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Appel aux Nations
Dieu passe pres de nous - Glossaire
Dieu passe pres de nous - Index
Dieu passe pres de nous - Introduction
Dieu passe pres de nous - Partie 1 - Chapitre 01
Dieu passe pres de nous - Partie 1 - Chapitre 02
Dieu passe pres de nous - Partie 1 - Chapitre 03
Dieu passe pres de nous - Partie 1 - Chapitre 04
Dieu passe pres de nous - Partie 1 - Chapitre 05
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 06
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 07
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 08
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 09
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 10
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 11
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 12
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 13
Dieu passe pres de nous - Partie 2 - Chapitre 14
Dieu passe pres de nous - Partie 3 - Chapitre 15
Dieu passe pres de nous - Partie 3 - Chapitre 16
Dieu passe pres de nous - Partie 3 - Chapitre 17
Dieu passe pres de nous - Partie 3 - Chapitre 18
Dieu passe pres de nous - Partie 3 - Chapitre 19
Dieu passe pres de nous - Partie 3 - Chapitre 20
Dieu passe pres de nous - Partie 3 - Chapitre 21
Dieu passe pres de nous - Partie 4 - Chapitre 22
Dieu passe pres de nous - Partie 4 - Chapitre 23
Dieu passe pres de nous - Partie 4 - Chapitre 24
Dieu passe pres de nous - Partie 4 - Chapitre 25
Dieu passe pres de nous - Partie 4 - Chapitre 26
Dieu passe pres de nous - Preface
Dieu passe pres de nous - Sommaire
L'avenement de la justice divine
L'Ordre mondial de Baha'u'llah
La chronique de Nabil
La Dispensation de Baha'u'llah
Le Jour promis est venu
Free Interfaith Software

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Shoghi Effendi : L'avenement de la justice divine
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Source : www.bahai-biblio.org
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L'AVENEMENT DE LA JUSTICE DIVINE
SHOGHI EFFENDI
Sommaire
Lettre du Bien-Aimé Gardien aux croyants
Crises périodiques
La principale citadelle subsiste

Une croisade d'une envergure encore plus grandiose

Les possibilités de l'avenir
Son inépuisable lumière
La fonction suprême de Sa révélation
Une responsabilité d'une grandeur stupéfiante
Les conditions spirituelles requises
Le plus difficile des problèmes
Leur double croisade
Les qualités requises pour l'enseignement
L'éveil de l'Amérique latine
Les fondations nécessaires
Appel pour des pionniers
La part prépondérante
A la jeunesse bahá'íe .
La position spéciale de Panama

Une sagesse impénétrable, une volonté absolument irrésistible

L'avènement du royaume
La destinée de l'Amérique
LETTRE DU BIEN-AIME GARDIEN AUX CROYANTS

Aux bien-aimés de Dieu et aux servantes dévouées du Miséricordieux aux États-Unis et au Canada.

Très chers frères et soeurs en l'amour de Bahá'u'lláh:

Il paraît certes difficile d'exprimer d'une manière adéquate les sentiments de joie irrépressible et d'exultation qui inondent mon coeur chaque fois que je m'interromps pour contempler les preuves continues de l'énergie dynamique qui anime les vaillants pionniers de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh dans l'exécution du plan à leur charge. La signature du contrat, par vos représentants nationaux élus, amorçant la phase finale de la plus grande entreprise jamais lancée par les fidèles de Bahá'u'lláh en Occident, non moins que le progrès très encourageant enregistré dans les divers rapports du comité national d'enseignement, témoignent sans l'ombre d'un doute de la fidélité, de la vigueur et de la conscience avec lesquelles vous dirigez les multiples actions qu'implique forcément l'évolution du plan de sept ans. Dans ses deux aspects et dans tous ses détails, il a été poursuivi avec une régularité et une précision exemplaires, avec une efficacité demeurée intacte et avec une diligence louable.

L'imagination fertile que les représentants nationaux des croyants américains ont déployée de façon si frappante ces récents mois, prouvée par les mesures successives qu'ils ont adoptées, a été égalée par le soutien loyal, généreux et sans condition de ceux qu'ils représentent, qui leur a été accordé à chaque période critique et à chaque nouvelle étape dans la réalisation de leur tâches sacrées. Une interaction si intime, une cohésion si complète, une harmonie et une fraternité aussi persistantes entre les divers agents qui contribuent à la vie organique et constituent la structure fondamentale de chaque communauté bahá'íe fonctionnant convenablement, sont des phénomènes qui contrastent d'une façon frappante avec les tendances dissolvantes dont témoignent les éléments discordants de la société actuelle d'une façon si tragique. Chacune des crises successives dans le sort d'un âge décadent dévoile encore plus nettement que lors de la précédente les influences corrosives qui sont en train de saper rapidement la vitalité et de miner les bases de ses institutions déclinantes, tandis que chaque épreuve apparente que la sagesse insondable du Tout-Puissant juge nécessaire d'infliger à sa communauté élue ne sert qu'à démontrer à nouveau sa solidarité essentielle et à consolider ses forces internes.

Pour de telles preuves de l'intervention d'une providence toujours vigilante, ceux qui sont identifiés à la communauté du Plus Grand Nom doivent éprouver une reconnaissance éternelle. Ils ne peuvent que puiser un immense espoir et courage à la vue de chaque 'nouvelle preuve de sa bénédiction intarissable d'une part, et de ses épreuves d'autre part. Alertes à saisir chaque opportunité que les tournants de la route du destin leur offrent dans leur foi et sans crainte des perspectives de convulsions spasmodiques qui doivent tôt ou tard affliger fatalement tous ceux qui auront refusé d'embrasser sa lumière, ils doivent, de même que ceux qui travaillent après eux, se hâter jusqu'à ce que les processus aujourd'hui déclenchés aient épuisé les forces de chacun et aient contribué à l'éclosion de l'ordre qui s'agite maintenant dans le sein d'un âge en enfantement.

CRISES PÉRIODIQUES

Ces crises périodiques affligeant avec une fréquence sinistre et avec une force irrésistible une partie de plus en plus ample de la race humaine, doivent nécessairement continuer bien que passagèrement, à exercer, dans une certaine mesure, leur influence funeste sur une communauté mondiale qui a étendu ses ramifications jusqu'aux coins les plus reculés de la terre. Comment les prémices d'un bouleversement mondial peuvent-elles, déchaînant des forces qui troublent si gravement l'équilibre social, religieux, politique et économique des sociétés organisées, plongeant dans le chaos et la confusion des systèmes politiques, des doctrines raciales, des idéologies sociales, des normes culturelles, des communautés religieuses et des relations commerciales, - comment ces agitations peuvent-elles, à une échelle si inouïe, manquer de produire des répercussions sur les institutions de la foi d'un âge si tendre dont les enseignements ont une portée directe et vitale dans chacune de ces sphères de la vie et du comportement humain?

Il n'est pas étonnant, par conséquent, que ceux qui portent haut les bannières d'une foi si pénétrante, d'une cause lançant un tel défi, se trouvent eux-mêmes affectés par l'impact de ces forces bouleversant le monde entier. Il n'est pas étonnant qu'au centre d'un tourbillon de passions en lutte constante, ils trouvent que leur liberté a été atteinte, leurs principes méprisés, leurs institutions assaillies, leurs motifs diffamés, leur autorité compromise et leur prétention rejetée.

Au coeur du continent européen, une communauté qui, ainsi que 'Abdu'l-Bahá l'a prédit, est destinée en vertu de son potentiel spirituel et de sa situation géographique, à irradier la splendeur de la lumière de la foi sur les pays avoisinants, a été momentanément éclipsée par les restrictions qu'un régime, se méprenant gravement sur son but et sa fonction, a décidé de lui imposer. Sa voix, hélas, est maintenant réduite au silence, ses institutions dissoutes, sa littérature mise au ban, ses archives confisquées et ses réunions suspendues. En Asie centrale, dans la ville jouissant de l'unique distinction d'avoir été choisie par 'Abdu'l-Bahá comme site du premier Mashriqu'l-Adhkár du monde bahá'í, ainsi que dans les petites villes et villages de la province à laquelle elle appartient, la foi de Bahá'u'lláh, douloureusement affectée à la suite de l'unique et extraordinaire vitalité qu'elle a engendrée au cours de plusieurs décades, est livrée à la merci de forces qui, alarmées par son énergie croissante, s'acharnent maintenant à la réduire à une impuissance complète. Son temple', quoique toujours utilisé pour l'adoration bahá'íe, a été exproprié, ses assemblées et ses comités dissous, ses activités d'enseignement paralysées, ses principaux promoteurs déportés et une quantité considérable de ses adhérents les plus enthousiastes, hommes et femmes, emprisonnés.

