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etude : sevin-propheties
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Source : www.bahai-biblio.org
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PROPHETIES CHRETIENNES ET BAHA'IES
Selon d'irréfutables prophéties
Compilées par Jean Sévin
Si vous recherchez objectivement la vérité,
Si vous êtes en quête de bonheur intime,
Si vous vous intéressez au destin de l'humanité
Et si vous vous en considérez solidaire,
Alors cet opuscule s'adresse directement à vous :

Puisse-t-il vous apporter sérénité, espoir et joie permanente !

TABLE DES MATIERES
Avant-propos

1ère partie : Celui qui était clairement annoncé aux chrétiens.

A. La venue du Promis
B. Les signes de Sa venue
C. Le lieu de Son apparition
D. Le temps. de Sa venue
E. Le nom du Promis
F. La mission du Promis

2ème partie : Prophéties déjà accomplies par le Promis de tous les âges.

A. Le destin de l'empire français
B. Le destin de l'empire germanique
C. Le destin de l'empire russe
D. Le destin de saint empire romain
E. Le destin de l'empire britannique
F. Le destin de l'empire perse
G. Le destin de l'empire ottoman
H. Le destin du Vatican

3ème partie : Prophéties à venir ou en cours d'accomplissement

L'âge d'or à venir
Conclusion

(publication approuvée par l'assemblée spirituelle nationale des baha'is de Nouvelle-Calédonie et des îles loyauté BP 1564 Nouméa)

AVANT-PROPOS

L'être humain est généralement curieux et prévoyant, aussi, de tous temps, poètes, visionnaires et prophètes de toutes origines ont très souvent captivé l'humanité.

Mais comment, au sein de tant de prédictions, peut-on discriminer le vrai du faux avant la réalisation des choses prédites ? Seul un être divinement inspiré en a la capacité et l'autorité, tout au moins pour ceux qui croient en un Etre suprême communément appelé Dieu et dont la puissance est infinie.

Au fil des siècles, des personnages hors du commun ont façonné l'Histoire en fondant de par leurs enseignements des civilisations qui ont conduit progressivement le genre humain vers sa destinée. Ces personnages se nomment Krishna, Bouddha, Zoroastre, Moïse, Jésus ou Muhammad qui, tous sans exception, annoncèrent la venue d'un Etre glorieux qui réaliserait au moment opportun l'unité de notre planète dans une ère de paix définitive, dans un monde juste et uni dans sa diversité.

Pour quelques six millions d'âmes issues de toutes croyances ou pays, de milieux les plus divers, cet Etre glorieux attendu pour cette époque par les grandes religions du passé est apparu au milieu du siècle dernier. Il a non seulement accompli toutes les prophéties révélées par les Prophètes du passé mais il a également prédit les événements à venir et, par Son pouvoir, instauré sur terre un nouvel ordre des choses, un "nouvel Ordre mondial" qui, bien qu'en l'état embryonnaire, se développe rapidement aux yeux de tout observateur informé et impartial. Ses adeptes sont appelés "baha'is".

Le nom de ce Promis de tous les âges est"Bahá'u'lláh", ce qui veut dire "la Gloire de Dieu" en langue arabe. Il est en effet originaire de Perse où il naquit en 1817 et il mourut en 1892 à Akka ou Saint-Jean d'Acre, après une vie entière de persécutions et d'exils consécutifs.

Nous allons donc brièvement voir ensemble pourquoi Bahá'u'lláh est incontestablement la Manifestation divine promise et clairement annoncée dans les Ecritures saintes juives et chrétiennes.

Les chercheurs pourront trouver ailleurs qu'il accomplit également les prophéties des autres grandes religions. Nous verrons ensuite si Ses prophéties explicites se sont réalisées et celles qui restent encore à accomplir.

1ère partie : LE MESSIE ATTENDU

"O toi qui attends, ne t'attarde plus, car Il est venu. Vois son tabernacle où réside sa gloire. C'est la gloire ancienne dans une nouvelle manifestation." Bahá'u'lláh

A. La venue du Promis.

Toutes les religions attendent la venue d'une Manifestation universelle. Bien qu'il ne s'agisse pas du retour d'une même personnalité physique, c'est le même Esprit, la même source d'inspiration divine et les Ecrits saints juifs et chrétiens sont explicites sur ce thème de la parousie et donnent divers noms tels que le "Consolateur", "l'Esprit de vérité", "la gloire du Seigneur".

Ainsi dans l'évangile de St-Jean, XIV : 16-17, on lit : "(le Père)..vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité... " ou encore un peu plus loin (XVI : 12-13) : "J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, Il vous conduira dans toute la vérité...et il vous annoncera les choses à venir". Il sera aussi "le prince de ce monde". (Jean XIV : 30). L'ancien Testament parle à maintes reprises de "la gloire de l'Eternel" que "toute chair verra" (Esaïe XI : 5 ; Ezéchiel I : 28). Cette locution de "gloire de Dieu" ou "gloire de l'Eternel" revient à maintes reprises dans la Bible (Ezéchiel ILIII : 2-5 ; Esaïe XL : 5 ou Révél. XXI : 22-24 entre autres).

Le grand visionnaire Esaïe prévoyait même que malgré des signes évidents que nous allons passer brièvement en revue, nombreux seraient les sourds et aveugles à ce nouveau Messager : "Sourds, écoutez ! Aveugles, regardez et voyez !" dit-il (XLII-18) parlant Evidemment des sourds et des aveugles à la parole de Dieu. Les Ecritures saintes traitant de choses spirituelles, il faut bien avant tout en saisir le sens symbolique et spirituel. ou discriminer le sens littéral du sens symbolique comme dans l'injonction du Christ (Mat. VIII : 22) "Suis moi et laisse les morts (spirituels) ensevelir leurs morts "(physiques).

Bahá'u'lláh confirme solennellement que ce retour du Promis est arrivé dans toute sa gloire. "Le temps fixé de toute éternité pour les peuples et tribus de la terre est aujourd'hui venu. Les promesses de Dieu enregistrées dans les saintes Ecritures ont toutes été remplies."

B. Les signes de Sa venue.

La Bible est très éloquente sur les signes de la venue du Seigneur. Cette venue sera accompagnée de guerres et troubles de toutes sortes, du retour des Juifs dans leur pays, d'immoralité générale et l'Evangile du Christ aura été prêché dans le monde entier.

1. Tribulations : "En ce temps-là se lèvera Michaël, le grand chef, le défenseur des enfants de ton peuple ; et ce sera une époque de détresse, telle qu'il n'y en a point eu depuis que les nations existent jusqu'à cette époque." (Daniel XII : 1 et aussi Marc XIII : 19 et Matthieu XXIV : 21) - Michaël signifie "celui qui a l'aspect de Dieu" - ou encore : "Quand vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres, ne soyez pas troublés, il faut que ces choses arrivent. Une nation s'élèvera contre une autre nation... il y aura des tremblements de terre en divers lieux, il y aura des famines." (Marc XIII : 7-8). Aujourd'hui encore 64 pays du globe sont en guerre ou en révolution et près des deux tiers du monde souffre de malnutrition.

2. Le retour des Juifs dans leur pays était prévu par le prophète Amos (IX : 14-15) : "Je ramènerai les captifs de mon peuple d'Israël... Je les planterai dans leur pays et ils ne seront plus arrachés du pays que je leur ai donné, dit l'Eternel, ton Dieu." Or c'est en 1844, début de l'ère "baha'ie" que fut signé l'édit de Tolérance qui permit par la suite le rassemblement des enfants d'Israël.

3. L'immoralité contemporaine était déjà prévue par Timothée, dans sa seconde épître (III : l-5) : "Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu..." Point n'est besoin de commentaire.

4. L'Evangile du Christ aura été prêché au monde entier, lit-on dans Marc (XIII : l0) ou Matthieu (XXIV : 14) "Il faut premièrement que la bonne nouvelle (l'Evangile) soit prêchée à toutes les nations." C'est au Tibet en 1841 et dans certaines îles du Pacifique avant 1844 que les missions chrétiennes avaient fini d'accomplir cette sainte mission.

Quant aux signes extérieurs apparents qui doivent accompagner la venue du Fils de l'homme dans le ciel ; tels que l'extinction du soleil et de la lune (Mat. XXIV : 29-31 ou Luc XXI : 25) voire même la chute des étoiles (Esaïe XIII : 10) il est bien évident qu'il faut en comprendre le sens symbolique. Dans une de ses œuvres, "Le livre de la Certitude" Bahá'u'lláh explique que le soleil étant la source suprême de lumière matérielle, Moïse, Jésus et Muhammad étaient la source suprême du soleil spirituel pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans respectivement. Quand on parle du "soleil qui s'obscurcira", cela signifie que les purs enseignements, les lumières de ces soleils spirituels auront été obscurcis par les interprétations erronées, les malentendus et les préjugés, de sorte que les hommes seront dans les ténèbres spirituelles. La lune et les étoiles sont les sources d'illumination d'une importance moindre : les chefs et maîtres religieux qui doivent guider et inspirer les hommes. Quand il est dit que "la lune ne donnera plus sa lumière" ou "sera changée en sang" et que "les étoiles tomberont du ciel", cela indique que les dignitaires ecclésiastiques, chefs et dirigeants spirituels se seront avilis dans des luttes et querelles, que les prêtres ou ministres des cultes religieux auront perdu l'esprit religieux et s'occuperont davantage des questions temporelles et choses terrestres que divines.

Ecoutons l'avertissement de Bahá'u'lláh à ce. Sujet : "Dans tous les pays, la foi en Dieu se meurt. Seul son remède salutaire peut rétablir la foi. Le poison de l'athéisme ronge l'humanité, seul peut la désintoxiquer et la guérir l'élixir de sa toute-puissante révélation." Quant aux "nuages" ou "nuées" dont parlent les prophètes et sur lesquels doit apparaître le Promis ou Messie, Bahá'u'lláh explique qu'il faut entendre par là les choses qui sont contraires aux façons et désirs des hommes comme les changements extérieurs applicables à chaque Dispensation et qui, tels des nuages, voilent aux yeux des hommes la lumière divine.

C. Le lieu de son apparition.

La Bible nous donne ici aussi de nombreuses indications sur le lieu où devra apparaître le Messie : il viendra de l'Orient ; traversera montagnes et mers jusqu'au Saron qui est situé au Sud du Carmel où Sa gloire sera révélée.

Ainsi le prophète Ezéchiel annonce : "La gloire de l'Eternel entra dans la maison par la porte qui était du côté de l'orient "(ILIII : 4-5). Il est curieux de remarquer que le précurseur de Bahá'u'lláh (ou "Gloire de Dieu") est connu sous le nom de "Bab" qui signifie "la porte". Amos de son côté dit que "de Sion l'Eternel rugit ... et le sommet des montagnes est desséché" (Amos I : 2). Michée qui avait déjà prédit la naissance du Christ à Bethléem Ephrata (V : 1) a eu aussi la vision des voyages du Messie promis pour la fin des temps, c'est-à-dire au temps de l'accomplissement des prophéties : "En ce jour, on viendra vers toi de l'Assyrie et des villes d'Egypte, de l'Egypte jusqu'au fleuve, d'une mer à l'autre et d'une montagne à l'autre." (VII : 12). Bahá'u'lláh, en tant qu'exilé est allé de Téhéran à Baghdad puis à Constantinople et Andrinople et de là à Akka (Saint-Jean d'Acre) traversant ainsi fleuves, mers et montagnes. Esaïe nomme les points célèbres de Terre sainte qui, alors "désert et pays aride" (XXXV : 1) renaîtront : "La gloire du Liban lui sera donnée, la magnificence du Carmel et de Saron, ils verront la gloire de l'Eternel" (XXXV : 2). Puis "Je mettrai le salut en Sion et ma gloire en Israël" (XLVI : 13). Et encore plus précis : "Le Saron servira de pâturage au menu bétail, et la vallée d'Acor servira de gîte au gros bétail pour mon peuple qui m'aura cherché." Acor est le nom hébreu (Akko) d'Akka ou Saint-Jean d'Acre où Bahá'u'lláh a passé ses vingt-quatre dernières années. Osée parle de cette vallée d'Acor comme d'une "porte de l'espérance" (II : 17).

