside dans le processus de consultation qui l'anime. Parmi les principes qui guident ce processus - tous émanant des Écrits de Bahá'u'lláh - on trouve l'effort vers le consensus, l'utilisation de la méditation et de la prière pour se préparer à la résolution des problèmes, la responsabilité qu'a chaque individu d'exprimer sa propre opinion selon sa conscience, la modération et la courtoisie dans l'expression, le détachement par rapport à ses propres idées une fois qu'elles ont été proposées, et l'obligation pour tous de travailler à la réussite des projets qui ont été adoptés lors de la décision de l'assemblée.

Au fur et à mesure que la foi Bahá'íe s'établissait à travers le monde, un résultat important a été qu'un grand nombre de personnes ont pris part à l'apprentissage pratique de cette méthode de prise de décision. Du fait que le fonctionnement Bahá'í comporte aussi une consultation régulière de l'assemblée locale avec l'ensemble des membres de sa communauté, il est exact de dire que la plupart des membres de la foi Bahá'íe sont, à un degré ou à un autre, des étudiants de ce processus de consultation et de ses implications. C'est à ce phénomène, plus qu'à aucun autre, que les Bahá'ís attribuent le caractère d'autonomie d'une grande part de leur travail de développement.

Le développement des communautés

Les possibilités de développement social qu'offre l'approche Bahá'íe ont commencé à être apparentes au tout début de ce siècle en Iran (Perse), où est née la foi Bahá'íe au milieu du dix-neuvième siècle, et où la communauté avait l'avantage d'avoir un grand nombre de croyants et plusieurs dizaines d'années d'expérience. La gravité des persécutions religieuses et les conditions de crise qui régnaient dans la société firent qu'il devint évident pour les Bahá'ís iraniens qu'ils devaient puiser dans leurs propres ressources pour l'éducation, les soins médicaux et d'autres services sociaux. La communauté de Téhéran a ouvert sa première école en 1899 et a fondé en 1911 une école de filles, la première d'Iran. Les assemblées Bahá'íes des différentes régions du pays ont suivi cet exemple et, finalement, quelque quarante écoles ont fonctionné. La qualité de l'éducation était telle que, malgré le préjugé qui prévalait, de nombreux enfants non Bahá'ís y étaient aussi inscrits. Les écoles ont finalement dû être fermées en 1934, suite à l'opposition officielle à la foi Bahá'íe. En 1973 cependant, malgré de tels handicaps, la communauté avait atteint le taux d'alphabétisation de 100% pour les Bahá'ís de moins de quarante ans, alors que le taux national d'alphabétisation était de 15% .

Les assemblées Bahá'íes iraniennes ont accordé une attention similaire à la santé. L'éducation sanitaire, des installations sanitaires, des petites cliniques et une attention particulière aux besoins des femmes ont fait partie des premiers développements. En 1940, l'Hôpital Charitable Missaghieh, ouvert à tout le monde, était fondé à Téhéran, suivi d'une école pour former le personnel soignant; il devint l'un des centres médicaux les plus réputés du pays. Les installations ont été expropriées par le nouveau régime islamique en 1979.

Dans les autres pays, les principaux buts de développement des assemblées Bahá'íes, jusqu'au début des années 1970, étaient l'unité dans la vie communautaire, l'apprentissage par ses membres du processus consultatif Bahá'í, et des programmes ayant pour objectif de promouvoir les idéaux Bahá'ís auprès du public. Dans les dernières années, alors que la consolidation des communautés est devenue apparente et comme un nombre bien plus important de personnes ont commencé à s'identifier en tant que Bahá'íes, les programmes ont incorporé peu à peu de nombreuses applications sociales et économiques. Dans ce processus, l'attention a aussi été concentrée sur le principe de Bahá'u'lláh, selon lequel les assemblées Bahá'íes doivent se considérer comme des administrateurs et des servantes de la société dans son ensemble. La conséquence en a été la mise en route d'un grand nombre de projets sociaux et économiques de base, qui promettent beaucoup non seulement pour les effets qu'ils ont sur les populations directement concernées, mais aussi en tant que contributions aux tentatives actuelles de redéfinition de la théorie du développement.

Le but du développement

Ces efforts sont motivés par une certaine conception de l'être humain et de la société, conception pour laquelle les écrits de leur religion font autorité pour les Bahá'ís. La terre, dit Bahá'u'lláh, n'est qu'un seul pays et tous les hommes en sont les citoyens. Les Bahá'ís Considèrent la race humaine comme une unité distincte et organique qui est passée par différents stades d'évolution, comparables aux étapes de la première enfance et de l'enfance dans la vie de ses membres individuellement, et qui maintenant traverse la période culminante de son adolescence mouvementée et va vers son âge adulte attendu depuis si longtemps. Le défi que comporte cette présente étape de l'histoire n'est rien d'autre que l'unification de la race et de la planète, défi auquel on ne peut se soustraire, et qui est la base préalable à la solution de la plupart des problèmes

sociaux.