Dans son pays d'origine, où résident l'immense majorité de ses adhérents - un pays dont la capitale a été acclamée par Bahá'u'lláh comme "la mère du monde" et "l'aurore de joie pour l'humanité" - des autorités civiles qui ne se sont officiellement, jusqu'alors, pas encore séparées des influences paralysantes d'un clergé arriéré, fanatique et outrageusement corrompu, poursuivent sans relâche leur campagne de répressions contre les adhérents d'une foi qu'elles ont tenté en vain de supprimer, pendant près d'un siècle. Les membres de cette communauté innocente et proscrite peuvent revendiquer à juste titre de compter parmi les plus désintéressés, les plus compétents et parmi les amants les plus ardents de leur pays natal, mais, dédaigneuses de leur sentiment élevé de citoyenneté mondiale que les défenseurs d'un nationalisme excessif et borné ne peuvent jamais espérer apprécier à sa juste valeur, de telles autorités refusent d'accorder à une foi qui étend sa juridiction spirituelle sur environ 600 communautés locales et dont le nombre des adhérents surpasse dans ce pays-là la foi tant chrétienne, ' juive que zoroastrienne, le droit nécessaire et légal de mettre en vigueur ses lois, de gérer ses affaires, de diriger ses écoles, de commémorer ses jours sacrés, de diffuser sa littérature, de solenniser ses rites, d'ériger ses édifices et de sauvegarder ses dotations.

Et maintenant, récemment, en Terre sainte même, coeur et centre nerveux d'une foi embrassant le monde entier, les flammes de l'animosité raciale, de la discorde fratricide, du terrorisme effronté, ont allumé une conflagration qui s'interpose sérieusement, d'une part, à l'afflux des pèlerins qui constituent le sang vital pour ce centre, et suspend d'autre part les divers projets amorcés en rapport avec la préservation et l'extension des domaines autour des sites sacrés qu'ils entourent. La sécurité de la petite communauté de croyants résidents, face à cette crue d'anarchie, a été mise en péril, son statut d'une communauté neutre et indépendante a été, indirectement, défié et sa liberté de pratiquer certaines de ses observances, tronquée. Une série d'assauts meurtriers, alternant avec des explosions de fanatisme amer, tant racial que religieux, impliquant les chefs aussi bien que les adhérents des trois Religions les plus importantes de ce pays désorienté, ont menacé parfois de couper toute communication normale tant à l'intérieur de ses frontières qu'avec le monde extérieur. Si périlleuse qu'ait été la situation, les lieux saints bahá'ís, objets d'adoration d'une foi englobant la terre entière, ont bénéficié, en dépit de leur nombre et de leur position vulnérable et bien qu'apparemment dépourvus de moyens de protection, d'une préservation quasi miraculeuse.

Déchiré par des passions contradictoires et se désintégrant dangereusement depuis l'intérieur, un monde se trouve confronté, à une époque ' ne si cruciale de son histoire, avec les augures de plus en plus prometteuses d'une foi à l'âge tendre, d'une foi qui semble par moments être compromise dans ces controverses, impliquée dans ces conflits, éclipsée par ces ombres qui s'épaississent, submergée par la marée montante de ces passions. Dans son coeur même, dans son berceau, au siège de son premier et vénérable temple, dans un de ses centres jusqu'à présent florissant et d'une grande puissance latente, la foi de Bahá'u'lláh encore asservie semble en effet avoir reculé devant la charge des forces déchaînées de violence et de désordre dont l'humanité tombe constamment victime. Les bastions d'une telle foi, semblent en apparence, l'un après l'autre, et jour après jour, être successivement isolés, assaillis et conquis. A mesure que les flambeaux de la liberté papillotent et s'éteignent, que, chaque jour, le vacarme de la discorde gronde plus sourdement, à mesure que les torches du fanatisme flambent, avec un acharnement accru dans le sein des hommes, et à mesure que la froideur de l'irréligion rampe implacablement sur l'âme de l'humanité, les membres et les organes qui constituent le corps de la foi de Bahá'u'lláh apparaissent, à des degrés divers, avoir été affectés par l'influence paralysante qui serre aujourd'hui dans son étreinte l'ensemble du monde civilisé.

Avec combien de clarté et de perspicacité les paroles suivantes de 'Abdu'l-Bahá se vérifient à l'heure actuelle: "Les ténèbres de l'erreur qui ont enveloppé l'Est et l'Ouest, sont occupées à livrer bataille, dans ce plus grand cycle, aux lumières de la direction divine. Ses glaives et ses lances sont extrêmement aiguisés et très pointus; son armée âprement acharnée et assoiffée de sang." "En ce jour," écrit-il dans un autre passage, "les facultés de tous les chefs religieux sont dirigées vers la dispersion de la congrégation du Tout-Miséricordieux et vers l'écroulement de l'édifice divin. Les armées du monde, tant matérielles, culturelles que politiques, lancent leur assaut de tous côtés, car la cause est grande, très grande. Sa grandeur est, en ce jour, claire et évidente aux yeux des hommes. "

1. Ce temple a été détruit en 1963 par un tremblement de terre. Il était situé à Ishquebad en Azerbaïdjan.

LA PRINCIPALE CITADELLE SUBSISTE

La principale citadelle qui subsiste, le bras puissant qui porte encore haut l'étendard d'une foi imprenable, n'est autre que la communauté bénie des adhérents du Plus Grand Nom dans le continent nord-américain. Par ses oeuvres, et par la protection infaillible qui lui est assurée

par une providence omnipotente, ce membre distingué du corps des communautés bahá'íes de l'Est et de l'Ouest à interaction constante s'annonce comme devant être considéré universellement comme le berceau et la forteresse de ce futur nouvel ordre mondial qui est en même temps la promesse et la gloire de la dispensation associée a u nom de Bahá'u'lláh.

Que celui qui est enclin à amoindrir l'unique importance accordée à cette communauté ou à douter du rôle qu'elle est appelée à jouer dans les jours à venir édite sur la portée des paroles pleinement significatives et hautement illuminantes énoncées par 'Abdu'l-Bahá et adressées à cette communauté au moment où les augures d'un monde gémissant sous le fardeau d'une guerre dévastatrice avaient atteint les bas-fonds. " Le continent américain, " écrit-il de manière si significative, " est, aux yeux du seul et vrai Dieu, le pays dans lequel les splendeurs de sa lumière seront révélées, où les mystères de sa foi se dévoileront, où les justes demeureront et où les hommes libres se rassembleront. " Déjà, la communauté des croyants du continent nord-américain, - à la fois force motrice et modèle des communautés futures que la foi de Bahá'u'lláh est destinée à ériger sur toute l'étendue de l'hémisphère occidental - a démontré, malgré les ténèbres prédominantes, sa capacité d'être reconnue comme le porte-flambeau de cette lumière, le dépositaire de ces mystères, le porte-parole de cette justice et le sanctuaire de cette liberté. A quelle autre lumière ces paroles citées ci-dessus peuvent-elles bien faire allusion, sinon à cette lumière de la gloire de l'âge d'or de la foi de Bahá'u'lláh? Quels mystères pouvaient avoir contemplés 'Abdu'l-Bahá hormis les mystères de l'ordre mondial évoluant maintenant dans le sein de son administration? Quelle justice, sinon la justice dont le règne ne peut s'établir qu'en cet âge et que par cet ordre? Quelle liberté hormis la liberté que la proclamation de sa souveraineté, dans la plénitude des temps, doit conférer?

La communauté des promoteurs organisés de la foi de Bahá'u'lláh sur le continent américain - descendants spirituels des briseurs d'aurore d'un âge héroïque, qui proclamèrent la naissance de cette foi par leur mort doit inaugurer à son tour, non par leur mort, mais par le sacrifice vivant, cet ordre mondial promis qui est la coquille ordonnée pour enchâsser ce joyau inestimable: la civilisation mondiale dont la foi est seule génératrice. Pendant que ses communautés soeurs se plient sous les vents tempétueux qui déferlent sur elles de tous les côtés, cette communauté, préservée par les décrets immuables de l'omnipotent Ordonnateur et puisant un soutien continuel dans le mandat dont les tablettes du plan divin l'ont investie, est maintenant intensément engagée à poser les fondations et à promouvoir le développement de ses institutions qui annonceront l'approche de l'âge destiné à être le témoin de la naissance et de l'épanouissement de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh.