Sur le lieu même de naissance du Rédempteur promis on trouve "Suse" capitale de la province d'Elam (Jérémie IXL : 34-39 et Daniel VII : 2). Elam était une province de l'empire perse, au-dessus du golfe persique (voir la carte dans la Bible de Segond édition 1930) correspondant à Téhéran où Bahá'u'lláh est né le 12 novembre 1817. Michée donne des détails sur ce jour de l'Eternel : "Il arrivera dans la suite des temps que la montagne de la maison de l'Eternel sera fondée sur le sommet des montagnes... Et que les peuples y afflueront. Des nations s'y rendront en foule."(IV : 1-2). Le nouveau Testament confirme ces prophéties : Saint-Paul explique que plus tard "tout Israël sera sauvé... le libérateur viendra de Sion" (Romains X : 26) et dans l'Apocalypse de Jean (XIV : 1), on lit : "l'agneau se tient sur la montagne de Sion" (agneau signifiant le sacrifice offert à Dieu pour racheter les péchés des hommes). Le tombeau du Bab, précurseur de Bahá'u'lláh et celui de Bahá'u'lláh à Akka font actuellement l'objet de la visite de milliers de pèlerins et visiteurs de toutes les parties du monde, nombre qui ne cesse de croître. Le tombeau du Báb et les édifices administratifs adjacents sont situés sur les pentes mêmes du Mont Carmel et font l'orgueil du maire de Haifa. Pour les baha'is ce mausolée et ces édifices qui constituent le centre spirituel et administratif de la foi baha'ie correspondent à la "nouvelle Jérusalem descendue du ciel". Dans l'Apocalypse de Jean, on lit : "Les nations marcheront à sa lumière et les rois de la terre y apporteront leur gloire." (XXI : 24) prédiction encore à venir.

Bahá'u'lláh confirme cette venue en ces lieux : "Rassemble tout Sion, ô Carmel, et annonce la joyeuse nouvelle : "Celui qui était caché aux yeux des mortels est venu ! Sa conquérante souveraineté est aujourd'hui manifeste et son universelle splendeur révélée. Garde-toi d'hésiter ou de t'arrêter." Et aussi, concernant Akka : "Le soleil de vérité resplendit sur l'ordre du Seigneur du Royaume de l'explication, au-dessus de l'horizon de la ville-prison d'Akka." Bahá'u'lláh, dans Ses Ecrits, se réfère à Jérémie qui parle de ce Jour grand et sans égal, à David faisant allusion à la forteresse d'Akka, à Esaïe et à Amos. Il dit aussi : "Carmel, dans le Livre de Dieu, a été désigné comme la colline de Dieu et Son vignoble. C'est là que, par la grâce du Seigneur de la révélation, le tabernacle de gloire a été élevé. Heureux ceux qui y parviennent ; heureux ceux qui tournent leur visage vers lui. Et de la même façon il (Amos) a dit : "Notre Dieu viendra et Il ne restera pas silencieux." Ezéchiel, de son côté, (XXXVII : 26-28) annonce une alliance de paix éternelle avec Israël dont les nations seront conscientes lorsqu'elles verront le "sanctuaire de Dieu" établi en ce lieu. Or Bahá'u'lláh est enseveli à Akka, dans cette Terre promise depuis Abraham dont ce Prophète descend par Ketura, alors que son précurseur, le Bab, descend de Hagar, seconde femme d'Abraham. (et le Christ de Sara, sa première épouse).

Et Bahá'u'lláh a confirmé une tradition musulmane disant : "Béni l'homme qui a visité Akka et béni celui qui a visité le visiteur d'Akka... Celui dont la voix s'élève en ce lieu pour la prière sera élevé au Paradis... Un mois à Akka vaut mieux qu'un millier d'années ailleurs."

D. Le temps de la venue du Promis.

Matthieu est très prolixe sur ce retour du Seigneur, sur son nom, les circonstances de Son apparition soudaine mais à la fin du vingt-quatrième chapitre de son évangile, il dit : "Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul" (verset 36). Remarquons ici qu'il dissocie "le Père" du "Fils". On en verra la raison ultérieurement. Plus loin (verset 42) il ajoute: "Veillez donc, puisque vous ne savez pas quel jour votre Seigneur viendra." De son côté Luc donne cet avertissement : "Le royaume de Dieu ne vient pas de manière a frapper les regards" (XVII : 20) ce qui confirme qu'il ne s'agit pas d'un Messie ou d'un royaume qui descendrait des nuages en étant visible à tous ceux de la région géographique intéressée. Plusieurs passages dans le nouveau Testament affirment unanimement que le Seigneur viendra comme "un voleur" la nuit lorsqu'on ne s'y attend pas (Marc XIII : 33-37 ; Rével.III : 3 et XVI : 15, II Pierre III : 10 ; 1 Théssal. V : 2-3).

Les Ecrits baha'is expliquent le symbolisme de cette nuit de la venue du "voleur". Il s'agit d'une obscurité spirituelle, d'un temps où les peuples sommeillent spirituellement, comme enterrés dans les tombes de la nature. Pourtant quelques chercheurs chrétiens, les Millérites (d'où sont issus les Adventistes du 7ème jour) et les Templiers entre autres, attendaient de pied ferme la venue du Messie en 1844 au pied du Mont Carmel. On y trouve encore aujourd'hui cette inscription des Templiers allemands : "Der Herr ist nahe", "le Seigneur est proche". Comment ont-ils pu trouvé cette date et descellé certaines prophéties occultes qui, selon Daniel, (XII-4-9), ne pourraient être descellées qu'au "temps de la fin"?

En se basant sur les visions de Daniel qui avait eu la vision et de la première venue du Christ et de la seconde venue, celle du Messie du temps de la fin. Le détail de ces calculs est clairement exposé au début de l'ouvrage intitulé "le cycle de l'unité" par Lucienne Migette (Maison d'Editions Baha'ies de Bruxelles, 1975). En voici l'essentiel.

Le Christ savait l'importance des visions du prophète Daniel puisqu'il demande d'y prêter attention (Matt. XXIV : 15) à l'occasion de "l'abomination de la désolation" il s'agit ici selon le contexte des visions de Daniel, de la destruction du temple de Salomon à Jérusalem "le sanctuaire foulé" et lorsqu'il fait mention de "la purification du sanctuaire" de la reconstruction de ce Temple, symbole de la foi juive. Comme il y eut 4 édits de reconstruction, il faut d'abord trouver duquel il s'agit et grâce à une prédiction qui s'accomplit avec le Christ, celle des 70 semaines de la troisième vision de Daniel, on trouve la date de départ du calcul de la prophétie concernant celle du retour du Messie au temps de la fin. En effet Daniel nous dit (IX : 24 à 27) qu'il faut compter "soixante et dix semaines pour ton peuple et ta ville sainte pour faire cesser les transgressions... et oindre le Saint des saints". Si l'on sait que chaque jour biblique compte pour une année de notre calendrier Nombres XIV : 34 et Ezéchiel IV : 6) 70 semaines, soit 490 jours correspondent à 490 années. Si on considère que le Christ ou "Oint" avait terminé Sa mission sur terre après 33 années, 490-33 = 457 qui est une des dates historiques de l'édit de la reconstruction de Jérusalem. Ce chiffre de 457 va nous donner le point de départ pour desceller la date de la seconde vision de Daniel rapportée au chapitre VIII, versets 13 et 14 où "deux mille trois cents soirs et matins" sont nécessaires pour la purification du sanctuaire. Cette "purification du sanctuaire" signifie qu'il est nécessaire qu'un Envoyé divin purifie et renouvelle les enseignements spirituels déformés au cours des temps et où la "lettre", c'est-à-dire les dogmes ont remplacé "l'esprit" insufflé par ces divins Messagers. Cette vision concerne bien un temps éloigné, celui appelé de "la fin", non pas la fin du monde mais le temps où toutes les Ecritures anciennes seront accomplies et où les prophéties du cycle en cours seront closes. Ces 2300 soirs et matins comptant pour 2300 jours donc 2300 ans, entre cette date et celle du point de départ, il s'écoule 1844 années puisque 456 (durée entre l'an 457 av. J.C. et l'an 1 de l'ère chrétienne soit 456) + 1844 = 2.300. Cette date de 1844 se retrouve du reste plusieurs fois dans la Bible. D'abord dans la première vision de Daniel (VII : I à 27) où il décrit la période de la religion islamique avec ces dix rois qui ont effectivement régné en Syrie (la dynastie des Omeyyades) sous la forme de "un temps, des temps et la moitié d'un temps" si l'on compte un temps pour une année de 360 jours donc 360 ans et des temps pour 2 temps soit 720 ans car 360 + 720 +180 = 1.260 du calendrier musulman (partant de l'Hégire en 622 de notre calendrier) qui correspond à 1844 de l'ère chrétienne. L'apocalypse de Jean rappelle cette date sous une autre forme en parlant de la femme (la religion) qui doit durer "mille deux cent soixante jours"(Révél. XII : 6 et XI : 3) et plus loin également sous la forme de "quarante-deux mois" (XII : 5 et XI : 2) car 42 x 30 = 1.260. Un peu avant (XII : 14) Jean reparle de cette nourriture de la femme (c'est-à-dire la durée d'une Dispensation religieuse) sous la forme utilisée par Daniel d'un temps, des temps et de la moitié d'un temps.

On peut schématiser ce calcul par la figure suivante :

1260 ap. Hégire

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457 av.J-C An 1 34 1844 ap J-C

Nous trouvons d'autres dates importantes dans le livre de Daniel comme celle de la déclaration publique de la mission de Bahá'u'lláh en 1.863 de notre ère. Il s'agit de la prophétie des 1.290 jours rapportée au douzième verset de son dernier chapitre. Le point de départ de ce calcul est différent, c'est celui de la déclaration de la manifestation prophétique précédente qui est celle de Muhammad : cette déclaration eut lieu en l'an 612 de notre ère et les 1290 jours comptent ici pour 1290 années lunaires qui correspondent à 1.251 années solaires : 1251 + 612 = 1.863.( l'année lunaire compte 354 jours) La date de Sa naissance (1817) nous est donnée par ce même Daniel ainsi que celle de la proclamation de Bahá'u'lláh de Sa mission aux souverains du monde (1866). Les 70 semaines déjà considérées au verset 24 de son 9ème chapitre sont divisées en 62 et 7 et 1 semaines les trois versets suivants. 62 semaines faisant 434 jours donc 434 années on obtient 2.300 - 434 = 1866 Les 69 semaines (62+7) faisant 483 jours donc 483 années, on obtient 2.300 - 483= 1.817. La prédiction de la semaine divisée en deux doit s'accomplir d'ici la fin du siècle où une paix politique définitive suivra "la ruine du dévastateur " qui aura commis "les choses les plus abominables".

Le fils aîné de Bahá'u'lláh, connu sous le nom d'Abdu'l-Bahá qui signifie "le serviteur de la Gloire" a élucidé clairement tous les points obscurs de la doctrine chrétienne en répondant aux questions de madame Laura Clifford Dreyfus-Barney. Ces réponses ont été publiées sous le titre des "Leçons de Saint-Jean-d'Acre" ouvrage édité par les Presses Universitaires de France.

E. le nom du Promis.

Le nom du Promis de tous les âges est une source de confusion pour nombreux adeptes des religions qui s'imaginent que leur Prophète ou Messie reviendra sous le même nom puisqu'il est parlé de leur "retour". Bahá'u'lláh explique clairement dans "le Livre de la Certitude" qu'il s'agit du retour des qualités et attributs de l'Esprit saint éternel qui anime ces Prophètes mais non pas de leur individualité physique temporaire. Aujourd'hui n'est pas le jour d'hier mais c'est pourtant le même soleil. C'est le même Esprit qui a animé tous ces Messagers divins à diverses époques et en divers pays mais qui portaient néanmoins des noms différents. Leurs enseignements spirituels se rejoignent du reste et seuls diffèrent des ordonnances extérieures sociales en rapport avec les nécessités de l'époque et du lieu de leur apparition. Mais tous viennent pour faire évoluer un monde en perpétuel mouvement.