Au coeur de cette conception de l'histoire réside une conception de la nature de l'homme et du but de sa vie qui, comme celle de l'histoire de l'humanité, nous lance un défi. N'étant pas une créature déchue, et encore moins le produit des forces économiques et sociales, l'âme douée de raison, du point de vue Bahá'í, est un phénomène de potentialités illimitées: intellectuelles, spirituelles et morales. C'est essentiellement le service à l'humanité qui révèle les capacités individuelles. Le service dédié à l'idéal d'une société globale - et par dessus tout, le sacrifice pour cet idéal - va ouvrir des possibilités, jusqu'alors insoupçonnées, pour le développement de la nature humaine. Les Bahá'ís voient dans ce double processus l'expression de la volonté de Dieu pour notre époque.

Les tendances du développement Bahá'í

Les efforts de développement faits par les Bahá'ís partent donc de l'affirmation qu'à notre époque, tous les peuples peuvent trouver en eux-mêmes à la fois la direction et la capacité de se développer jusqu'à un degré tel qu'ils soient capables de se consulter sur leurs besoins dans un esprit d'unité. Un des buts des enseignements de Bahá'u'lláh est d'engendrer cet esprit. Dans une telle approche de base, les valeurs spirituelles et les besoins matériels ne sont pas séparés artificiellement les uns des autres; l'éducation a des

implications morales autant que pratiques. L'apprentissage de la discipline qui consiste à prendre des décisions est aussi important que les bénéfices matériels qui résultent des décisions. Le principal moyen par lequel les potentialités de chaque individu peuvent se développer est l'acceptation de faire des sacrifices dans le but de construire une communauté sur des bases saines. En surmontant les barrières dues aux préjugés, la vie des individus, comme celle de la communauté, prend part au processus historique qui mène l'humanité à son unification en une famille globale. Parmi les diverses expériences de développement auxquelles cette conception a donné naissance à travers le monde, plusieurs tendances principales peuvent être observées:

L'éducation des enfants

L'éducation des enfants a une place capitale parmi les priorités Bahá'íes dans la plupart des régions du monde: quelque quatre mille assemblées ont déjà établi des classes régulières pour enfants. En plus de la formation morale, un des principaux objectifs de ces programmes est d'éveiller chez les enfants un sentiment d'identité comme membre d'une seule famille humaine et de les aider à considérer la manière dont ils peuvent servir l'idéal de la réalisation d'un monde uni.

Encourager les femmes

Il y a plus d'un siècle, Bahá'u'lláh déclarait que, les hommes et les femmes étant égaux en capacité, ils doivent aussi être tout à fait égaux en droits et en moyens. En conséquence, un thème majeur dans les activités de développement Bahá'í dès les premières années a été d'encourager les femmes à se réaliser pleinement. Dans certains villages, on a mis en place une forme de consultation au cours de laquelle les hommes Bahá'ís assument occasionnellement les tâches ménagères pour permettre aux femmes de se réunir et de discuter des contributions particulières qu'elles peuvent apporter à la vie communautaire. L'efficacité des programmes d'éducation pour les femmes est grandement renforcée par le fait que, partout dans le monde, il y a des femmes qui servent dans les assemblées Bahá'íes, que ce soit au niveau local ou au niveau national. Du fait que les femmes ont joué un rôle remarquable dans l'histoire Bahá'íe, on ne manque pas de modèles du rôle féminin, tant dans le domaine de l'éducation que dans celui de l'administration.

Les écoles de village

Le principe de l'éducation universelle est un principe de base dans la foi Bahá'íe. Du fait que la plupart des communautés Bahá'íes sont matériellement démunies, les assemblées ont cherché à relever ce défi à travers une large gamme de programmes, dont le plus important est l'école de village; habituellement, c'est une installation qui ne comporte qu'une pièce. Aujourd'hui, plusieurs centaines de ces institutions sont opérationnelles dans plus de quarante-cinq pays, chacune d'elles étant destinée à subvenir aux besoins locaux en matière d'éducation tels qu'ils ont été définis par l'assemblée spirituelle et en utilisant les ressources disponibles.

Certaines des écoles de village ont leurs classes en plein air; beaucoup d'entre elles utilisent le centre Bahá'í du village ou des structures simples mises en place par les villageois. Les enseignants sont des jeunes qui sortent de l'école et retournent au village, ou des adultes alphabétisés ou, dans une minorité des cas, des professionnels ayant reçu une formation. Le salaire, souvent sous forme de nourriture ou en nature, est extrêmement modeste, et certains des enseignants le font bénévolement. Mises en place localement et sans prétention, les écoles de village illustrent particulièrement bien les principes du développement Bahá'í tel qu'il a été exposé dans ce qui précède.