Une communauté de force numérique relativement négligeable, séparée par de vastes distances à la fois du centre focal de sa foi et du pays où résident le plus grand nombre de ses amis croyants, démunie de ressources matérielles et dépourvue d'expérience et de gens éminents, ignorant les croyances, les concepts et les coutumes de ces peuples et de ces races dont sont issus ses fondateurs spirituels, absolument étrangère aux langues dans lesquelles les livres sacrés ont été révélés à l'origine, contrainte de placer sa seule confiance dans une traduction inadéquate d'une partie fragmentaire de la littérature présentant ses lois, ses principes et son histoire, sujette, dès son enfance, à des épreuves d'une extrême sévérité et impliquant parfois la défection de quelques-uns de ses membres les plus éminents, ayant à lutter dès ses débuts et dans une mesure toujours croissante contre les forces de corruption, de laxité morale et de préjugés enracinés, - une telle communauté a transmis en moins d'un demi-siècle, sans l'aide d'aucune de ses communautés soeurs soit de l'Est ou de l'Ouest, et en vertu d'une puissance céleste dont un Maître enflammé d'amour l'a douée, une telle impulsion à la marche en avant de la cause qu'elle a embrassée, que les accomplissements conjoints de ses coreligionnaires dans l'Ouest n'ont pu l'égaler.

Quelle autre communauté, peut-on se demander avec assurance, a été l'instrument pour concrétiser le modèle et pour communiquer l'impulsion originale à ces institutions administratives qui constituent l'avant-garde de Bahá'u'lláh? Quelle autre coin de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh? Quel autre communauté a été capable de trouver avec une telle stabilité les ressources, la discipline, la détermination de fer, le zèle et la persévérance, la dévotion et la structure grâce à laquelle ces institutions naissantes peuvent seulement se multiplier et mûrir? Quelle autre communauté a fait la preuve d'être embrasée par une vision si noble ou de vouloir s'élever à de telles hauteurs d'abnégation ou d'être prête à atteindre un si haut niveau de solidarité pour être en mesure d'ériger en si peu de temps et pendant des années si cruciales un édifice qui mérite bien d'être considéré comme la plus grande contribution de l'Occident jamais faite à la cause de Bahá'u'lláh? Quelle autre communauté peut, à juste titre, prétendre être parvenue, par les efforts isolés de l'un de ses humbles membres, à assurer l'allégeance spontanée de la Royauté à sa cause et à gagner à ses vérités de si merveilleux témoignages écrits? Quelle autre communauté a montré la prévoyance, l'habilité organisatrice, le zèle enthousiaste qui ont été responsables de l'établissement et de la multiplication, à travers son territoire, de ces toutes premières écoles qui, avec l'écoulement du temps, évolueront d'une part en centres puissants d'instruction bahá'íe, et prépareront d'autre part un terrain fertile de recrutement pour enrichir et consolider son cor d'enseignants? Quelle autre communauté a produit des pionniers réunissant à un tel degré les qualités essentielles d'audace, de consécration, de ténacité, d'abnégation et de dévotion prodigue qui les ont incités à abandonner leurs foyers, à renoncer à tout, à se disperser sur toute la surface du globe, à hisser, dans les recoins les plus éloignés, la bannière triomphante de Bahá'u'lláh? Qui autres que les membres de cette communauté ont acquis la distinction éternelle d'être les premiers à faire retentir l'appel de Yá-Bahá'u'l-Abhá dans des centres et territoires aussi hautement importants et aussi éparpillés que le coeur des empires britannique et français, l'Allemagne, l'Extrême Orient, les Balkans, les pays scandinaves, l'Amérique latine, les îles du Pacifique, l'Afrique du Sud, l'Australie et la Nouvelle Zélande, et maintenant plus récemment encore les Etats baltiques? Qui d'autre sinon ces mêmes pionniers se sont montrés prêts à endosser le travail, à exercer la patience, à trouver les fonds requis à la traduction et à la publication, en pas moins de quarante langues, de leur littérature sacrée dont la diffusion constitue une condition préliminaire et essentielle à n'importe quelle campagne d'enseignement efficacement organisée? Quelle autre communauté peut revendiquer d'avoir eu une part décisive aux efforts exercés sur tout le globe pour la sauvegarde et l'extension du voisinage immédiat de ses lieux sacrés, ainsi qu'à l'acquisition préliminaire des futurs sites de ses institutions internationales en son centre mondial? Quelle autre communauté peut, à son éternel mérite, prétendre avoir été la première à concevoir ses constitutions nationales et locales, fixant ainsi les lignes fondamentales des chartes jumelles destinées à régler les activités, définir les fonctions, sauvegarder les droits de ses institutions? Quelle autre communauté peut se vanter d'avoir acquis simultanément et assuré légalement la base de ses dotations nationales, frayant ainsi le chemin à une action similaire de la part de ses communautés locales? Quelle autre communauté a atteint la distinction suprême d'avoir obtenu, longtemps avant même que toute communauté soeur ait envisagé une telle possibilité, les documents nécessaires à assurer la reconnaissance, par les autorités fédérales et régionales, de ses assemblées spirituelles et de ses dotations nationales? Et, finale ment, quelle autre communauté a eu le privilège et s'est vu accorder les moyens de secourir les nécessiteux de défendre la cause des opprimés et d'intervenir si énergiquement en faveur de la sauvegarde des édifices et des institutions bahá'íes dans des pays tels que l'Irán, l'Égypte, l'Iráq, la Russie et l'Allemagne, où, à diverses époques ses croyants frères ont dû souffrir des rigueurs de la persécution à la fois religieuse et raciale? Des annales de service aussi inégalables et aussi brillantes, s'étendant sur une période de presque vingt ans et enchevêtrées si étroitement dans les intérêts de la destinée d'une si large partie de la communauté bahá'íe mondiale, méritent de se situer parmi les chapitres mémorables de l'histoire de la période formative de la foi de Bahá'u'lláh. Renforcées et enrichies, comme elles le sont déjà, par le souvenir des réalisations des premiers croyants américains, de telles annales sont en soi un témoignage convainquant de la capacité des communautés américaines d'endosser convenablement les responsabilités que n'importe quelle mission pourrait leur imposer à l'avenir. Il serait quasiment impossible de surestimer la signification de ces multiples services, les apprécier à leur juste valeur et s'étendre sur leurs mérites et conséquences immédiates est une tâche dont seul un futur historien bahá'í peut s'acquitter convenablement. Je ne peux, à cet instant, que consigner par écrit ma profonde conviction qu'une communauté capable de montrer de tels actes, de manifester un tel esprit, de s'élever vers de telles hauteurs, ne peut qu'être déjà dotée d'un potentiel qui la rendra capable de revendiquer, dans la plénitude des temps, son droit d'être acclamée comme la créatrice principale et le champion de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh.

Aussi merveilleuses qu'aient été ces annales et certes autant qu'elles rappellent, à certains égards, les exploits par lesquels les briseurs d'aurore d'un âge héroïque ont proclamé la naissance de la foi elle-même, la tâche associée au nom de cette communauté privilégiée, loin d'avoir atteint son apogée, ne fait que commencer à se dévoiler. Ce que les croyants américains ont réalisé, en l'espace d'environ cinquante ans, est infime comparé à ,la grandeur des tâches qui les attendent. Le grondement de ce bouleversement catastrophique qui va proclamer, en une et même phase, les affres de la mort de l'ancien et les douleurs d'enfantement du nouvel ordre, indique aussi bien l'a proche sûre que le caractère terrifiant de ces tâches-là.