Il devrait être évident pour les chrétiens qui croient au retour de Jésus-Christ que ce dernier portera un autre nom puisque le Christ lui-même a averti ses disciples ainsi clairement : "Plusieurs viendront sous mon nom disant : C'est moi le Christ. Et ils séduiront beaucoup de gens. "(Matt XXIV : 5) et "Si donc on vous dit : Il est dans le désert, n 'y allez pas... Il est dans les chambres, ne le croyez pas."(verset 26). Saint Luc donne le même avertissement "Ne les suivez pas" (XXI : 8) et Saint Jean : "Je vous ai dit ces choses afin qu'elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. "(Jean XVI : 1) Marc rapporte que Jésus "a tout annoncé d'avance" (XIII : 23)

Il est vrai que le Christ a dit qu'Il reviendrait mais il parle le plus souvent du "consolateur" ou de "l'Esprit de vérité qui vient du Père" ou du "Fils de l'Homme." Il fait d'ailleurs mention d'un autre consolateur" tout comme l'Eternel disait à Moïse en parlant de Jésus: "Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche..." Et le Christ a commenté ces paroles ainsi : "Si vous aviez cru en Moïse, vous auriez cru en moi parce qu'il a écrit de moi." (Jean V : 46) L'Ancien Testament est aussi clair sur ce point. Ainsi Esaïe (LVII : 1-2) parlant du jour éloigné de la nouvelle alliance de Dieu avec son peuple, dit : "Alors les nations verront ton salut... Et l'on t'appellera d'un nom nouveau que la bouche de l'Eternel déterminera." ou encore "Et il donnera à ses serviteurs un autre nom" (LXV : 15). Zacharie dit (XIV : 7-9) : "Ce sera un jour unique, connu de l'EterneL... L'Eternel sera roi de toute la terre et son nom sera le seul nom.". Saint-Jean annonce également la venue d'un jour où il n'y aura "qu'un seul troupeau et un seul berger" (X : 16-17) Ne peut-on pas augurer de cette prophétie qu'à cette époque il n'y aura plus qu'une religion ? Il est intéressant de noter que d'ores et déjà le nom de Bahá'u'lláh et celui de ses adeptes "les baha'is" sont orthographiés et prononcés identiquement dans toutes les langues et dialectes de la terre. Enfin Saint Jean, dans son Apocalypse, n'est pas moins éloquent lorsqu'il prédit un "nom nouveau" pour le Promis (Rével. II : 16 et III : 12) pour la "nouvelle Jérusalem" (nouvelle religion). Plus loin il lui donne d'autres appellations : "la parole de Dieu "(IXX : 14) et "Roi des rois et Seigneur des Seigneurs" (IXX : 16).

Peut-être doit-on revenir un peu sur ces deux aspects des Prophètes ou Messagers divins, celui de leur identité spirituelle et celui de leur personnalité physique. Ainsi lit-on dans l'Evangile en parlant du Christ : "Moi et le Père, nous sommes un".(Jean X : 27-30) ou "Je suis l'alpha et l'oméga" (Révél. I: 8) ou mieux encore : "En vérité, Je vous le dis : avant qu'Abraham fut, Je suis." (Jean VIII : 56-58). Les Ecrits baha'is sont très clairs à ce sujet. En voici quelques-uns :

"Sache, à n'en pont douter, que ces prophètes (de Dieu), en leur essence, ne font qu'une seule et même personne. Leur unité est absolue. Dieu, le Créateur, dit : il n'y a de distinction d'aucune sorte entre les porteurs de mon message.... Ils ne diffèrent entre eux que par l'intensité de leur révélation et la puissance relative de leur lumière.... Gardez-vous, ô croyants en l'unité de Dieu de distinguer entre les manifestations de Sa cause." C'est dans cet aspect de l'unité de leur révélation qu'on peut dire que chacun d'entre eux est le retour de tous les prophètes. Mais la seconde condition ou aspect appartient au monde de la création qui est soumis à des limites. "Chaque manifestation de Dieu est désignée d'un nom différent et caractérisée par un attribut spécial Chacune d'elles remplit une mission définie et a la charge d'une révélation particulière. A quelques-uns, Dieu a parlé. Il en a exalté d'autres. Et à Jésus, fils de Marie, Nous avons donné des signes manifestes, et Nous l'avons fortifié du Saint-Esprit." Et leur mission diffère à cause de la réceptivité des destinataires de leur message. Ainsi Abdu'l-Bahá explique-t-il clairement cette thèse "La Cause de Bahá'u'lláh est la même que celle du Christ. C'est le même temple et la même fondation. Les deux sont semblables à des printemps spirituels et à des saisons qui revivifient et rafraîchissent l'âme et tous deux sont la cause du renouvellement de la vie du genre humain. Le printemps de cette année est le même que celui de l'an dernier. Les débuts et les fins sont les mêmes. Le soleil d'aujourd'hui est le soleil d'hier. Avec la venue du Christ, les enseignements divins ont été donnés en accord avec l'enfance de la race humaine. Les enseignements de Bahá'u'lláh ont les mêmes principes de base, mais ils sont en accord avec la maturité du monde et les nécessités de Cet âge illuminé."

Quant au mystère chrétien de la trinité, comme il est impossible d'attribuer un corps à Dieu, il est bien évident qu'il faut en comprendre l'analogie. Pour accorder aux bienfaits du soleil nous avons besoin de ses rayons qui sont comme le Saint-Esprit pour Dieu comparé au soleil. De la même façon qu'un miroir parfait réfléchit les rayons du soleil, les prophètes sont de purs miroirs qui réfléchissent la lumière divine. Mais Dieu, dans sa hauteur de sainteté et du ciel de sa divinité n'est pas descendu dans le miroir parfait qu'était le Christ. Abdu'l-Bahá explique dans "Les leçons de Saint-Jean d'Acre" que Dieu "continue toujours à subsister dans son exaltation et sa sublimité, tout en apparaissant et en devenant manifeste dans le miroir, avec sa beauté et sa perfection." C'est donc bien ce sens symbolique qu'il faut comprendre ces paroles du Christ : "Le Père et moi nous sommes un".

F. La mission du Promis

Au cours des sections précédentes, nous avons déjà vu certains points de la mission que les prophètes de l'Ancien testament attribuent au messager du temps de la fin, à savoir la "purification du sanctuaire" ou renouvellement des enseignements spirituels, le rassemblement des nations et de toutes les langues (Esaïe LXVI : 19), l'alliance nouvelle (LV : 3). Jérémie dit même : "Je mettrai ma loi au-dedans d'eux. Je l'écrirai dans leur cœur." Cette alliance instaurera justice et paix sur terre: Esaïe dit : "Et mon alliance de paix ne chancellera point. "(LIV : 1O) et aussi : "Puis un rameau sortira du tronc d'Isaïe. Et un rejeton naîtra de ses racines... La justice sera la ceinture de ses flancs. " (XII : 1,5). Au chapitre soixante appelé "Jérusalem restaurée" concernant le temps où les nations marcheront à la lumière de "la gloire de l'Eternel" (verset 1), lors de la venue du Rédempteur et après l'extermination des nations qui le refuseront : "Je ferai régner sur toi la paix, et dominer la justice. "(LX : 17)

Dans les Evangiles on retrouve les mêmes éléments avec le jugement (Jean XII : 48), la séparation des bons et méchants (Mat. XXV : 32) la justice (Jean XVI : 8) et l'établissement du royaume de Dieu. Le Christ explique clairement qu'il n'a pas pu tout dire de son temps mais que le consolateur, l'Esprit de vérité les conduirait dans toute la vérité (Jean XVI : 12 à 14). Et l'apôtre Pierre confirme : "Nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera." (II Pierre : 13). Cette promesse est celle très ancienne du prophète Esaïe : "Je vais créer de nouveaux cieux et une nouvelle terre. On ne se rappellera plus les choses passées." (LXV : 17). Et Jean annonce après le jugement divin (les fléaux) la venue du Dieu tout-puissant "dans son règne "(Rev. XIX : 6-7).

Concernant la venue du règne de Dieu sur terre, Daniel si riche en provisions datées lorsqu'on a la clé du mode de calcul, donne encore deux indications en un seul verset, l'avant-dernier de son livre (XII : 14), on lit : "Heureux celui qui atteindra, et qui arrivera jusqu'à mille trois cent trente-cinq jours." Comme les paroles prophétiques ont souvent plusieurs explications, en voici deux. Si l'on compte ces 1335 jours ou années solaires à partir de l'Hégire en l'an 622 de notre ère, on obtient 1957 qui est l'année de clôture de 113 années consécutives de la révélation et des explications divines le début en est la date expliquée de 1844, (date de la proclamation de la mission du Báb et première année de l'ère nouvelle baha'ie) jusqu'à la mort de l'arrière petit-fils de Bahá'u'lláh, Shoghi Effendi, explicitement désigne dans le Testament d'Abdu'l-Bahá comme "gardien de la Cause de Dieu et interprète des Ecrits sacrés baha'is". Ce dernier, interroge sur cette prophétie de Daniel, a dit qu'on en verrait la pleine réalisation qu'en 1963, date où fut crée l'organisme directeur de la foi baha'ie connu sous le nom de "Maison Universelle de Justice" dont le siège est à HAIFA, sur le Mont Carmel dont on a parlé. Mais si on ajoute 1335 au chiffre cabalistique de Jean dans son Apocalypse (Révél. XIII : 18) qui est 666 on obtient 2001 qui est la date prévue par cet organisme suprême de l'inauguration du "trône de Dieu" sur terre, lorsque les édifices imposants du siège mondial administratif de la foi de Bahá'u'lláh sur le Mont Carmel seront terminés et où nombreux chrétiens de naissance se réjouiront dans l'allégresse de la perspective de voir enfin accomplie leur prière dominicale : "Notre Père ...que ton Nom soit sanctifié, que ton règne arrive sur la terre comme au ciel."

Si on pense que ce règne de Dieu doit être, selon les prophéties considérées, un règne où la paix et la justice régneront, on ne peut pas l'appliquer à la Dispensation du Christ puisque lui-même a dit : "Ne croyez pas que je suis venu apporter la paix sur terre ; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l'épée."(Mat. X : 34) et "Mon royaume n'est pas de ce monde" c'est-à-dire pour cette époque puisque au verset suivant il dit : "mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas."(Jean XVIII : 36-37). En fait les Ecrits baha'is affirment clairement que la mission du Christ était de fonder une civilisation spirituelle et non pas matérielle ("Rendez à César ce qui est à César", a dit Jésus) que les Messagers divins, quels qu'ils soient, sont avant tout concernés par la transformation spirituelle des âmes éternelles alors que les enveloppes charnelles ne sont que temporelles Abdu'l-Bahá écrit par exemple ceci : "Jésus-Christ est venu pour enseigner aux peuples du monde cette civilisation spirituelle et non pas la civilisation matérielle. Il a insufflé le souffle du Saint-Esprit dans le corps du monde et instauré une civilisation illuminée... ". Et dans "Les leçons de Saint-Jean d'Acre" il explique que malgré le pouvoir et la puissance illimités de Jésus-Christ, ce dernier a accepté d'endurer les pires souffrances et persécutions pour libérer l'humanité de la servitude, attachement au monde humain hérité depuis Adam et qui l'a privé de sa spiritualité essentielle et de sa position exaltée. C'est en ce sens que Christ a affirmé avoir donné son sang pour la vie du monde.

2ème partie : Prophéties baha'ies déjà accomplies

"LES PROMESSES DE DIEU ENREGISTREES DANS LES SAINTES ECRITURES ONT TOUTES ETE REMPLIES." BAHÁ'U'LLÁH

"TOUS LES SIGNES ONT ETE REVELES. TOUT CE QUI À ETE ENCHASSE DANS LES ECRITS SAINTS DU PASSE EST DEVENU EVIDENT. IL N'EST PLUS POSSIBLE DE DOUTER OU D'HESITER." ABDU'L-BAHÁ

On a brièvement esquissé jusqu'ici les preuves tirées de la Bible de l'authenticité de Bahá'u'lláh comme Promis de l'Ancien et du Nouveau Testament. Pour plus de détails, se référer à l'ouvrage de W. SEARS "Le voleur dans la nuit" (Maison d'Editions Baha'ies, Bruxelles 1973)

Nous allons voir maintenant quelles sont les prophéties majeures de Bahá'u'lláh qui sont déjà accomplies. puis celles en voie d'accomplissement avant de conclure sur une vision de l'âge d'or annoncé dans tous les Livres saints.