L'agriculture

Du fait de l'importance inhabituelle qui lui a été donnée dans les écrits Bahá'ís, l'agriculture a été l'objet d'attentions particulières en matière de développement. Que ce soit la volaille et les autres animaux d'élevage, la pisciculture, la culture des champs et des vergers, l'apprentissage de l'utilisation des machines, l'entretien d'une ferme et sa gestion, le reboisement des forêts ou les pépinières, tout cela peut faire partie des actions lancées par les assemblées locales Bahá'íes. Ces projets ont cours partout dans le Tiers-Monde. Lorsqu'elles ont eu des ressources suffisantes, les Assemblées Nationales Bahá'íes du Brésil, de Colombie, de Haïti, d'Inde, du Libéria, de Zambie et du Zimbabwé ont commencé à mettre en place des centres de formation pour soutenir ce travail, et elles ont reçu l'assistance de formateurs Bahá'ís qualifiés, venant de pays plus développés.

La santé

La santé illustre bien aussi le modèle Bahá'í de développement social. La responsabilité de déterminer les priorités revient à l'assemblée spirituelle locale. Au Tchad, où la désorganisation sociale a été particulièrement grave, l'attention a été concentrée sur la création de modestes centres de distribution de médicaments dans les villages. Dans plusieurs communautés d'Alaska, on a concentré les efforts sur la prévention de l'alcoolisme. En Inde, au Pakistan et au Bangladesh, on a organisé des cliniques et des camps de soins dentaires, soit réguliers, soit temporaires. La mise en place de programmes de formation est devenue un des aspects du travail des communautés nationales en Asie et en Afrique. Partout à travers le Tiers-Monde, le rôle actif que jouent les femmes Bahá'íes a eu pour effet la création de classes d'éducation sanitaire.

Les radios Bahá'íes

Un réseau modeste mais croissant de stations de radio Bahá'íes, surtout en Amérique latine, a commencé à émerger et à devenir un élément clef dans l'effort de développement des Bahá'ís. Implantées dans des régions rurales où vivent un grand nombre de Bahá'ís indigènes, les stations représentent un service que les Bahá'ís locaux offrent à une communauté plus large, rapportant les événements locaux, valorisant la culture locale et particulièrement la musique, fournissant des conseils en matière d'agriculture et de santé. Une importance particulière est accordée à l'emploi des langues indigènes. Stimulées par le succès de l'Amérique latine, des communautés Bahá'íes d'autres régions du monde se sont maintenant tournées vers le domaine de la communication. La première station de radio au sud des États-Unis a été inaugurée en 1984 et une autre au Libéria en 1987.

La collaboration internationale

Les projets décrits ci-avant ont grandement bénéficié du fait qu'ils sont réalisés dans le contexte d'une communauté internationale qui a prouvé sa capacité à se fixer des objectifs et à coordonner l'utilisation de ses ressources pour leur accomplissement. Pendant ces dernières décennies, le travail de la foi Bahá'íe a progressé à travers une suite de plans globaux caractérisés par un haut degré de coopération parmi les membres des communautés. On peut maintenant voir le bénéfice de cette expérience dans le travail de développement économique et social. Lorsqu'elles prévoient des actions locales, les assemblées ont à leur disposition l'aide matérielle et les compétences que peuvent leur apporter des coreligionnaires indigènes ou étrangers, tandis que dans chaque pays, l'Assemblée spirituelle nationale désigne les priorités et définit la répartition des ressources.

La capacité de faciliter la coopération Bahá'íe avec des institutions apportant des fonds n'est pas le moindre des bénéfices du système. Du fait que les efforts, jusqu'à la fin des années 1970, étaient concentrés sur la consolidation de la communauté et de l'administration, l'utilisation de fonds extérieurs n'est entrée que relativement tard dans les programmes de développement Bahá'í. Depuis l'année 1980, la réussite d'une série de projets, entrepris conjointement par des communautés Bahá'íes et par l'Agence Canadienne de Développement International (CIDA) dans des pays aussi divers que l'Inde, la Thaïlande, l'Équateur et Haïti, a posé les bases pour des entreprises similaires de collaboration. Des efforts de collaboration avec d'autres agences ont débuté, et une attention particulière est donnée au travail avec les services locaux des gouvernements.