UNE CROISADE D'UNE ENVERGURE ENCORE PLUS GRANDIOSE

L'établissement réel de l'ordre administratif de leur foi, l'érection de sa trame, le façonnage de ses instruments et la consolidation de ses institutions subsidiaires furent la première tâche confiée à leurs soins en tant que communauté organisée appelée à l'existence par le testament et sur les instructions de 'Abdu'l-Bahá. Ils se sont acquittés de cette tâche avec une promptitude, une fidélité et une vigueur admirables. A peine avaient-ils créé et établi la corrélation entre les divers organismes nécessaires à la conduite efficace de n'importe quelle ligne d'action dont ils désireraient prendre l'initiative par la suite qu'ils se tournèrent, avec un zèle et une consécration semblables vers la prochaine tâche plus ardue, d'ériger la superstructure d'un édifice dont 'Abdu'l-Bahá avait lui-même posé la pierre angulaire. Et quand cette prouesse fut accomplie, cette communauté-là, sensible aux appels passionnés, aux exhortations et aux promesses écrites dans les tablettes du plan divin, résolut d'entreprendre encore une autre tâche qui, par son envergure et son potentiel spirituel va certainement éclipser les oeuvres déjà accomplies. Avec un enthousiasme inextinguible et un courage intrépide, ils lancèrent le plan de sept ans comme étape initiale et pratique vers l'accomplissement de la mission prescrite dans ces tablettes faisant époque et ils entamèrent avec un esprit de consécration renouvelée leur double tâche dont la consommation, - c'est là notre espoir - concordera avec la commémoration du centenaire de la naissance de la foi de Bahá'u'lláh. Conscients que tout progrès réalisé dans l'ornementation extérieure de leur édifice majestueux aurait un impact immédiat sur le progrès de leur campagne d'enseignement commencée par eux tant sur le continent nord- que sud-américain et réalisant que chaque victoire obtenue dans le domaine de l'enseignement faciliterait à son tour le travail et hâterait la finition de leur temple, ils brûlent maintenant les étapes avec courage et foi, dans leurs efforts de s'acquitter de leurs obligations dans le cadre en ses deux phases, du plan à l'exécution duquel ils se sont dédiés.

Cependant, qu'ils ne s'imaginent pas que l'exécution du plan de sept ans, coïncidant certes avec le terme du premier siècle de l'ère bahá'íe, signifie soit le terme, soit même l'interruption du travail que la main infaillible du Tout-Puissant est en train de les guider à accomplir. L'ouverture du second siècle de l'ère bahá'íe doit nécessairement dévoiler des perspectives plus grandioses, introduire d'autres étapes, et témoigner de la mise en route de plans d'une plus grande portée encore que tous ceux déjà conçus. Le plan vers lequel convergent l'attention, les aspirations et les ressources de la communauté entière des croyants américains devrait être considéré comme un simple début, comme une épreuve de force, comme la première marche vers une croisade d'une envergure plus grandiose encore, si les devoirs et les responsabilités dont l'Auteur du plan divin les a investis doivent être entièrement et honorablement accomplis.

Car la consommation du plan actuel ne peut aboutir à rien de plus que la formation d'au moins un centre dans chacune des républiques de l'hémisphère de l'Ouest, tandis que les tâches prescrites dans ces tablettes exigent une diffusion plus vaste et impliquent la dispersion d'un nombre beaucoup plus grand et plus représentatif des membres de la communauté bahá'íe nord-américaine sur toute la surface du Nouveau Monde. C'est, par conséquent, l'indubitable mission des croyants américains de continuer au second siècle l'oeuvre glorieuse commencée dans les toutes dernières années du premier. Mais, jusqu'à ce qu'ils aient joué leur rôle de direction dans les activités de ces centres isolés et récemment constitués et que ces derniers développent à leur tour leurs capacités pour créer des institutions, tant locales que nationales, façonnées d'après les leurs, ils ne pourront se contenter de s'être acquittés de leurs obligations immédiates dans le plan de 'Abdu'l-Bahá, divinement révélé.

L'on ne devrait pas supposer, même un instant, que l'exécution d'une tâche qui vise à multiplier les centres bahá'ís et à fournir l'assistance et les directives nécessaires à l'établissement de l'ordre administratif de la foi bahá'íe dans les pays de l'Amérique latine, réalise dans sa totalité le projet évoqué pour eux par 'Abdu'l-Bahá.

L'étude, même superficielle, de ces tablettes incorporant son plan révélera instantanément un champ d'action qui s'étend bien au-delà des confins de l'hémisphère occidental. Après qu'ils se soient acquittés, en fait, de leurs tâches et de leurs responsabilités interaméricaines, leur mission intercontinentale entre dans sa phase la plus glorieuse et décisive. "Dès l'instant que ce message divin," a écrit 'Abdu'l-Bahá lui-même, "est promu par les croyants américains depuis les côtes de l'Amérique et est propagé à travers l'Europe, l'Asie, l'Afrique et l'Australasie et aussi loin que les îles du Pacifique, cette communauté en effet sera sûrement établie sur le trône d'un règne éternel. "

Et qui sait si, quand cette tâche colossale aura été accomplie, une mission plus grande, plus superbe encore' incomparable dans sa splendeur et pré ordonnée pour eux par Bahá'u'lláh, ne leur sera pas imposée? Les gloires d une telle mission sont d'une splendeur si éblouissante, les circonstances qui l'entourent si reculées et les événements contemporains à l'apogée desquels elle est si intimement liée dans un tel état d'instabilité qu'il serait prématuré d'essayer, à l'heure actuelle, d'en délimiter avec précision les traits caractéristiques. Qu'il suffise de dire que des remous et des tribulations de ces "derniers temps" des occasions inconcevables naîtront et des circonstances imprévisibles seront créées qui rendront aptes, plus encore, inciteront les exécuteurs victorieux du plan de 'Abdu'l-Bahá à ajouter à travers le rôle qu'ils joueront dans le déroulement du nouvel ordre mondial, de nouveaux lauriers à la couronne de leurs services au seuil de Bahá'u'lláh.

LES POSSIBILITÉS DE L'AVENIR

L'on ne devrait laisser inaperçue ou manquer aucune des multiples occasions d'un genre totalement différent; occasions que l'évolution de la foi elle-même, soit à son centre mondial, soit sur le continent nord-américain ou même dans les régions les plus reculées de la terre, va nécessairement créer tout en faisant appel une fois de plus aux croyants américains à jouer un rôle non moins marquant que leur participation préalable par leurs contributions collectives à la propagation de la cause de Bahá'u'lláh. Je ne peux que citer, pour l'instant et au hasard, certaines de ces occasions éminemment remarquables dans un essai quelconque d'examiner les possibilités du futur: L'élection de la Maison Internationale de Justice et son établissement en Terre sainte, le centre spirituel et administratif du monde bahá'í, de même que la formation de ses branches auxiliaires et de ses institutions subsidiaires; l'érection progressive des diverses dépendances, du premier Mashriqu'l-Adhkár de l'Ouest et les initiatives compliquées impliquant l'établissement et l'extension des structures de base de la vie communautaire bahá'íe; la codification et la promulgation des ordonnances du Très Saint Livre, nécessitant la formation, dans certains pays de l'Est, de tribunaux de loi bahá'íe correctement constitués et officiellement reconnus; la construction du troisième Mashriqu'l-Adhkár du monde bahá'í dans les alentours de la cité de Téhéran, suivie de l'érection d'une maison d'adoration semblable, en Terre sainte même; la délivrance des communautés bahá'íes des entraves de l'orthodoxie religieuse dans les pays islamiques tels la Perse, l'Iráq et l'Égypte et la reconnaissance consécutive par les autorités civiles de ces Etats-là, du statut indépendant et du caractère religieux des Assemblées nationales et locales bahá'íes; les mesures préventives qui devront être projetées, coordonnées et exécutées afin de parer à l'impact des attaques inévitables que les efforts concertés des organisations ecclésiastiques de dénominations diverses vont lancer successivement et poursuivre inexorablement; et puis, mais non en dernier lieu, la multitude d'événements auxquels on doit faire face, les obstacles qui doivent être surmontés et les responsabilités assumées afin de rendre une foi douloureusement éprouvée capable de passer par les étapes successives de l'obscurité non mitigée, de la répression active et enfin de l'émancipation complète qui mènera, elle, à son tour, à sa reconnaissance en tant que foi indépendante jouissant du statut d'égalité complète avec ses religions soeurs, ce qui entraînera son établissement et sa reconnaissance comme religion d'État qui, à son tour, ouvrira la voie pour assumer les droits et prérogatives associés à 15 État bahá'í, fonctionnant dans la plénitude de ses pouvoirs, un stade qui en fin de compte atteindra son apogée dans l'apparition d'un commonwealth mondial bahá'í entièrement animé de l'esprit et procédant uniquement en conformité directe avec les lois et les principes de Bahá'u'lláh.