Supposez que vous êtes un souverain, roi ou empereur possédant les pleins pouvoirs et qu'un prisonnier de votre royaume vous écrive d'un ton autoritaire en vous dictant votre conduite de la part de Dieu. Prêteriez-vous une attention quelconque aux paroles de celui qui vous apparaîtrait comme un illuminé sans aucun intérêt ? Probablement pas ! C'est exactement ce qui est arrivé, à une exception près, à tous les souverains et têtes couronnées contemporains de Bahá'u'lláh : ils reçurent de solennelles déclarations et avertissements du messager divin qui était exilé et prisonnier des deux plus puissants potentats de son temps et n'en tinrent aucun compte. Mais ce prisonnier était vraiment illuminé au sens propre du terme par l'Esprit divin et tout ce qu'il leur a prédit s'est réalisé et souvent dans les plus brefs délais et dans des circonstances absolument imprévisibles. De 1866 en effet jusqu'à sa mort en 1892, Bahá'u'lláh n'a pas cessé d'appeler l'humanité en général et ses dirigeants en particulier à prêter une oreille attentive à son message qu'il tenait de Dieu et dont le but était de purifier et renouveler toutes choses. Il appela les souverains à la justice et à la paix et prédit ce qui leur arriverait s'ils négligeaient de répondre à son appel. L'Histoire est là pour nous montrer combien toutes ses prédictions se réalisèrent. Nous résumerons le magnifique récit de cette tranche de l'Histoire qu'en a fait William SEARS dans son livre en anglais intitulé "The prisoner and the kings", malheureusement pas encore traduit en français.

A. Le destin de l'empire français.

Napoléon III fut un empereur despote qui ruina économiquement son pays en seize ans et après trois guerres malheureuses. Le premier, Napoléon reconnut avoir été battu non pas par les anglais mais par un grain de sable connu sous le nom d'Akka, la ville où Bahá'u'lláh passa les vingt-quatre dernières années de sa vie et finit de délivrer son message de paix et d'unité au monde. Ce prisonnier écrivit deux lettres à Napoléon III à plusieurs années d'intervalle. La seconde lui parvint par l'intermédiaire d'un visiteur qui échappa à la vigilance des gardes en emportant cette Tablette dans son chapeau et la remit à un agent français qui la délivra à l'empereur. Comme il est curieux de constater, écrit W. SEARS, que le destin d'un roi, d'une nation, d'un empire et d'une dynastie était dans un rouleau de papier caché dans un chapeau.! L'empereur, après l'avoir lu, devint rouge de colère et s'écria : "Si cet homme est Dieu, alors je suis deux fois Dieu." La deuxième Epître fut envoyée d'Akka en 1869, la première étant restée sans réponse.

Voici quelques extraits de cette fameuse Epître à l'empereur des français : "O Souverain ! Nous avons entendu la réponse que tu adressas au tsar de Russie concernant ta décision au sujet de la guerre (la guerre de Crimée).... Tu dis : "J'étais endormi sur ma couche et je fus réveillé par les cris des malheureux qui se noyaient dans la Mer Noire." ... Nous attestons que ce ne sont pas leurs cris qui t'ont réveillé mais l'aiguillon de tes propres passions, car Nous t'avons mis à l'épreuve et Nous t'avons pris en défaut.... Si tu avais parlé avec sincérité, tu n 'aurais pas jeté par-dessus ton épaule le Livre de Dieu, lorsque le tout-puissant, le tressage te l'a envoyé... Avant qu'il soit longtemps, le monde et tout ce que tu possèdes, périront mais le Royaume appartiendra toujours à Dieu, ton Seigneur et le Seigneur de tes pères.... Pour ce que tu as fait et en punition de ce que tu as tramé, ton empire s'échappera de tes mains et ton royaume sera jeté dans la confusion".

En déclarant cette guerre, cet empereur ambitieux voulait non seulement venger son oncle du désastreux traité de Moscou en 1815 mais aussi étendre son influence sur l'isthme de Panama pour contrôler à la fois l'Est et l'Ouest. Cette guerre de 1866 fut la ruine de la France, déclara Guillaume I. Craignant une révolution en France, Napoléon III déclara la guerre à la Prusse en juillet 1870, guerre qui tourna vite à la plus grande confusion, témoin le fait suivant : le vingt et un de ce même mois de juillet, le général Michel déclara être incapable de trouver le général de la division pas plus que ses régiments ! L'empereur souffrant alors terriblement des reins se rendit sur le front avec son fils malgré la difficulté qu'il avait à se tenir sur son cheval pour la parade. Il se mettait, a-t-on dit, du rouge aux joues pour cacher la pâleur de son visage. A ce spectacle le fils de l'agent français à Akka qui avait traduit la lettre de Bahá'u'lláh devint un des disciples de ce dernier. Se souvenait-il des avertissements solennels du prisonnier tels que celui-ci : "Ton faste t'a-t-il enorgueilli ? Par ma vie, il ne durera pas ; et même bientôt il sera anéanti, à moins que tu ne t'accroches à cette corde solide. Nous voyons l'humiliation à tes trousses, alors que tu es dans l'inconscience."

On connaît la capitulation historique de SEDAN en 1870 L'empereur fut fait prisonnier et exilé, la guerre civile éclata, le pays fut dans la plus grande confusion, maladies et famine (on mangeait les rats à Paris) et les milliers de citoyens qui moururent en haïssant cet empereur, source de leurs malheurs. L'impératrice s'échappa mais la monarchie s'éteignit ; son fils unique fut tué dans la guerre des Zoulous et la République proclamée. Guillaume I, roi de Prusse, se fit couronner Empereur au Palais de Versailles "monument grandiose de l'orgueilleuse puissance de Louis XIV".

Se souvint-on alors des avertissements du grand prophète visionnaire Esaïe : "En ce temps-là, l'Eternel châtiera ... sur la terre les rois de la terre. Ils seront assemblés captifs dans une prison, ils seront enfermés dans des cachots et ... ils seront châtiés." (Esaïe XXV : 21-22) ? Ce n'était en effet que la première chute spectaculaire et retentissante d'une série de désastres prédits par Bahá'u'lláh.

B. Le destin de l'empire germanique.

A Guillaume I, empereur d'Allemagne et vainqueur de Napoléon III, Bahá'u'lláh écrivit en 1870 de sa ville-prison d'Akka : "O Roi de Berlin ! ... Prends garde que l'orgueil ne t'empêche de reconnaître l'Etoile du matin de la divine Révélation, que les désirs terrestres ne te voilent le Seigneur du Trône céleste et des régions d'ici-bas... Te souviens-tu de celui dont la puissance dépassait ta puissance et dont le rang dépassait ton rang ? Où est-il ? Où sont ses possessions ? Tiens compte de cet avertissement et ne sois pas de ceux qui sont plongés dans le sommeil ... O rives du Rhin ! Nous vous voyons couvertes de sang parce que l'épée de la rétribution fut tirée contre vous ; et bien que Berlin soit aujourd'hui dans sa gloire éclatante, Nous entendons déjà ses lamentations."

Le 18 juin 1871, Guillaume I entre à Berlin à la tête de ses troupes victorieuses en véritable héros de légende. On le surnommait "le dieu des batailles". Dans "Voici le Jour promis" Shoghi Effendi décrit le sort funeste des destinataires des Tablettes de Bahá'u'lláh aux têtes couronnées et au pape Pie IX. Concernant l'Allemagne, il écrit que cet empereur, sur ses vieux jours, fut deux fois l'objet d'attentat de la part des socialistes, que les trois mois du règne de son fils Frédéric III furent gâtés par une maladie mortelle et que finalement son petit-fils Guillaume II, monarque volontaire et présomptueux, destructeur de son propre empire dut s'enfuir ignominieusement en Hollande suivi par le Kronprinz. Le drapeau communiste fut hissé à Berlin la guerre civile éclata on entendit "les lamentations" et le Kaiser dut signer son abdication. Lors de sa visite en terre sainte en 1898, ce souverain despote signa une alliance avec le sultan de Turquie Abdu'l-Hamid, un des deux principaux persécuteurs de Bahá'u'lláh. William Sears compare l'entrée triomphale de Guillaume II à Jérusalem au confinement à Saint-Jean d'Acre, trente ans plus tôt, du Messager divin avec sa petite troupe dans une pièce étroite et sale d'une forteresse, sans eau ni nourriture au début, à la suite d'un édit injustifié du sultan de Turquie.

Ainsi s'éteignirent les deux cent cinquante années d'oppression de la puissante dynastie des Hohenzollern avec la constitution de Weimar qui établit la République et ainsi s'accomplirent les prophéties du prisonnier d'Akka. L'Allemagne subit deux cruelles défaites, en 1918 et en 1945 (le cadet de Guillaume II, Auguste Guillaume servit dans les divisions nazies et tomba avec elles) L'historien Taylor écrivit qu'il y eut certes des déboires plus tragiques dans l'Histoire mais qu'il n'y en eut jamais d'aussi peu glorieux. "Je placerai mon trône dans Elam" avait écrit le prophète Jérémie (ILIX : 38) "et j'en détruirai les rois et les chefs, dit l'Eternel"

C. Le destin de l'empire russe.

Dans la Tablette de Bahá'u'lláh adressée au Tsar de Russie, Alexandre II, nous lisons : "O empereur de Russie ! Ecoute ! l'appel de Dieu... et prends garde que tes passions ne t'empêchent de te tourner vers le Seigneur, le Dieu miséricordieux... Crains que ta souveraineté ne te cache Celui qui est le Souverain suprême, car Lui, en vérité, est venu avec son Royaume, et tous les atomes proclament : "Voyez ! Le Seigneur est apparu dans toute sa majesté." Celui qui est le Père est venu et le Fils (Jésus), dans la sainte Vallée, s'écrie : "Me voici, ô Seigneur mon Dieu, me voici !"..Béni est celui qui s'approche de Lui et malheur à ceux qui se tiennent à l'écart... Dis: Je n 'ai certes pas cherché à prôner ma personne, mais plutôt à louer Dieu Lui-même, si vous jugez équitablement. On ne voit en moi rien d'autre que Dieu et sa cause, puissiez-vous le comprendre ! Je suis celui qu'Esaïe a célébré, celui dont le nom orne la Thora et l'Evangile... Béni soit le roi que sa souveraineté n'a pas écarté de son Souverain et qui, de tout son cœur, s'est tourné vers Dieu."

Le Tsar Nicolaevitch Alexandre II était. d'une nature compatissante. Eduqué par un précepteur français, il en avait épousé les idées libérales et progressistes. Quatre ans avant les Etats-Unis, il abolit l'esclavage, on l'appela "le tsar libérateur." Il redistribua même des terres aux paysans. il intervint également avec succès auprès de l'empereur de Perse, par l'intermédiaire de son consul, pour faire libérer Bahá'u'lláh emprisonné injustement et enchaîné depuis quatre mois dans un cachot sordide et sombre, un ancien égout de Téhéran. Le prophète prisonnier lui donna l'occasion de se rallier à sa cause : "Lève-toi parmi les hommes" lui écrit-il, "pour cette cause irrésistible et appelle les nations à Dieu le Très-Haut, le Suprême." Mais les réformes de ce souverain déclenchèrent l'opposition de la noblesse et du clergé qui cherchèrent à miner par tous les moyens son pouvoir, si bien que l'empereur se tenait sur des sables mouvants. Alexandre II hésita, vacilla, tenta vainement une politique de réaction violente et autoritaire : un grand tremblement saisit et ébranla les fondations de ce pays. La maison des Romanov déclina depuis la première guerre mondiale, le bolchevisme arriva au pouvoir et renversa le grand empire des Tsars. Menacé continuellement par les terroristes, l'empereur fut victime de plusieurs attentats et fut finalement assassiné le 13 mars 1881 près du Palais d'hiver de Saint-Pétersbourg. Son successeur Alexandre il encore plus tyrannique, fut également détrôné et. Nicolas II, homme d'état peu capable et influençable ne put lutter contre une révolution puissante qui abolit non seulement l'impérialisme mais aussi le clergé. La religion orthodoxe de l'état fut privée de ses biens et persécutée, l'aristocratie pillée et massacrée. Guerre civile et maladie décimèrent une population misérable et désespérée.

William Sears rappelle cette prophétie d'Aggée (II, 7 et 22)" J'ébranlerai toutes les nations... Je renverserai le trône des royaumes, Je détruirai la force des royaumes des nations."