Un exemple encourageant

Les Bahá'ís sont tout à fait conscients du fait que, jusqu'à présent, leurs initiatives de développement ne représentent qu'une très petite part de la foule de projets qui sont entrepris à travers le monde. D'ailleurs, il y a des éléments importants dans le programme Bahá'í de construction des communautés, et particulièrement les systèmes de croyance et d'administration qui le sous-tendent, dont le champ d'application est nécessairement limité à leur propre communauté. Néanmoins, ils sont convaincus que dans le modèle de communauté qu'ils ont construit avec soin et persévérance pendant ces dernières décennies, il y a beaucoup d'éléments qui mériteront une étude attentive de la part d'autres personnes dans le domaine du développement. Les succès les plus importants de cette approche sont d'ordre qualitatif et organisationnel, bien plus que de taille et de nombre: l'intégration de la morale et de l'efficacité, une unité de conception qui permet une grande flexibilité d'application et, par-dessus tout, la capacité d'engendrer et de maintenir la motivation. Ce sont des faits qui encouragent les Bahá'ís à partager avec les autres leur modèle émergeant.

Additif n° 1: radio baha'ie, otavalo, Equateur

Inaugurée en 1977, la station de radio Bahá'íe d'Otavalo illustre bien l'approche Bahá'íe de la radio diffusion. L'Assemblée Spirituelle Nationale d'Équateur avait sélectionné cet endroit, car la région avait un nombre important de Bahá'ís indigènes et parce que la culture Quichua subissait une sérieuse érosion due à son

exposition à la technologie et aux valeurs du vingtième siècle. Environ 50% des émissions sont diffusées en langue Quichua (le reste en espagnol), et la majorité des membres du personnel sont des Bahá'ís natifs des campagnes environnantes. Chaque membre du personnel, homme ou femme, alphabétisé ou non, sait comment faire fonctionner l'équipement du studio, et tous prennent part à la consultation au cours de laquelle on décide des programmes.

Une enquête a révélé que 94% des habitants de la région écoutent régulièrement ou occasionnellement Radio Bahá'íe, chiffre remarquable, puisque plus de trente stations peuvent être captées à Otavalo. Ce qui est surprenant, c'est que la station puisse atteindre cette popularité en émettant dix-neuf heures par jour et sept jours par semaine, et ce pour un budget de $ 35.000 par an environ. Le personnel ne reçoit que le salaire minimum requis par la réglementation du pays.

Même la technologie reflète l'approche de base. La première antenne était un modèle original qui employait de l'aluminium bon marché utilisé dans l'agriculture locale pour les tuyaux d'irrigation. Malgré le scepticisme initial du gouvernement, le permis de diffuser fut accordé et les ingénieurs qui inspectèrent la station trouvèrent que son émetteur de 1.000 watts était le plus efficace du pays dans sa catégorie.

Parmi les programmes qui ont le plus de succès, on relève: la formation agricole, la vaccination contre la fièvre aphteuse d'animaux d'élevage, la promotion d'un programme d'immunisation, une émission biquotidienne d'informations sur les événements locaux et un programme faisant revivre la musique traditionnelle. Ce dernier programme a été à l'origine du festival de musique traditionnelle le plus populaire du pays. Des festivals d'enfants ont aussi encouragé les talents indigènes. Une subvention substantielle, versée par le CIDA, a apporté un encouragement matériel à ces efforts et a été particulièrement appréciée.

Additif n° 2: projets agricoles dans le district de walungu, au zaïre

Le district de Walungu, au Zaïre, s'est avéré être un des leaders en matière de projets agricoles de base. Les habitants de cette région, qui ont la particularité de se sentir concernés par la qualité de leur vie, avaient auparavant manqué de moyens pour mettre en oeuvre les changements nécessaires. En 1983, l'assemblée Bahá'íe du village de Kaniola lança un projet qui avait pour but de multiplier la quantité de semences améliorées disponible dans le district. Les sols épuisés et un régime inadéquat étaient la cause de sérieux problèmes de santé.

Pour le printemps 1986, l'assemblée de Kaniola était en mesure de fournir des semences améliorées à cinquante de ses assemblées sœurs à travers le district. De plus, les pommes de terre et les haricots de soja ont été ajoutés au manioc qui jusque-là avait été la nourriture de base. Cet effort impliquait non seulement la mise en place de ces autres cultures, mais aussi l'encouragement des populations, pour qui elles n'étaient pas familières, afin de les introduire dans leur alimentation. Une seconde assemblée, dans le village de Marhale, s'est maintenant jointe à celle de Kaniola pour travailler à ce projet.

Du fait que la principale préoccupation des assemblées en lançant ce projet était la malnutrition, l'attention a aussi été portée vers d'autres moyens d'améliorer la santé générale. Un total de trente nouvelles latrines ont été construites dans des lieux publics à travers le district. Encouragés par ces développements, les Bahá'ís de la région, sous la direction de l'assemblée spirituelle de Chegga, ont collaboré avec le Peace Corps des États-Unis à un projet de construction de captages d'eau de source. Les matériaux pour la construction des captages (qui coûtent environ $ 10,00 par installation) ont tous été pourvus localement.

16 juin 1987

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