Je suis confiant que le défi offert par ces circonstances sera relevé sans hésitations par les croyants américains, qui en plus de leur réponse à l'appel d'enseigner lancé par 'Abdu'l-Bahá dans ses tablettes, réagiront avec audace, ténacité et avec leur efficacité traditionnelle, et confirmeront ainsi, devant le monde entier, leur, titre et leur rang de bâtisseurs champions des institutions les plus puissantes de la foi de Bahá'u'lláh.

SON INÉPUISABLE LUMIÈRE

Amis chèrement aimés! Bien que la tâche soit longue et ardue, la récompense que le Donateur munificent a choisi cependant de vous conférer est à tel point précieuse que ni la langue ni la plume ne peuvent convenablement l'apprécier. Bien que le but que vous vous efforcez d'atteindre avec tant d'acharnement soit éloigné et encore voilé aux yeux des hommes, sa promesse, néanmoins, est fermement enchâssée dans les affirmations inaltérables de Bahá'u'lláh. Bien que le parcours qu'il vous a tracé semble, à certains instants, perdu sous les ombres menaçantes par lesquelles une humanité accablée est maintenant enveloppée, néanmoins, l'inépuisable lumière qu'il a fait continuellement briller sur vous est d'une telle intensité qu'aucune obscurité terrestre ne peut jamais éclipser sa splendeur. Bien que vous soyez peu nombreux et que vous soyez encore limités en expérience, forces et ressources, néanmoins la force qui galvanise votre mission est illimitée dans sa portée et incalculable dans sa puissance. Bien que chaque accélération dans le progrès de votre mission doive nécessairement dresser contre vous des ennemis féroces, nombreux et impitoyables, néanmoins le Concours invisible qui, si vous persévérez, doit se précipiter comme promis à votre secours, vous rendra capables enfin de vaincre leurs espoirs et d'anéantir leurs forces. Bien que les bénédictions ultimes qui doivent couronner la consommation de votre mission soient certaines et que les promesses divines qui 'Vous ont été données soient fermes et irrévocables, néanmoins la mesure des larges récompenses que chacun de vous cueillera doit dépendre du degré par lequel vos efforts journaliers auront contribué à l'expansion de cette mission et hâteront son triomphe.

Amis chèrement aimés! Aussi grands que soient mon amour et mon admiration pour vous, convaincu comme je suis de la part insigne que vous pouvez et que vous allez avoir, sans aucun doute, tant dans les sphères continentales qu'internationales des futures activités et services bahá'ís, je sens néanmoins qu'il m'incombe d'énoncer, dans cette conjoncture, une parole d'avertissement. Les hommages ardents rendus si souvent et à bon droit à la capacité, à l'esprit, à la conduite et au rang élevé des croyants américains, tant individuellement que comme une communauté organique, ne doivent, en aucune circonstance, être confondus avec les caractéristiques et la nature du peuple dont Dieu les a engendrés. Une nette distinction entre la communauté et le peuple doit être faite, maintenue résolument et sans crainte, si nous souhaitons attribuer le juste mérite à la puissance transformatrice de la foi de Bahá'u'lláh, par son impact sur la vie et les normes de ceux qui ont choisi de s'enrôler sous son drapeau. Autrement, la fonction suprême et distinctive de sa révélation, qui n'est autre que d'appeler à l'existence une nouvelle race d'hommes, restera totalement méconnue et complètement obscurcie.

LA FONCTION SUPRÊME DE SA RÉVÉLATION

Combien souvent les prophètes de Dieu, y compris Bahá'u'lláh lui-même, ont-ils choisi d'apparaître et de délivrer leur message dans des pays et parmi des peuples et des races, à une époque où ils étaient soit en train de péricliter rapidement, soit qu'ils avaient déjà atteint les bas-fonds de la dégradation morale et spirituelle. La misère et la déchéance épouvantables dans lesquelles les Israélites avaient sombré, sous la férule dégradante et tyrannique des pharaons, dans les jours précédant l'exode de l'Égypte, sous la direction de Moïse, le déclin qui s'était amorcé dans la vie religieuse, spirituelle, culturelle et morale du peuple juif, à l'époque de l'apparition de Jésus-Christ; la cruauté barbare l'idolâtrie et l'immoralité profondes qui avaient été pendant longtemps les traits les plus désolants des tribus de l'Arabie et les avaient couvertes de tant de honte lorsque Muhammad s'est levé parmi eux pour proclamer son message; l'état indescriptible de décadence avec sa suite de corruption, de confusion, d'intolérance et d'oppression, tant dans la vie civile que religieuse de la Perse, décrits de manière si pittoresque par la plume d'un nombre considérable d'érudits, de diplomates et de voyageurs, à l'heure de la révélation de Bahá'u'lláh, tout ceci démontre ce fait de base inéluctable. De prétendre que le mérite inné, la haute moralité, l'aptitude politique et les réalisations sociales de n'importe quelle race ou nation sont la raison de l'apparition parmi eux de l'une de ces lumières divines serait une perversion absolue des faits historiques et équivaudrait à la répudiation complète de l'interprétation indiscutable que leur ont conférée si clairement et avec tant d'autorité Bahá'u'lláh et 'Abdu'l-Bahá.

Combien grand, alors, doit être le défi lancé à ceux appartenant à de telles races et nations ayant répondu à l'appel que ces prophètes ont lancé, à reconnaître sans réserves et à témoigner courageusement de cette vérité indubitable, non en vertu d'une supériorité raciale quelconque, d'une capacité politique ou d'une vertu, spirituelle qu'une race ou une nation pourrait posséder, mais plutôt par une conséquence directe de ses besoins aigus, de sa dégénérescence lamentable et de sa perversité irrémédiable, le prophète de Dieu a choisi d'apparaître parmi eux, et en l'utilisant comme un levier, il a soulevé la race humaine entière à un niveau de vie et de conduite plus élevé et plus noble. Car, c'est précisément dans des circonstances analogues et par de tels moyens que les prophètes, depuis les temps immémoriaux, ont choisi et ont été à même de démontrer leur pouvoir rédempteur d'élever des profondeurs de la dégradation et de la misère les gens de leur propre race et nation, les investissant du pouvoir de transmettre à leur tour à d'autres races et à d'autres nations la grâce rédemptrice et l'influence stimulante de leur révélation.

A la lumière de ce principe fondamental, on devrait toujours garder à l'esprit et on ne peut trop le souligner, que la raison primaire pour laquelle le Báb et Bahá'u'lláh ont voulu apparaître en Iran et en faire le premier pays dépositaire de leur révélation, était que, de tous les peuples et de toutes les nations du monde civilisé, cette race et cette nation avaient, ainsi que 'Abdu'l-Bahá l'a si souvent dépeint, sombré dans de tels gouffres ignominieux et manifesté une si grande perversité qu'on n'en trouve aucun parallèle parmi ses contemporains. Car aucune preuve plus convaincante n'aurait pu être alléguée pour démontrer l'esprit régénérateur animant les révélations proclamées par le Báb et Bahá'u'lláh que leur pouvoir de transformer ce qui peut en vérité être considéré comme l'un des peuples les plus arriérés, les plus lâches et les plus pervers, en une race de héros, capable d'effectuer à son tour une révolution semblable dans la vie du genre humain. D'être apparu parmi une race ou une nation qui, par sa valeur intrinsèque ou ses réalisations sublimes semblait justifier le privilège inestimable d'avoir été fait le réceptacle d'une telle révélation aurait, aux yeux d'un monde mécréant, hautement réduit l'efficacité de ce message et amoindri sa puissance omnipotente se suffisant à- elle-même. Le contraste présenté de façon si frappante dans les pages du récit de Nabil entre l'héroïsme qui immortalise la vie et les actes sublimes des "Briseurs d'Aurore" et la dégénérescence et la lâcheté de leurs diffamateurs et persécuteurs, est un témoignage en soi très impressionnant de la vérité du message de celui qui avait insufflé un tel esprit dans le sein de ses disciples. Il serait insoutenable pour n'importe quel croyant de cette race de prétendre que le mérite de son Pays et la noblesse innée de son peuple constitueraient les raisons fondamentales pour lesquelles il avait été choisi d'entre les autres comme le réceptacle premier des révélations du Báb et de Bahá'u'lláh, face aux évidences écrasantes fournies de façon si convaincante par ce récit.