D. Le destin de l'empire romain.

Dans la Tablette de Bahá'u'lláh à François-Joseph, nous lisons : "O empereur d'Autriche ! Celui qui est l'aurore de la lumière de Dieu se trouvait dans la prison d'Akka lorsque tu te mis en route pour visiter la mosquée d'Aqsa (Jérusalem). Tu passas prés de lui sans t'informer de celui par qui toute demeure est exaltée et toute porte fortifiée ouverte. Nous avons fait d'elle (Jérusalem) une ville vers laquelle le monde devrait se tourner pour évoquer mon souvenir ; et pourtant tu repoussas celui qui est l'objet de ce souvenir quand il parut avec le royaume de Dieu, ton Seigneur, le Seigneur des mondes. Nous fûmes constamment près de toi et Nous t'avons trouvé accroché à la branche mais insoucieux de la racine. Ouvre les yeux afin de pouvoir contempler cette glorieuse vision, reconnaître celui que tu invoques jour et nuit et fixer ton regard sur la lumière qui brille au-dessus de cet horizon lumineux."

Cette monarchie austro-hongroise, héritière de siècles d'histoire glorieuse devait s'évanouir "comme la rosée avant le lever du jour", écrivait un historien. L'empereur préférait le faste, les pompes et cérémonies de la cour au bien-être de son peuple qui vivotait dans la misère tandis que le vice-gérant de Dieu sur terre endurait les pires calamités.

Après les avertissements de Bahá'u'lláh, cette Maison des Habsbourg où l'empereur était resté héréditairement à la tête durant pratiquement cinq siècles, fut menacée tous les jours davantage par les forces de désintégration interne. Shoghi Effendi écrit : "François-Joseph, empereur d'Autriche, roi de Hongrie, Chef d'Etat réactionnaire, avait rétabli les anciens abus ; il avait ignoré les droits des nationalités, restauré cette centralisation bureaucratique qui se trouva finalement si nuisible à son empire. Des tragédies répétées assombrirent son règne. Son frère Maximilien fut fusillé au Mexique. L'héritier du trône, l'archiduc Rodolphe, périt dans une affaire peu honorable. L'impératrice fut assassinée à Genève. L'archiduc François-Ferdinand et son épouse furent tués à Sarajevo, ce qui suscita une guerre au milieu de laquelle l'empereur mourut, terminant un règne qui dépassa tous les autres par les malheurs qu'il apporta à sa nation.... Le royaume, composé d'Etats juxtaposés, se morcela, et tout ce qui subsista de ce Saint Empire Romain, jadis formidable, fut une république diminuée qui mena une existence misérable jusqu'au jour où elle s'effaça de la carte politique de l'Europe." La République prise par Hitler en 1945 fut restaurée par les quatre armées d'occupation.

Le prophète Jérémie avait prédit (LI : 20) : "Tu as été pour moi un marteau, un instrument de guerre. J'ai brisé par toi des nations. Par toi, j'ai détruit des royaumes."

E. Le destin de l'empire britannique

Bahá'u'lláh s'adressa ainsi à la reine Victoria : "O reine de Londres ! Prête l'oreille à la voix de ton Seigneur, le Seigneur de l'humanité... Renonce à tes passions et tourne ton cœur vers ton Seigneur, l'Ancien des Jours.... Nous avons appris que tu as interdit le commerce des esclaves, hommes et femmes, c'est justement ce que Dieu a recommandé dans cette merveilleuse révélation. Il t'a en vérité réservé pour cela une récompense... Et nous avons appris que tu avais confié les rênes du gouvernement aux mains des représentants du peuple. Tu as bien fait car, de cette façon, les fondements de l'édifice de tes affaires seront affermis et les cœurs de ceux qui vivent sous ton ombre, riches ou pauvres, en seront rassurés. Il convient que ces représentants soient dignes de la confiance des serviteurs de Dieu et qu'ils se considèrent comme les délégués de tous ceux qui habitent sur terre... Tourne-toi vers Dieu et dis : "O Seigneur, mon Roi ! Je ne suis qu'un de tes vassaux et Toi, tu es le Roi des rois"

Comment se fait-il que l'empire britannique, aujourd'hui appelé "Royaume-Uni" soit la seule monarchie qui ait alors survécu ? N'est-ce pas du fait qu'en recevant cette Tablette, la grande reine a dit : "Si cela vient de Dieu, ça durera, sinon ça ne peut nuire" alors que tous les autres souverains interpellés par Bahá'u'lláh ont rejeté orgueilleusement Son appel et ignoré Ses avertissements ?

Victoria s'éteignit le 22 janvier 1901 après soixante-trois ans d'un règne grandiose qui étendit son influence sur tous les continents. Ce fut le règne le plus long de cet empire. Sa petite-fille, la reine Marie de Roumanie qui était également descendante d'Alexandre II qui défendit Bahá'u'lláh, devint une disciple ardente et dévouée de la Cause du prisonnier d'Akka et écrivit que les Ecrits de Bahá'u'lláh et d'Abdu'l-Bahá "étaient un grand appel en faveur de la paix, franchissant les limites des frontières,... des rites et des dogmes" que c'était le message du Christ actualisé pour cette époque et donna le conseil suivant : "Si jamais le nom de Bahá'u'lláh ou d'Abdu'l-Bahá vous tombe sous les yeux, ne rejetez pas leurs écrits. Etudiez leurs livres, laissez leurs glorieuses paroles et leurs leçons, messagères de paix et génératrices d'amour, pénétrer votre cœur comme elles ont pénétré le mien. Examinez-les et soyez plus heureux". Et encore : "Attristée par la lutte continuelle entre les fidèles des nombreuses confessions et lassée de leur intolérance réciproque, je découvris dans l'enseignement baha'i le véritable esprit du Christ, si souvent renié et incompris... A ceux qui cherchent une conviction, les paroles du Père sont comme une fontaine en plein désert, au bout d'une longue course errante." Cette reine s'éteignit en juillet 1938 avec les hommages non seulement du monde baha'i mais de nombreux représentants de divers pays qui l'avaient estimée et aimée.

Marie de Roumanie fut la première reine d'une lignée de souverains justes et sages prédite par Bahá'u'lláh. Au cœur du Pacifique, le Chef d'Etat de l'archipel des SAMOA en est le second.

Si le simple fait de ne pas s'être manifestement opposé aux revendications de Bahá'u'lláh a pu attirer tant de bénédictions sur une dynastie, combien cruels doivent être les châtiments de ceux qui condamnèrent à la prison et à l'exil perpétuel le Messager divin pour notre époque et qui furent à l'origine de près de vingt milliers de martyrs ! Ces deux souverains, Nasiri'd-Din Shah de Perse et Abdu'l-Aziz, sultan de Turquie, furent désignés par Bahá'u'lláh comme "prince des oppresseurs" et "occupant le trône de la tyrannie" respectivement. C'est ce que nous allons maintenant survoler.

F. Le destin de l'empire perse

Le souverain Maître de l'islam, Muhammad Shah reçut des avertissements et admonestations semblables du Báb et de Bahá'u'lláh. Ce dernier adressa sa Tablette la plus longue à son successeur, Nasiri'd-Din Shah, chef despotique de la Perse et potentat le plus puissant de l'islam shya (chiite).

C'est le 12 janvier 1853 que Bahá'u'lláh fut exilé à Baghdad par Nasiri'd-Din Shah. Cet empereur avait été impressionné par la civilisation européenne et rêvait de moderniser son pays. En 1896 il priait sur le tombeau d'Abdu'l-Azim dans ce but lorsqu'un assassin le tua sur place. Il fut ramené discrètement au palais par son premier ministre au milieu d'une foule joyeuse et ignorante mais tous les ministres étaient affolés de terreur ! Les baha'is furent aussitôt soupçonnés mais l'auteur de l'attentat, Mirza Rida, était un assassin révolutionnaire ennemi des baha'is. C'est ainsi que la dynastie des Qajar s'éteignit définitivement.

C'est ainsi que, de Baghdad, le divin exilé s'adressait au gouvernement de Perse : "T'imagines-tu, ô ministre du Shah, en la cité, que je tienne en ma main le sort définitif de la Cause de Dieu ? Crois-tu que sa marche puisse être arrêtée par mon emprisonnent, par la honte qui m a été infligée ou même par ma mort et ma complète annihilation ? Misérables les pensées que tu as conçues en ton cœur ! Tu es, en vérité, de ceux qui suivent les vaines imaginations de leur cœur... prétendrais-tu que quelque chose dans le ciel ou sur la terre puisse résister à sa foi ? Non, par Celui qui est la Vérité éternelle ! Rien dans toute la création ne peut contrecarrer son dessein. Renonce donc à ce qui n'est chez toi que pure suffisance, car jamais l'orgueil n'a pu tenir lieu de la vérité..." Et après avoir passé en revue les iniquités de ce gouvernement, Bahá'u'lláh avertit avec autorité Ces dirigeants de leur destin : "Avant peu, vos jours passeront comme passeront les jours de ceux qui, orgueilleusement, se croient aujourd'hui supérieurs à leur voisin. Bientôt, rassemblés en la présence de Dieu, il vous sera demandé compte de vos actions. Vous en recevrez le juste salaire, et misérable est la demeure des malfaiteurs".

Plus tard, de Saint-Jean d'Acre, une longue Tablette fut envoyée au Shah lui-même dans laquelle on relève ces paroles : "O Souverain ! Je n'étais qu'un homme comme tant d'autres, endormi sur ma couche, lorsque les brises du Très-Glorieux passèrent sur moi et m'enseignèrent le savoir de tout ce qui a existé. Cela ne vient pas de moi, mais de Celui qui est le Puissant et l'Omniscient!... O Roi ! Considère cet Adolescent avec les yeux de la justice, et juge impartialement ce qui lui est advenu. Il est certain que, par sa volonté, Dieu a fait de toi son ombre parmi les hommes et le signe de sa puissance pour tous ceux qui vivent sur la terre... O Roi ! Les yeux de ces exilés sont tournés vers le Très-Miséricordieux et fixés sur sa clémence. Il ne fait pas de doute que ces épreuves seront suivies d'une effusion de grâce infinie et qu'à ces terribles afflictions succédera une surabondante prospérité. Nous voudrions espérer pourtant que Sa Majesté le Shah lui-même examinera ces questions et apportera l'espoir au cœur de ces exilés.... J'ai subi, ô Shah, dans le chemin de Dieu, ce que nul œil n'a vu et nulle oreille entendu ... Que de souffrances se sont abattues sur moi, et bientôt, m'atteindront encore !" Puis il ajoute qu'Il supportera toutes les calamités patiemment, avec constance et fermeté en rendant grâce à Dieu.

Sourd à ces émouvantes suppliques, l'empereur, entouré d'un clergé jaloux et fanatique, fut le responsable tant du martyre du Bab, le prophète précurseur de Bahá'u'lláh, que des bannissements successifs de Bahá'u'lláh et des milliers de martyrs de cette Cause glorieuse !

Le Shah assassiné, son successeur faible et timide signa une constitution et le suivant Muhammad Ali Shah fut déposé par la révolution. Après cent trente années de pouvoir, en 1925, la dynastie Qajar s'éteignit pour toujours. Bahá'u'lláh avait tenu ses promesses : un cinquième royaume était tombé.

Préfigurant le destin des oppresseurs, Esaïe écrivait: (XIV : 5-27) "L'Eternel a brisé le bâton des méchants... L'Eternel des armées a pris cette résolution : qui s'y opposera ? Sa main est étendue : qui la détournera ?"

G. Le destin de l'empire ottoman.

En 1876, lors de la révolution des jeunes Turcs, celui qui était assis "sur le trône de la tyrannie", le sultan autoritaire et sans pitié, Abdu'l-Aziz qui persécuta l'Envoyé divin, était également assassiné. Plus tard, Muhammad VI, le dernier des trente-cinq sultans qui avaient régné durant plus d'un demi-millénaire fut détrôné et le grand empire turc, démembré au cours d'une série de guerres, devint une république en 1923. La brillante et splendide métropole de l'empire romain et par la suite capitale de l'empire ottoman n'était plus, conte Shoghi Effendi "que le rappel muet de la basse tyrannie qui avait si longtemps souillé son trône." A Akka, cette fameuse cité de Constantinople avait été apostrophée ainsi par Bahá'u'lláh: "O Point situé sur les rives des deux mers ! Sur toi, en vérité, fut établi le trône de la tyrannie et en ton sein fut allumée la flamme de la haine ... En vérité, tu es manifestement rempli d'orgueil. Serait-ce ton apparente splendeur qui te rend si glorieux ? Par Celui qui est le Seigneur de l'humanité ! Tu vas bientôt disparaître et tes filles, tes veuves et toutes les familles qui habitent en ton enceinte se répandront en lamentations. Voici ce que te fait savoir l'Omniscient, le Sage !"

C'est en 1868, à Andrinople, que Bahá'u'lláh adresse ses sévères admonestations au sultan qui l'avait exilé en cette ville et qui allait par la suite l'exiler à Akka dans la plus grande prison. Dans cette Tablette, le représentant de Dieu sur terre reproche au souverain d'avoir confié ses affaires à des ministres indignes de confiance, faisant allusion à Ali Pasha, le grand Vizir et à Fu'ad Pasha, ministre des affaires étrangères.

"Ecoute, ô Roi, les paroles de celui qui dit la vérité et qui n'attend pas que tu lui donnes, en récompense, les biens que Dieu a voulu t'octroyer, et qui sans jamais faillir, marche dans le droit sentier. C'est lui qui t'appelle à Dieu, ton Seigneur, c'est lui qui te montre la bonne direction, le chemin qui mène à la vraie félicité, afin que, par bonheur, tu sois parmi les heureux." L'adjurant de gouverner avec justice et de ne pas se fier à ses trésors, il lui demande d'écouter les conseils divins : "Garde sous les yeux," écrit-il, "l'infaillible balance de Dieu et, comme si tu étais en sa présence, chaque jour, à chaque instant, pèse tes actions. Fais volontairement tes comptes avant d'y être convié, au Jour où nul homme n'aura la force de rester debout et où, par crainte de Dieu, les cœurs des inconscients ne pourront que trembler... Quoi que tu entreprennes en ce jour ou dans l'avenir, n'oublie jamais la loi de Dieu, le Seigneur de tous les mondes!"

De plus, Bahá'u'lláh s'adressa également aux ministres corrompus du sultan en leur prédisant un sort funeste : "Avant longtemps," leur écrit-il, "vous découvrirez les conséquences de ce que vous aurez fait dans cette vaine vie et en recevrez le salaire. Ceci est en vérité la vérité, l'indubitable vérité..."

La chute de Sultanat et du Califat s'est produite selon les prédictions inspirées de l'exilé divin qui avait condamné ainsi les forces combinées de l'islam sunnite et de l'islam Chi'ite : "Par vos actions, la situation élevée du peuple a été abaissée, l'étendard de l'Islam a été renversé et son trône puissant est tombé."

H. Le destin du Vatican

Dans son analyse magistrale de la chute des empires et du clergé, Shoghi Effendi, gardien de la foi baha'ie, écrit : "La grandeur et la richesse du sujet, la puissance de l'argumentation, la sublimité et la hardiesse du langage (de ces Tablettes de Bahá'u'lláh) arrêtent notre attention et étonnent notre esprit. Les empereurs, rois et princes, chanceliers et ministres, le Pape lui-même, les prêtres, moines et philosophes, les maîtres de la science, les parlementaires et députés, les riches de ce monde... tous sont placés dans le champ d'observation de l'Auteur de ces Messages, et reçoivent, chacun selon ses mérites, les conseils et remontrances qui conviennent." Les tyrans qui, par crainte de l'influence croissante de Bahá'u'lláh, l'exilèrent de plus en plus loin, refusèrent de rencontrer cet homme qui leur proposait, ne serait-ce que dix minutes, de les convaincre de l'authenticité de sa mission en réalisant le signe ou témoignage qu'ils jugeraient suffisant comme preuve de véracité. Qui donc a jamais osé faire une telle proposition ?

Bahá'u'lláh, on l'a dit, ne s'est pas contenté de s'adresser solennellement aux principales têtes couronnées du dix-neuvième siècle, il s'est adressé aux représentants des grandes religions, notamment à l'Islam d'où il était issu mais aussi à la Chrétienté. Ses Tablettes ou Epîtres dont les originaux sont précieusement conservés, s'adressent ainsi au pape Pie IX, aux patriarches, archevêques, évêques, prêtres, moines, théologiens et à tous les chrétiens en général, enjoignant à tous de considérer son message et suivre les enseignements qu'il tient de Dieu lui-même.

A l'ensemble de la chrétienté, il écrit : "Nous sommes venu par amour pour vous et Nous avons supporté les infortunes du monde pour votre salut. Fuirez-vous Celui qui a sacrifié Sa vie pour que vous soyez revivifiés ? Craignez Dieu, ô disciples de l'Esprit (Jésus) et ne marchez pas sur les traces de tout ecclésiastique qui s'est écarté du droit chemin... Ouvrez les portes de vos cœurs, Celui qui est l'Esprit (Jésus) se tient devant elles.... Lui, en vérité a dit : "Suivez-Moi et je vous ferai pêcheurs d'hommes." En ce jour cependant, Nous disons "Suivez-Moi afin que Nous fassions de vous des revivificateurs du genre humain."

Dans son appel au pape Pie IX, Bahá'u'lláh l'admoneste ainsi : "O pape, déchire les voiles : Celui qui est le Seigneur des Seigneurs est venu, couvrant de son ombre les nuées, et Dieu, le Tout-Puissant, l'Indépendant, a accompli son décret. Il est réellement venu du ciel comme il en vint la première fois... Gardez-vous d'argumenter avec lui comme le firent les pharisiens, sans aucun signe ni preuve évidente... Oublie le monde pour te tourner vers ton Seigneur, par qui la terre toute entière fut illuminée... Peux-tu vivre dans des palais, alors que celui qui est le roi de la Révélation habite la plus délabrée des demeures ?... Laisse-les à ceux qui le désirent, et avec joie et ravissement, tourne ton visage vers le Royaume... Sois comme a été ton Maître ... O Souverain Pontife ! Abandonne ton territoire aux rois et, détaché du monde, le visage fixé sur le Royaume, sors de ta demeure pour proclamer entre le ciel et la terre les louanges de ton Seigneur. Ainsi te l'a ordonné celui qui est le possesseur des Noms, de la part de ton Seigneur, le Tout-Puissant."

A celui qui se disait le successeur de Saint Pierre, le comte Mestaï-Ferretti, 254ème pape depuis le début de la suprématie de Saint-Pierre, célèbre par la bulle de 1854 décrétant l'immaculée Conception de la Sainte Vierge, ainsi que celle de l'infaillibilité pontificale seize années plus tard, Bahá'u'lláh rappelle : "Voici le jour où le rocher (Pierre) s'est écrié : "Voyez, le Père est venu ; et ce qui vous a été promis au sujet du Royaume est accompli."

La Tablette de Bahá'u'lláh adressée à ce pape à l'attitude qualifiée "d'ultra mondaine" précipita l'extinction d'un pouvoir temporel devenu riche et puissant au cours des siècles. Napoléon I avait chassé le Pape de ses Etats. Le Congrès de Vienne le remit à sa tête mais plaça leur administration aux mains de prêtres, des insurrections provoquèrent une intervention de l'Autriche et de la France jusqu'au jour où des complications intérieures obligèrent le Pape à s'enfuir de Rome, au milieu de la nuit, comme un simple prêtre. Rome fut proclamée République. En 1870, quelques mois seulement après que cette Tablette ait été envoyée, le roi Victor-Emmanuel II déclara la guerre aux Etats pontificaux, ses troupes envahirent le Vatican et Pie IX se constitua prisonnier après avoir excommunié les usurpateurs et traité Victor-Emmanuel de "roi voleur". Un commentateur de sa vie a écrit : "Les dernières années du vieux Pape jurent remplis d'angoisse : à ses infirmités physiques s'ajouta le chagrin de voir trop souvent, au sein même de Rome, la Foi outragée, les ordres religieux spoliés et persécutés, les évêques et les prêtres privés du droit d'exercer leurs fonctions."

"Hurlez pasteurs et criez, roulez-vous à terre, chefs du troupeau, car vos jours sont accomplis", lit-on dans Jérémie (XXV : 35)... "plus de refuge pour les pasteurs, plus de salut pour les chefs du troupeau !"

On verra par la suite qu'il aura fallu cent ans pour que la Papauté prenne en considération les enseignements baha'is.

3ème partie : Prophéties à venir ou en voie d'accomplissement

"UNE VIE NOUVELLE AGITE SECOUE ET TRAVAILLE TOUS LES PEUPLES DE LA TERRE MAIS PERSONNE N'EN A DECOUVERT LA CAUSE OU PERCU LA RAISON... L'EQUILIBRE DU MONDE A ETE RENVERSE PAR LES PUISSANTES VIBRATIONS DE CE TRES GRAND, DE CE NOUVEL ORDRE DE CHOSES : PAR L'ACTION DE CE SYSTEME MERVEILLEUX, DE CE SYSTEME UNIQUE... LE MODE DE VIE DE L'HUMANITE A ETE REVOLUTIONNE." BAHÁ'U'LLÁH

"GRANDE EST TA BEATITDE, O TERRE, CAR TU AS ETE FAITE L'ESCABEAU DE TON DIEU ET TU AS ETE CHOISIE COMME LE SIEGE DE SON PUISSANT TRONE !" BAHÁ'U'LLÁH

Une autre série de prophéties concerne la désagrégation du monde actuel, de ses causes profondes et des remèdes divins à y apporter. "L'ordre de choses qui maintenant prévaut s'avérant d'une lamentable insuffisance, les signes peuvent être discernés de convulsions et d'un chaos imminent." affirme Bahá'u'lláh qui ajoute : "Le monde est en travail, son agitation augmente de jour en jour, ses pensées tendent à la méchanceté et à l'incrédulité. Telle deviendra à l'avenir sa condition que le dévoiler maintenant serait déplacé et ne conviendrait pas. Sa perversité continuera longtemps à se développer. Et quand l'heure fixée aura sonnée, soudainement apparaîtra ce fera frémir les membres du genre humain. Alors, alors seulement, le divin étendard sera déployé et le rossignol du Paradis fera entendre sa mélodie."

La connaissance s'accroissant au cours des siècles, les besoins d'hier ne suffisent plus à ceux d'aujourd'hui. Les penseurs contemporains estiment même qu'une unité européenne n'est qu'un pas, nécessaire certes, mais insuffisant, vers une unité mondiale à cause de l'interdépendance de toutes les nations. Aussi la Manifestation divine pour cette époque a-t-elle instauré, sur une base spirituelle, un nouveau système administratif, un "nouvel ordre mondial" démocratique mais équitable rendant caduques tous les systèmes antérieurement appliqués.

Commentant la croissance organique du genre humain, Abdu'l-Bahá explique que "... ce qui, aux premiers âges de la race humaine, répondait aux besoins humains, ne peut plus les satisfaire aujourd'hui, en un temps où le passé consommé fait place à du nouveau. L'humanité est à présent décidément sortie des classes élémentaires adaptées aux limites où l'inexpérience de sa jeunesse l'enfermait. L'homme doit maintenant acquérir des vertus nouvelles et des pouvoirs nouveaux, un nouveau standard moral et de nouvelles capacités. Des grâces nouvelles, des dons parfaits l'attendent et déjà descendent sur lui. Les bénédictions de la période de jeunesse, suffisantes à l'adolescence du genre humain, ne répondent plus aux besoins de sa maturité."

Il n'existe aucune contradiction entre ces deux citations, la première annonçant, à l'instar de Timothée, une époque de bouleversement sans précédent et la seconde un être régénéré moralement et spirituellement. Un nouveau système social est semblable en effet à un enfantement qui, selon la loi naturelle, ne se fait jamais sans douleur. C'est pour cette raison que l'humanité passe actuellement par une douloureuse période transitoire de mutation complète nécessaire à sa croissance. D'autre part, les adeptes de toutes les grandes religions ont oublié, pour la plupart, les enseignements d'amour et d'harmonie prônés par leurs fondateurs et ont sombré dans un matérialisme généralisé. "Sachez, peuples du monde", avertit Bahá'u'lláh, "qu'une calamité imprévue vous poursuit et qu'un châtiment terrible vous attend. Ne croyez pas que les méfaits que vous avez commis soient effacés de ma vue". Aussi : "Nous avons, ô peuples, fixé votre heure et si, à cette heure marquée, vous négligez de vous tourner vers Dieu, sa Main s'appesantira sur vous et de terribles afflictions vous assailliront de tous côtés. Combien dur alors sera le châtiment par lequel le Seigneur vous châtiera."