A un degré moindre, ce principe doit s'appliquer nécessairement au pays qui a revendiqué son droit d'être considéré comme le berceau de l'ordre mondial de Bahá'u'lláh. Une si haute fonction, un si noble rôle ne peuvent être considérés comme non moins inférieur, à la part jouée par ces âmes immortelles qui, par leur renonciation sublime et leurs actes inégalés, ont été responsables de la naissance de la foi elle-même. Que ceux, donc, qui doivent prendre une part si prédominante pour faire naître cette civilisation mondiale, résultat direct de leur foi, ne s'imaginent pas, ne fût-ce qu'un instant, qu'à cause d'une intention mystérieuse ou en vertu d'une qualité inhérente ou d'un mérite spécial, Bahá'u'lláh ait voulu conférer une distinction si grande et si durable à leur pays et à leur peuple. C'est précisément en raison des maux patents que, malgré ses autres caractéristiques et réalisations élevées, de l'aveu général, un matérialisme excessif et coercitif y a malheureusement été engendré que l'auteur de leur foi et le centre de son covenant l'ont choisi pour devenir le porte-étendard du nouvel ordre mondial envisagé dans leurs écrits. C'est par de pareils moyens que Bahá'u'lláh peut le mieux démontrer, à une génération insouciante, son pouvoir omnipotent de faire surgir du milieu d'un peuple immergé dans un océan de matérialisme, victime d'une des formes les plus virulentes et enracinées de préjugé racial et notoire par sa corruption politique, son illégalité et le relâchement de ses normes morales, des hommes et des femmes qui, avec l'écoulement du temps, personnifieront de plus en plus ces qualités essentielles de renonciation de soi, de rectitude morale, de chasteté, d'amitié sans distinction, de sainte discipline et de lucidité spirituelle qui les prépareront à la part prépondérante qu'ils auront pour engendrer cet ordre mondial et cette civilisation mondiale dont leur pays, autant que la race humaine entière, éprouve un besoin désespéré. Ils auront le devoir et le privilège, en leur qualité d'abord de fondateurs d'un des piliers les plus puissants soutenant l'édifice de la Maison Universelle de Justice et puis en leur qualité de bâtisseurs champions de ce nouvel ordre mondial dont cette Maison sera le noyau et le précurseur, d'inculquer, de démontrer et d'appliquer ces principes jumeaux et gravement nécessaires de la justice divine et de l'ordre - principes auxquels la corruption politique et la licence morale,,,' souillant toujours plus la société à laquelle ils appartient,, _ offrent un contraste si triste et si frappant.

Des observations telles que celles-là, bien que déplaisantes et déprimantes, ne devraient pas, au moindre degré, nous aveugler à ces vertus et ces qualités de haute intelligence, de ' jeunesse, d'initiative sans bornes et de hardiesse que la nation tout entière démontre si remarquablement et qui se reflètent de plus en plus dans la communauté des croyants qui s'y trouvent. De ces vertus et qualités, et tout autant de l'élimination des maux déjà cités, doit dépendre, à un très haut degré, l'aptitude de la communauté à poser des fondements solides au rôle futur de leur pays à préparer l'entrée de l'âge d'or de la cause de Bahá'u'lláh.

UNE RESPONSABILITÉ D'UNE GRANDEUR STUPÉFIANTE

Combien grande, par conséquent, combien stupéfiante est la responsabilité qui doit peser sur la génération présente des croyants américains à ce premier stade de leur évolution spirituelle et administrative, d'extirper, par tous les moyens en leur pouvoir, ces tendances, ces habitudes et ces défauts qu'ils ont hérités de leur propre nation et de cultiver patiemment et dévotement ces qualités distinctives et caractéristiques indispensables à leur participation efficace au grand travail rédempteur de leur foi. Incapables jusque-là, vu les dimensions restreintes de leur communauté et l'influence limitée qu'elle exerce, de produire quelque effet marquant sur la grande masse de leurs concitoyens, qu'ils concentrent, à présent, avant tout, leur attention sur eux-mêmes, sur leurs propres besoins individuels, leurs propres déficiences et faiblesses personnelles, ayant toujours présent à l'esprit que toute intensification des efforts de leur part les équipera mieux pour les, temps où, à leur tour, ils seront appelés à déraciner ces tendances néfastes de la vie et des coeurs du corps entier de leurs concitoyens. En tant qu'avant-garde des générations bahá'íes futures de leurs concitoyens, ils ne doivent pas non plus négliger le fait que l'ordre mondial dont ils s'efforcent maintenant d'établir les bases ne peut jamais s'ériger sans la condition et jusqu'à ce que la plus grande part du peuple auquel ils appartiennent ait déjà été purgé des divers maux tant sociaux que politiques qui l'affligent si grièvement à présent.

Passant en revue dans leur ensemble les besoins les plus urgents de cette communauté, tâchant d'évaluer les déficiences les plus graves dont elle est handicapes dans l'accomplissement de sa mission et portant sans cesse l'attention sur la nature de cette mission encore plus grande à laquelle elle sera obligée de s'attaquer à l'avenir, je me sens le devoir d'insister spécialement et d'attirer l'attention particulière et urgente du corps entier des croyants américains, jeunes ou âgés, blancs ou de couleur, enseignants ou administrateurs, anciens ou nouveaux, sur ce que je crois fermement être les conditions essentielles requises pour le succès des tâches qui demandent maintenant toute leur attention. Si grande que soit l'importance de façonner les instruments extérieurs et de perfectionner les agents administratifs qu'ils peuvent utiliser pour poursuivre leur double tâche dans le plan de sept ans; aussi vitaux et urgents que soient les plans d'action qu'ils mettent en marche, les arrangements et les projets qu'ils inventent, les fonds qu'ils collectent pour la conduite efficace de l'enseignement et pour le travail du temple, les facteurs spirituels, impondérables, liés étroitement à leurs vies individuelles et intérieures et auxquels sont associées leurs relations humaines et sociales, ne sont pas moins urgents et vitaux et nécessitent un contrôle constant et minutieux, une critique de soi et un sondage du coeur constants de leur part, afin que leur valeur ne soit pas diminuée ou leurs besoins vitaux ne soient pas obscurcis ou oubliés.

LES CONDITIONS SPIRITUELLES REQUISES

Parmi les conditions spirituelles requises et préalables qui constituent les assises sur lesquelles la sécurité des plans d'enseignement, des projets concernant le temple, et des plans financiers, doit en fin de coin te se baser, les conditions suivantes sont prédominantes et vitales, et les membres de la communauté bahá'íe américaine feraient bien de les méditer. Selon le degré d'accomplissement de ces conditions de base et la manière dont les croyants américains les réaliseront dans leurs vies individuelles, dans leurs activités administratives, dans leurs rapports sociaux, dépendra la mesure des bénédictions multiples que le Possesseur munificent peut garantir à eux tous. Ces conditions requises ne sont autres qu'un sens élevé de droiture morale dans leurs activité sociales et administratives, la chasteté absolue dans leurs vies individuelles et la liberté complète de préjugés dans leurs rapports avec les gens de différentes races, classes, dénominations ou couleurs.

La première est particulièrement destinée, bien que non exclusivement, à leurs représentants, soit locaux, régionaux, ou nationaux qui, en leur qualité de garants et de membres des institutions naissantes de la foi de Bahá'u'lláh, endossent la responsabilité principale de poser les fondations indestructibles de la Maison Universelle de Justice qui, comme son titre l'indique sera l'exécutant et le dépositaire de la justice divine qui, seule, peut assurer la sécurité et établir le règne de la loi et de l'ordre dans un monde singulièrement désorganisé. La seconde concerne principalement et directement la jeunesse bahá'íe qui peut contribuer de manière décisive à la virilité, à la pureté et à la force promotrice de la vie de la communauté bahá'íe, et de laquelle doit dépendre l'orientation future de sa destinée et le déploiement complet du potentiel dont Dieu l'a dotée. La troisième concerne de façon immédiate, universelle et principale chacun des membres de la communauté bahá'íe, de n'importe quels rang, expérience, classe ou couleur, car tous, sans aucune exception, doivent faire face au défi de ses implications et personne ne pourrait prétendre, si vaste que soit son progrès dans cette voie, s'être acquitté entièrement des sévères responsabilités qu'elle impose.

La droiture dans le comportement, le sens constant de la justice incorruptible, non obscurci par les influences démoralisantes qu'une vie politique, infestée de corruption, manifeste de façon si frappante; une vie chaste, pure et sainte, sans la souillure et sans les voiles des indécences, des vices et des fausses normes qu'un code moral aux déficiences inhérentes tolère, perpétue et favorise; une fraternité libérée de l'excroissance cancéreuse du préjugé racial qui ronge les organes vitaux d'une société déjà débilitée _ voilà les idéaux que les croyants américains doivent, dès à présent, s'efforcer de promouvoir individuellement et par leur action concertée, tant dans leur vie privée que dans leur vie publique; idéaux qui sont les principales forces motrices pouvant accélérer le plus efficacement la marche en avant de leurs institutions, de leurs plans et de leurs projets, qui peuvent sauvegarder l'honneur et l'intégrité de leur foi et vaincre tout obstacle auquel ils se heurteront à l'avenir.

Cette rectitude de conduite avec ses implications de justice, d'équité, de véracité, d'honnêteté, d'impartialité, de loyauté et d'exactitude doivent distinguer chaque phase de la vie de la communauté bahá'íe. "Les compagnons de Dieu," a déclaré Bahá'u'lláh lui-même, "sont, en ce jour, le levain qui doit faire lever les peuples du monde. Ils doivent montrer une telle noyaute, une telle sincérité et une telle persévérance, des actes et un caractère tels que toute l'humanité bénéficiera de leur exemple. " "Je jure par Celui qui est le Plus Grand Océan!" réaffirme-t-il, "dans le souffle de telles âmes, pures et sanctifiées, se cache un potentiel de grande portée. Si grands sont ces potentiels qu'ils exercent leur influence sur toutes choses créées." "Celui-là est le véritable serviteur de Dieu qui en ce jour," a-t-il écrit dans un autre passage, "s'il devait passer par des cités d'argent et d'or, ne daignerait jeter son regard sur eux, et dont le coeur resterait pur et sans souillure de quoi que ce soit qui puisse être vu dans ce monde, que ce soient ses biens ou ses trésors. Je jure par le Soleil de Vérité! Le souffle d'un tel homme est doté de .force et ses paroles d'attraction. " "Par Celui qui brille au-dessus de l'aube. de sainteté" a-t-il encore révélé avec plus d'autorité, "si toute la terre était transmuée en argent et en or, aucun homme qui puisse prétendre être véritablement monté au ciel de la foi et de la certitude ne daignerait la regarder, beaucoup moins encore s'en emparer et la garder... Ceux qui demeurent dans le tabernacle de Dieu et qui se sont établis sur les sièges de la gloire éternelle, refuseront, même s'ils meurent de faim, de tendre leurs mains et de s'emparer illicitement du bien de leur voisin, si vil et sans mérite qu'il soit. Le dessein du seul vrai Dieu en se manifestant est d'appeler toute l'humanité à la véracité et à la sincérité, à la dévotion et à la loyauté, à la résignation et à la soumission à la volonté de Dieu, à l'indulgence et à la bienveillance, à l'intégrité et à la sagesse. Son objet est d'envelopper chaque homme de la parure d'un caractère saint et de le parer de l'ornement de belles et saintes actions" "Nous avons prévenu tous les aimés de Dieu.-" insiste-t-il, "d'être attentifs à ce que l'ourlet de notre vêtement sacré ne se souille pas de la boue des actions illicites ou ne se ternisse de la poussière d'une conduite répréhensible. " "Adhérez à la droiture, ô peuple de Bahá, " les exhorte-t-il ainsi, "tel est véritablement le commandement que cet être opprimé vous a donné, et la ' primauté de sa volonté incoercible pour chacun de vous." " Un bon caractère, "explique-t-il, "est en vérité la meilleure parure des hommes provenant de Dieu. Il en orne les temples de Ses bien-aimés. Par ma vie! La lumière d'un bon caractère surpasse en intensité celle du soleil et l'éclat de son rayonnement." "Une seule action juste," a-t-il à nouveau écrit, "est dotée d'une telle puissance qu'elle ,peut soulever la poussière à tel point queue fasse passer outre le ciel des cieux. Elle peut déchirer tout lien et elle a le pouvoir de rétablir la force qui s'est épuisée et a disparu... Soyez purs, ô peuple de Dieu, soyez purs; soyez justes, soyez justes... Dis: ô peuple de Dieu! Ce qui peut assurer la victoire de Celui qui est la Vérité éternelle, de Ses armées et de Ses auxiliaires sur terre, a été inscrit les écrits sacrés et est aussi clair et soleil. Ces armées-là ont de telles telle conduite et un caractère tel qu'ils à Ses yeux. Quiconque en ce jour se Notre cause et appelle à son secours caractère digne de louanges et d'une conduite empreinte de droiture, l'influence provenant d'une telle action sera très certainement diffusée partout dans le monde entier." "L'amélioration du monde," est encore une autre affirmation, "peut être réalisée par de pures et de belles actions, par une conduite louable et bienséante." " Soyez équitables envers vous-mêmes et envers les autres, " leur conseille-t-il ainsi, "afin que les évidences de la justice se dévoilent à travers vos actes parmi Nos serviteurs fidèles. " " L'équité, " a-t-il aussi écrit, " est la plus fondamentale des vertus humaines. " "L'appréciation de toute chose doit en dépendre. " Et à nouveau: " Observez l'équité dans votre jugement, ô vous, hommes au coeur d'entendement! Celui qui est injuste dans son jugement est destitué des traits caractérisant le rang de l'homme." "Embellissez vos langues, ô Peuple," exhorte-t-il en plus, "de la véracité et ' parez vos âmes du joyau de l'honnêteté. Prenez garde, ô peuple, de n'agir traîtreusement envers qui que ce soit. Soyez les ' fiduciaires de Dieu ' parmi Ses créatures et les emblèmes de Sa générosité parmi Son peuple." "Que vos ' yeux soient chastes," est encore un autre conseil, "votre main fidèle, votre langue véridique et votre coeur éclairé." "Soyez une parure au visage de la vérité," est encore une autre exhortation, "une couronne au front de la ' fidélité, un pilier du temple de la rectitude, un souffle de vie pour le corps de l'humanité, une enseigne des armées de la ' justice, un astre à l'horizon de la vertu." "Que la véracité et la courtoisie soient votre parure," est encore une autre exhortation, "ne tolérez pas d'être privés de la parure de longanimité et de justice, afin que les parfums suaves de la sainteté soient exhalés de votre coeur et se répandent sur toute chose. Dis.- Prenez garde, ô peuple de Bahá, de ne pas suivre les voies de ceux dont les ' paroles diffèrent de leurs actions. Efforcez vous d'être à même de démontrer aux peuples du monde les signes de Dieu et de refléter au loin Ses commandements. Que vos actes soient des guides pour toute l'humanité, car les propos de la plupart des hommes, qu'ils soient les premiers ou les derniers placés sont différents de leur comportement. C'est par vos actes que vous pouvez vous distinguer des autres. Par eux l'éclat de votre lumière peut se répandre sur la terre entière. Heureux l'homme qui tient compte de mon conseil et qui observe les préceptes prescrits par Celui qui est l'Omniscient, le Très-Sage. "

"O armée de Dieu!" écrit 'Abdu'l-Bahá, "par la protection et le secours accordés par la Beauté Bénie, - que ma vie soit un sacrifice pour ses bien-aimés - vous devez vous comporter de telle manière que vous vous distinguiez et que vous soyez rayonnants comme le soleil parmi d'autres âmes. Si l'un d'entre vous entre dans une ville, il devrait devenir un centre d'attraction en raison de sa sincérité, de sa loyauté et de son amour, de son honnêteté et de sa fidélité, de sa véracité et de sa gentillesse envers tous les peuples du monde, afin que les gens de cette ville S'écrient et disent: 'Cet homme est sans aucun doute un bahá'í car ses manières, son comportement, sa conduite, ses moeurs, sa nature et son caractère reflètent les attributs des bahá'ís.' "Jusqu'à ce que vous atteigniez ce niveau-là, vous ne pouvez prétendre avoir été fidèles au covenant et au testament de Dieu." "Le devoir le plus vital, en ce jour, " a-t-il écrit en plus, "est de purifier vos caractères, de corriger vos manières et d'améliorer votre conduite. Les bien-aimés du Miséricordieux doivent démontrer un tel caractère et une telle conduite parmi Ses créatures, que la fragrance de leur sainteté puisse être diffusée dans le monde entier, et qu'ils revivifient les morts, vu que le dessein de la manifestation de Dieu et l'aurore des lumières sans limite de l'invisible est d'éduquer les âmes des hommes, de raffiner le caractère de chaque être vivant... " " La véracité, " affirme-t-il, " est le fondement de toutes les vertus humaines. Sans la véracité, le progrès et le succès, dans tous les mondes de Dieu, sont impossibles pour toute âme. Quand ce saint attribut sera établi en l'homme, toutes les qualités divines seront également acquises. "