Ces paroles menaçantes font penser à la déclaration du Pape dévoilant au monde le troisième volet du miracle de Fatima où la Vierge aurait annoncé que si l'humanité ne se tournait pas vers Dieu, alors les calamités seraient telles que "les vivants envieraient les morts". En 1904 Abdu'l-Bahá, centre de la nouvelle alliance de Dieu, et interprète des paroles divines, prédisait que les peuples seraient forcés de se tourner vers Dieu. Il écrivait ceci : "Sache que les misères et les infortunes croîtront de jour en jour et que les peuples seront dans la détresse. Les portes de la joie et du bonheur seront fermées de tous côtés. De terribles guerres éclateront. Les déceptions et la mort des espérances entoureront les peuples de toutes parts jusqu'à ce qu'ils soient forcés de se tourner vers Dieu. Alors les lumières d'un grand bonheur illumineront les horizons afin que le cri de "Ya Baha'u'l-Abha" (O toi, la Gloire du Dieu très glorieux !) s'élève de tous côtés." En 1912, à Sacramento, en Californie, il prédisait la guerre proche : "Aujourd'hui, le continent européen est comme un arsenal. C'est une réserve d'explosifs prêts pour la première étincelle : une seule étincelle pourrait enflammer toute l'Europe, particulièrement maintenant que la question des Balkans est en jeu." Il expliquait que nous étions à deux ans de la bataille de Harmaguédon mentionnée au seizième chapitre de l'Apocalypse.

La paix réelle n'est pas une affaire d'alliances politiques, de concordats ou de traités extérieurs mais bien un état spirituel cordial et fraternel entre les hommes. Bahá'u'lláh avait révélé que tant que les hommes n'appliqueraient pas les enseignements divins qui sont la panacée universelle, les peuples ne trouveraient pas de repos, qu'ils devaient s'unir en une Cause universelle, une foi commune à tous. Et son fils commente cette thèse par ces mots: "Bahá'u'lláh a souvent prédit une période où l'irréligion et l'anarchie qui l'accompagne prévaudraient. Le chaos aura pour cause une trop grande liberté chez des gens qui n'y sont pas prêts et en conséquence il y aura forcément un recul temporaire vers des gouvernements autoritaires dans l'intérêt même du peuple, afin d'éviter le désordre et le chaos. Il est évident que chaque nation veut aujourd'hui son autonomie et une liberté d'action complète, mais certaines d'entre elles ne sont pas prêtes. L'état qui prévaut dans le monde est un état d'irréligion qui amène forcément l'anarchie et la confusion. J'ai toujours dit que les propositions de paix qui ont suivi la grande guerre n'étaient qu'une lueur de l'aube et non le lever du soleil." Après la seconde guerre mondiale, Abdu'l-Bahá expliquait à nouveau les séquelles dangereuses de cette guerre, la haine et l'antagonisme des peuples vaincus, le tumulte des socialistes, la tempête du bolchevisme, la revendication des travailleurs et que ces conséquences amèneraient une autre guerre, la paix ne pouvant être levée que par le pouvoir du Verbe de Dieu: "De quelque façon que s'y prennent les politiciens, leurs efforts n'apporteront pas la paix. L'unité de l'humanité doit être établie par le pouvoir du Saint-Esprit ; sans aide, la volonté humaine ne peut rien." affirmait-il en 1919.

Les prédictions susmentionnées ont certes été accomplies partiellement : il reste à l'humanité à prendre conscience de la solidarité universelle et à se tourner vers le nouveau système mondial de Bahá'u'lláh pour établir une paix durable. Avant de poursuivre cette brève étude de l'avenir, sachons que le Báb avait souligné dans ses Ecrits l'importance des centenaires. Avant lui, le prophète d'Arabie disait dans son Livre, le Coran, que Dieu a écrit toutes choses en chiffres.

Quelques remarques semblent dignes d'intérêt à propos de ces centenaires : - Cette guerre de 1914-18 correspond aux centenaires lunaire et solaire de la naissance du Báb et de Bahá'u'lláh (1233 et 1235 de l'Hégire correspondant aux années 1817 et 1819 ) sachant que lorsqu'on tombe à cheval sur deux années, on peut choisir l'une ou l'autre et ce n'est pas sans raison que Daniel a attaché tant de bonheur à ces 1335 jours dont on a déjà parlé, soit le centenaire solaire de la naissance du Báb (1235 de l'Hégire) qui inaugure un nouveau cycle du pouvoir pour la race humaine. C'est au centenaire de la naissance de Bahá'u'lláh, en 1917 qu'eut lieu au Portugal le fameux "miracle de Fatima" (la fille chérie du Prophète Muhammad) dans lequel "La Dame du Rosaire" avertit le monde des calamités à venir s'il ne se tournait pas vers Dieu. Elle aurait parlé, on l'a vu, en cas de refus, de "plusieurs nations anéanties", et de "vivants qui envieraient les morts" selon les révélations du Pape, confirmant ainsi une prédiction de Bahá'u'lláh sur la destruction éventuelle du "monde et de ses peuples". Les centaines lunaire et solaire de l'an 1260 de l'Hégire ou 1844 de notre ère, (date de la déclaration de la mission du Báb et début de l'ère baha'ie) donnent aussi les dates de la guerre mondiale de 1941-45 (avec intervention de la Russie). En 1863, Bahá'u'lláh déclare publiquement sa mission de Promis universel à Baghdad durant douze jours riches en révélation. Cent ans plus tard est instituée la première "Maison Universelle de Justice" dont il est parlé, nous dit Bahá'u'lláh, dans "le Livre des Noms". Plus curieux, sinon plus triste est cette parution en avril 1963, cent ans exactement après cette date historique, de l'encyclique intitulée "Pacem in terris" du Pape Jean XXIII préconisant la paix et une cité mondiales, la recherche de la vérité, l'éducation universelle, l'égalité de l'homme et de la femme, l'unité de Dieu et du genre humain, l'harmonie entre la science et la religion, le désarmement, l'avertissement contre l'énergie atomique et une solution spirituelle aux problèmes économiques. Etrange qu'il n'ait pas donné la source de ces principes qui sont ceux de la foi baha'ie, étrange et regrettable pour l'humanité en général et ce Pape en particulier !

"O Souverain Pontife !" ordonnait Bahá'u'lláh, "Penche ton oreille vers les conseils que, par la voix du plus grand Nom, te donne celui qui ranime les os tombés en poussière." Et en reconnaissance de cet Ecrit, Jean XXIII reçut le prix Nobel pour la paix ! Certes plus tard Paul VI et aujourd'hui Jean-Paul II ont visité et visitent de nombreux pays pour les appeler à Dieu mais qu'on imagine l'impact qu'aurait un pape catholique s'il annonçait au monde le retour du Fils dans la gloire du Père !

Nous avons cité quelques prophéties concernant diverses calamités qui précéderont la paix annoncée par tous les prophètes du passé. Chaque jour qui passe est témoin de souffrances insupportables pour des milliers d'êtres humains en de nombreux pays. Pourtant Ces calamités doivent encore s'accroître d'ici la fin du siècle jusqu'à ce que les baha'is appellent la "Moindre paix" ou paix purement politique soit enfin établie, c'est-à-dire d'ici la fin de l'an 2000 selon une prédiction sans ambages d'Abdu'l-Bahá. A la suite de quoi l'humanité sera obligée de se spiritualiser pour instaurer progressivement, au cours des siècles prochains, le royaume de Dieu sur terre.

En 1936, le Gardien de la foi baha'ie écrivait : "Si noir que soit déjà l'horizon, les maux dont l'univers doit être affligé ne sont encore qu'en préparation et la profondeur ne peut encore en être imaginée. Nous nous trouvons au seuil d'un âge dont les convulsions proclament à la fois les affres de l'agonie d'un monde et les proches douleurs de l'enfantement d'un autre. Sous l'influence fécondante de La Foi annoncée par Bahá'u'lláh, un Nouvel Ordre de Choses se trouve déjà conçu. Nous le sentons remuer dans le sein d'un âge en travail, qui attend l'heure déjà fixée où il sera délivré de son fardeau et portera son plus beau fruit." Analysant les bouleversements de son époque, Dostoïevski écrivait à la même époque que c'était dans ces conjonctures à savoir "la crise la plus grave de l'histoire des civilisations "que des religions "meurent et naissent".

Les forces de l'univers, dirigées par un Esprit tout-puissant et visibles seulement par certains signes, poussent notre planète vers son unité organique. Tout obstacle ou force antagoniste à cette irrésistible vague du destin ne peut créer que troubles, misères et calamités de toutes sortes sur tous les plans. Entre les habitudes ancestrales et les théories fétiches d'un ancien monde qui lutte pour ne pas mourir mais qui se désintègre progressivement et les tendances naturelles d'un mouvement dynamique et constructeur du système de Bahá'u'lláh appelé "le Nouvel Ordre mondial" "une bataille spirituelle est engagée", écrit Shoghi Effendi dans "Vers l'apogée de la race humaine", "gigantesque, d'une ampleur sans pareille, mais qui sera, dans ses ultimes conséquences, inévitablement glorieuse." Bahá'u'lláh n'affirmait-il pas que "La religion est une radieuse lumière et une forteresse imprenable pour la protection et le bien-être des peuples du monde, car je respect de Dieu incite l'homme au bien et l'éloigne du mal. Si la lampe de la religion faiblit, la confusion et le chaos s 'ensuivent et les lumières de l'équité, de la justice, de la tranquillité et de la paix s'éteignent à la fois." Et Shoghi Effendi de commenter cette assertion en expliquant que cet état d'irréligion est cause de la dégradation de la nature humaine, de la perversion de sa conduite, de la corruption et de la dissolution des institutions humaines, de l'avilissement du caractère, de la méfiance et de l'indiscipline, de l'étouffement de la conscience et de la pudeur et de la disparition des conceptions du devoir, de la solidarité, de la loyauté, tout ceci ayant pour effet que "le sens même de la paix, de l'espoir et de la joie va peu à peu s'éteignant." Bahá'u'lláh avait révélé ces paroles prophétiques : "Les vents du désespoir soufflent, hélas, de tous côtés, et les dissensions qui affligent la race humaine s'aggravent de jour en jour." Puis Shoghi Effendi analyse les conséquences sociales de cet état d'esprit en concluant qu'une telle société "doit ou renaître ou périr". Tant et si bien que les efforts sincères de certains dirigeants pour améliorer cet état de choses, et même ceux de l'O.N.U. ne pourront être efficaces que lorsque l'accent sera mis sur la primauté du spirituel sur le matériel, l'homme étant avant tout un être créé avec une âme éternelle. "Le processus de décomposition doit se poursuivre inexorablement" écrit Shoghi Effendi, son influence corrosive pénétrer de plus en plus profondément dans cet âge croulant jusqu'à ce que le cœur même en soit atteint. Beaucoup de souffrances devront encore être subies avant que les nations, les croyances, les classes et les races aient été fondues entre elles au creuset de l'affliction universelle, forgées par les feux d'une terrible épreuve en une communauté organique, un vaste système unifié et qui fonctionne harmonieusement. Des adversités que l'esprit de peut encore concevoir et d'inimaginables crises - troubles, guerres, famine et pestilence - peuvent se combiner pour graver dans l'âme d'une génération insouciante ces vérités et principes qu'elle a refusé de suivre et de reconnaître. Une paralysie plus douloureuse que celles qu'elle a jamais subies peut affliger l'économie d'une société croulante avant qu'elle ne soit prête à la reconstruction et à la régénération".

Les excès divers auxquels nous assistons en bien des domaines sont fortement condamnés par Bahá'u'lláh : "La civilisation", dit-il, "tant vantée par de savants protagonistes des sciences et des arts, si on la laisse sortir des bornes de la modération, apportera aux hommes de grands maux... A se développer avec excès, elle deviendra une source prolifique de mal, tout comme elle a été, lorsqu'on la maintenait dans les limites de la modération, une source de bien... Le jour approche où sa flamme dévorera les cités qui l'auront accueillie et où la Langue de Grandeur proclamera le Royaume de Dieu, le Tout-Puissant, le Très-Exalté." Puis de déclarer que depuis que son appel a été lancé à l'humanité et à ses dirigeants, le monde n'a jamais connu de repos car l'humanité a été empêchée d'appliquer le divin remède. "La poussière de la sédition a obscurci le cœur de l'homme et aveuglé ses yeux. Avant longtemps, il éprouvera les conséquences de ce que ses mains auront préparé pour le Jour de Dieu."

Avant de dire un mot sur l'âge d'or qui doit poindre, citons textuellement cette réflexion de Shoghi Effendi : "Faut-il que l'humanité, déjà si tourmentée, soit affligée de tribulations plus sévères encore, dont l'influence purifiante la prépare à entrer dans le royaume céleste qui doit s'établir sur la terre ? Faut-il que l'instauration d'une ère de l'Histoire humaine absolument unique, et si vaste, si lumineuse, soit précédée d'une telle catastrophe qu'elle rappelle et surpasse le terrible effondrement de la civilisation romaine aux premiers siècles de l'ère chrétienne ? Faut-il qu'une série de convulsions profondes agite et bouleverse la race humaine avant que Bahá'u'lláh trône dans le cœur et la conscience des masses, que son indiscutable autorité soif universellement reconnue et que soit établi le noble édifice de son Ordre mondial ?"

Est-il utile de rappeler cette révélation scientifique de Bahá'u'lláh au siècle dernier : "Un instrument étrange et merveilleux existe sur terre, mais il est caché aux âmes et esprit des hommes. C'est un instrument qui a le pouvoir de changer l'atmosphère de la terre entière et son infection est cause de destruction." Ce n'est pas par hasard qu'à Paris en 1911, Abdu'l-Bahá a parlé à l'ambassadeur du Japon à la Cour d'Espagne, le vicomte Arawaka, de cette force stupéfiante qui possède le pouvoir de détruire la terre entière, tel un poison destructeur !

L'AGE D'OR A VENIR

"CE JOUR EST LE ROI DES JOURS, ... LES ECRITURES DES REVELATIONS PASSEES CELEBRENT LE GRAND JUBILE QUI DOIT ACCUEILLIR CE GRAND JOUR DE DIEU ! HEUREUX QUI A ASSEZ VECU POUR VOIR POINDRE CE JOUR ET

RECONNAITRE SA SIGNIFICATION ... DANS CETTE TOUTE-PUISSANTE REVELATION, TOUTES LES REVELATIONS ONT ATTEINT LEUR PLUS HAUTE, LEUR DEFINITIVE CONSOMMATION. CE QUI A ETE RENDU MANIFESTE DANS CETTE PREEMINENTE REVELATION RESTE SANS PARALLELE DANS LES ANNALES DU PASSE ET LES AGES FUTURS NE VERRONT RIEN DE SEMBLABLE"

"BIENTOT LE PRESENT ORDRE DE CHOSES SERA REVOLU ET UN NOUVEAU MONDE PRENDRA SA PLACE... CAR LE POUVOIR DIVIN S'ETEND SUR TOUTES CHOSES."

BAHÁ'U'LLÁH

"LA TERRE ENTIERE EST EN ETAT DE GESTATION. LE JOUR APPROCHE OU ELLE AURA PRODUIT SES FRUITS SES PLUS NOBLES, OU AURONT JAILLI D'ELLE LES ARBRES AUX PLUS HAUTES CIMES, LES FLEURS ENCHANTERESSES, LES PLUS CELESTES BENEDICTIONS. D'UNE HAUTEUR INCOMMENSURABLE VIENT LA BRISE QUI SOUFFLE DE LA ROBE DE TON SEIGNEUR, LE GLORIFIE, CAR VOICI QU'ELLE A, DE SON HALEINE, PARFUME ET RENOUVELE TOUTES CHOSES. A BON ENTENDEUR, SALUT !"

ABDU'L-BAHÁ

Et Abdu'l-Bahá de nous réconforter en prédisant que "bientôt ceux qui sommeillent le plus profondément seront eux-mêmes réveillés." Il glorifie ce siècle comme étant celui de la lumière de la vérité : "Ce siècle est le siècle de la vérité, ce siècle est celui de l'établissement du Royaume de Dieu sur la terre... Bientôt viendra le jour où la lumière de l'unité divine aura si bien pénétré 1'Est et l'Ouest qu'aucun homme n'osera plus l'ignorer." Abdu'l-Bahá entendait par-là que les fondations étaient déjà posées durant ce siècle car les racines doivent produire le tronc et les branches avant que l'arbre ne porte ses fruits.

Concernant la paix universelle déjà entrevue par les prophètes Bahá'u'lláh a révélé : "Le temps viendra où l'impérieuse nécessité d'une assemblée formée des représentants du monde entier se fera universellement sentir. Les rois et les princes de la terre devront prendre part à ses délibérations et aviser aux voies et moyens de jeter les fondations de la grande paix du monde... et si quelqu'un d'entre eux prenait les armes contre un autre, tous devraient s'unir pour l'en empêcher".

Concernant la justice, on trouve entres autres cette promesse : "Après un temps, tous les gouvernements de la terre changeront. L'oppression enveloppera le monde. Et après une universelle convulsion, le soleil de justice se lèvera de l'horizon du royaume invisible."

Voici quelle est la vision d'Abdu'l-Bahá, au début de ce siècle, connue sous le nom des "sept lumières de l'unité" :

"Contemplez la lumière qui se lève à l'horizon assombri du monde. Le premier flambeau est l'unité dans l'ordre politique, ses faibles lueurs sont déjà discernables. Le deuxième flambeau est l'unité de pensée dans les entreprises mondiales, à l'accomplissement de laquelle on assistera avant peu. Le troisième flambeau est l'unité dans la liberté, qui sûrement se réalisera. Le quatrième flambeau est l'unité des nations, une unité qui sera fermement établie dans le courant de ce siècle et qui entraînera tous les peuples du monde à se considérer comme les citoyens d'une même patrie. Le sixième flambeau est l'unité des races, qui fondra tous les habitants de la terre, peuples et ethnies, en une seule race. Le septième flambeau est l'unité de langue ; elle consistera dans le choix d'une langue universelle dans laquelle tous les peuples s'instruiront et converseront. Tous et chacun de ces progrès s'accomplira inévitablement, car la puissance du royaume de Dieu leur portera aide et secours."

Shoghi Effendi développe les modalités de cet âge nouveau l'âge d'or de l'unité de la race humaine, dans deux communications au monde : "Le but d'un Nouvel Ordre Mondial" (1931) et "Vers l'apogée de la race humaine" (1936). Le lecteur y trouvera des détails surprenants. A recommander également "L'avènement de la justice divine" (1938).

Aujourd'hui la foi de Bahá'u'lláh, "la foi baha'ie" est répandue dans tous les pays du globe. Bien qu'elle ne compte que quelques six millions d'adhérents, elle est, selon l'Encyclopédie britannique, la religion la plus répandue sur terre après le Christianisme et à plus forte croissance. Elle s'est assimilée des croyants issus de toutes croyances, ethnies, classes, hommes et femmes de tout âge. Elle siège à l'O.N.U., en tant qu'organisation non gouvernementale, dans divers comité tels qu'économique, écologique ou éducatif et son administration existe dans 175 pays ou territoires, ses statuts mondiaux respectant la diversité des cultures et traditions nationales ou régionales. Sa littérature est accessible en plus de 800 langues ou dialectes et elle gère plus de 1.300 projets socio-économiques sans parler de quelques 500 établissements scolaires. Le Larousse du XXème siècle la présente comme "l'aboutissement et aboutissement nécessaire de toutes les anciennes croyances." (voir "Béha'isme") Elle n'a ni clergé, ni prêtre, mais des assemblées spirituelles de 9 membres élus chaque année au suffrage universel et secret, sans aucune propagande. Son siège mondial, on l'a dit, est situé à HAIFA, sur les pentes du Mont Carmel. Les villes de HAIFA et de AKKA seront reliées et constitueront une capitale mondiale où dirigeants comme simples croyants iront prier et rendre hommage aux tombeaux du BÁB et de BAHÁ'U'LLÁH, co-fondateurs de cette foi nouvelle. Avant de conclure, écoutons la voix prophétique et inspirée d'ABDU'L-BAHÁ :

"Dieu a travaillé patiemment, pas à pas, à travers ces diverses villes, Shiraz et Téhéran, Baghdad et Constantinople, Andrinople, Akka et Haïfa selon son propre plan, défini et éternel afin que les prophéties et les prédictions des Prophètes s'accomplissent. Le fil d'or des promesses concernant le temps du Messie court à travers toute la Bible et il était de la destinée que Dieu le rendit apparent en temps voulu... PAS UN SEUL MOT NE RESTERA PRIVE D'ACCOMPLlSSEMENT"

CONCLUSION

Apparemment perdue au milieu des myriades de galaxies, inconsciente et muette, notre minuscule planète est suspendue à son destin.

Nous qui la peuplons, les êtres humains, sommes-nous seulement conscients de ce destin, nous y intéressons-nous, ou ne sommes-nous pas plutôt avant tout concernés par nos maints soucis quotidiens ?

On aurait pu certes imaginer une planète heureuse où tous les habitants vivraient en frères, en parfaite harmonie avec leurs amis les fleurs et les animaux et où le mal serait exclu. Pourquoi donc le Maître de l'univers, s'il possède la toute puissance, ne l'a-t-il pas voulu ainsi et permet-il tant d'horreurs et de misères sur cette petite terre ?

C'est parce qu'il a voulu donner à l'homme, reflet potentiel de sa lumière et de sa grandeur, la possibilité de choix, le libre arbitre. Ceux et celles qui font le bon choix, nous révèlent les Prophètes, ces miroirs de l'omniscience divine, récolteront leurs fruits au royaume éternel de la réalité qu'est la vie spirituelle. Celle-ci leur sera évidente après ce bref passage terrestre. On ne peut pas plus juger la création divine que la pierre, la plante ou l'animal ne peuvent juger l'homme. On doit respecter la hiérarchie des règnes et des valeurs.

Au fil du temps, depuis le premier homme, de nombreux soleils spirituels, les Prophètes ou Porte-parole de Dieu, le façonneur des mondes, ont sommé le genre humain de pratiquer les vertus, l'entente fraternelle et le détachement des fallacieux appâts de ce monde matériel. Par ce mystère de "Rédemption" qui pourrait s'apparenter au phénomène de solidarité entre Dieu et sa créature faite "à son image" ces Etres purs, saints, inspirés omniscients et détachés ont enduré volontairement, leur vie durant, les pires souffrances alors qu'ils possédaient des pouvoirs surhumains. Ceci par amour de Dieu, de l'humanité et dans un état de soumission parfaite à la volonté divine. Ils ont été écoutés, plus ou moins. Durant un certain temps. Puis oubliés. Comme s'oublieront aussi les bâtisseurs d'empires qui, après leurs guerres meurtrières, se prélassaient orgueilleusement dans leur palais de marbre alors que Celui qui les avait conjurés de reconnaître la Cause de Dieu, lourdement enchaîné à des criminels dans un cachot putride et sombre, avait reçu en ce lieu et de la part du Très-Haut, la révélation de sa mission de Sauveur de l'humanité !. Aujourd'hui Israël se fie davantage au pouvoir de ses armées qu'à celui de Yahvé ; la chrétienté n'a jamais été aussi divisée ; Islam a atteint un tel degré de fanatisme que l'homme libre en frémit. Les religions orientales, telles le Bouddhisme ou l'Hindouisme, jadis pacifistes, connaissent guerres et révolutions. Normalement l'homme aspire à la paix mais ne la trouve pas plus en lui-même qu'autour de lui, souffrant de mal-être, eu égard à sa solidarité naturelle, qu'il le veuille ou non. Il n'est guère d'hommes sur terre qui puissent se dire unis et heureux.

Par la grâce de Dieu, cet état de fait déplorable touche à sa fin car on sait que dans le plan créateur divin pour notre planète, un cycle préparatoire était nécessaire avant la mutation de la race humaine. De même que le fer prend son éclat dans le feu, l'humanité va prendre sa vraie couleur dorée prédestinée au creuset des épreuves. Celles-ci ne sont pas envoyées par le courroux divin comme il est dit d'une façon symbolique dans la Bible, mais bien comme seule conséquence de la conduite insouciante ou rebelle de l'ensemble du genre humain. Et un nouveau cycle appelé sur terre "cycle de l'unité" et que les prophètes ont annoncé comme "Jour de Dieu" ou "Royaume de Dieu" s'installera définitivement ici-bas. Alors une joie intense illuminera les cœurs ; alors les luttes séculaires entre les enfants des hommes feront place à l'entente et l'harmonie. L'homme ne se glorifiera plus d'aimer sa famille ou son pays mais plutôt l'humanité toute entière. Car l'homme aura enfin rendu à Dieu la première place qui lui revient de plein droit. Quant au nom de Bahá'u'lláh, il ne sera jamais oublié car Dieu a déclaré, par le Pouvoir divin de son Verbe : "Ce jour est le Jour qui ne sera pas suivi de la nuit."

Naw-Ruz l54 de l'ère baha'ie
(21 mars 1997)

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