Une telle droiture de conduite doit se manifester avec une puissance ton ' jours accrue, dans chaque verdict que les représentants élus de la communauté bahá'íe, en n'importe quelle qualité, seront appelés à prononcer. Elle doit constamment se refléter dans les relations commerciales de tous ses membres, dans leur vie privée, dans toute espèce d'emploi et dans n'importe quel service qu'ils pourront, à l'avenir, rendre à leur gouvernement ou à leur peuple. Elle doit servir d'exemple dans le comportement de tous les électeurs bahá'ís, lorsqu'ils exercent leurs droits et leurs fonctions sacrées. Elle doit caractériser l'attitude de chaque croyant loyal par le rejet des Positions Politiques, par la non-identification aux partis politiques, par l'abstention des controverses politiques et par la non-affiliation aux organisations politiques et aux institutions ecclésiastiques. Elle doit se révéler par l'adhésion sans compromis de tous, qu'ils soient jeunes ou vieux, aux principes fondamentaux clairement énoncés par 'Abdu'l-Bahá dans ses discours, et aux lois et ordonnances révélées par Bahá'u'lláh dans son Très Saint Livre. Elle doit être démontrée par l'impartialité de chaque défenseur de la foi envers ses ennemis, par son équité à reconnaître tout mérite que puisse posséder cet ennemi et par l'honnêteté d'honorer toute obligation qu'il puisse avoir envers lui. Elle doit constituer l'ornement le plus brillant de la vie, des occupations, des efforts, et des propos de chaque enseignant bahá'í, qu'il travaille dans son pays ou à l'étranger, qu'il occupe les premiers rangs du corps des enseignants ou qu'il occupe une position de moindre activité et responsabilité. Elle doit être la marque distinctive de ce corps qui est réduit en nombre et pourtant intensément dynamique et hautement responsable, des représentants nationaux élus de chaque communauté bahá'íe, qui constitue le pilier de soutien et l'unique instrument de l'élection, dans chaque communauté, de la Maison Universelle dont le nom et le titre, ainsi que Bahá'u'lláh l'a ordonné, symbolise la droiture de conduite dont la plus haute mission est de sauvegarder et de mettre en vigueur les lois.

Si grandiose et transcendant est ce principe de la justice divine, principe qui doit être considéré comme la couronne des distinctions de toutes les Assemblées locales et nationales en leur qualité de précurseurs de la Maison Universelle de Justice, que Bahá'u'lláh lui-même subordonne ses propres inclinations et désirs à là force irrésistible de ses exigences et implications. "Dieu est mon témoin!" explique-t-il ainsi, "ne serait-ce pas contraire à la loi de Dieu, j'aurais baisé la main de mon assassin éventuel et je l'aurais fait héritier de mes biens terrestres. Je suis retenu, cependant, par l'engagement de la loi établie dans le Livre et suis moi-même dépourvu de toute possession terrestre." "Sache, en vérité," affirme-t-il de façon significative, "que ces grandes oppressions qui ont accablé le monde le préparent à. l'avènement de la Plus Grande Justice." "Dis," à nouveau nous assure-t-il, "il est apparu avec la justice dont l'humanité a été ornée, et pourtant les peuples sont, pour la plupart, encore endormis." "La lumière des hommes est la justice," statue-t-il de plus, "ne l'étouffez point avec les vents contraires de l'oppression et. de la tyrannie. Le but de la justice est l'apparition de l'unité parmi les hommes." "Aucun rayonnement," déclare-t-il, "ne peut se comparer avec celui de la justice. L'organisation du monde et la tranquillité de l'humanité en dépendent. " " 0 peuple de Dieu! " s'exclame-t-il, "ce qui façonne le monde est la justice, car elle est soutenue par deux piliers, la récompense et la rétribution' Ces deux piliers sont les sources de la vie pour le monde." "La justice et l'équité," est encore une autre affirmation, "sont deux gardiens qui protègent les hommes. Ils sont apparus parés de leurs noms puissants et sacrés, afin de maintenir le monde dans ses assises et de protéger les nations." "Mettez-vous en branle, ô peuples," est son exhortation pressante, "en attendant les jours de la justice divine, car l'heure promise est maintenant arrivée. Prenez garde de ne pas manquer de saisir son importance et d'être comptés parmi ceux qui sont dans l'erreur." "Le jour approche," a-t-il écrit de pareille façon, "où les fidèles apercevront l'étoile matinale de la justice qui brille dans sa pleine splendeur depuis l'aube de gloire." "L'affront qu'ils m'ont fait subir, " remarque-t-il de manière significative, "a dévoilé la gloire dont toute la création s'est trouvée investie, et par les cruautés que j'ai endurées, l'étoile matinale de la justice s'est manifestée et a répandu sa splendeur sur les hommes." "Le monde," a-t-il à nouveau écrit, "est en grande agitation et l'esprit de ses peuples est dans un état de confusion complète. Nous supplions le Tout Puissant qu'Il les illumine miséricordieusement de la gloire de sa justice et les rendent à même de découvrir' ce qui leur sera profitable en tous temps et dans toute circonstance. " Et à nouveau: "Il ne peut subsister aucun doute, si l'étoile matinale de la justice que les nuages de la tyrannie ont obscurcie, devait répandre sa lumière parmi les hommes, la surface de la terre serait complètement transformée. "

"Dieu soit loué!" s'exclame à son tour 'Abdu'l-Bahá, "le soleil de la justice s'est levé à l'horizon de Bahá'u'lláh. Car dans ses tablettes les fondations d'une telle justice ont été établies comme aucun esprit ne l'a conçue depuis les débuts de la création." "Le dais de l'existence," explique-t-il de plus, "repose sur le mât de la justice et non du pardon, et la vie du genre humain dépend de la justice et non du pardon. "

Il n'est pas étonnant donc que l'auteur de la révélation bahá'íe ait choisi d'associer le nom et le titre de cette Maison qui sera la gloire couronnant ses institutions administratives, non pas au pardon mais à la justice, d'avoir fait de la justice l'unique base et les fondements permanents de sa Plus Grande Paix et de l'avoir proclamée, dans ses "Paroles Cachées" "la plus aimée de toutes choses, " à ses yeux. C'est particulièrement aux croyants américains que je me sens mû d'adresser cet appel fervent, de méditer dans leurs coeurs les implications de droiture morale et de maintenir par le coeur et l'âme et sans compromission tant individuellement que collectivement ces normes sublimes - dont la justice est un élément si essentiel et si puissant.

Concernant une vie chaste et sainte, elle ne doit pas être considérée comme un facteur moins essentiel qui doit contribuer pour sa propre part au renforcement et à la vitalité de la communauté bahá'íe, desquels dépendra à son tour le succès de tout plan ou de toute entreprise bahá'íe. En ces jours, où les forces de l'irréligion sont en train d'affaiblir la trame morale et de miner les fondations de la moralité individuelle, l'obligation de chasteté et de sainteté doit demander une part croissante de l'attention des croyants américains, tant dans leurs fonctions individuelles qu'en tant que gardiens responsables des intérêts de la foi de Bahá'u'lláh. Dans la réalisation d'une telle obligation, à laquelle les circonstances particulières, qui résultent d'un matérialisme excessif et énervant l'emportant alors dans leur pays, confèrent une signification particulière, ils doivent jouer un rôle marquant et prédominant. Tous doivent s'arrêter, tant les hommes que les femmes, à cette heure menaçante où les lueurs de la religion pâlissent et ses barrières, sont abolies l'une après l'autre, pour faire leur examen de conscience, scruter leur conduite et avec leur résolution habituelle se lever pour purger de la vie de leur communauté toute trace de laxité morale qui pourrait souiller le nom ou atteindre l'intégrité d'une foi si sainte et si précieuse.

Une vie chaste et sainte doit devenir le principe directeur du comportement et de la conduite de tous les bahá'ís, tant dans leurs relations sociales avec les membres de leur propre communauté que dans leurs rapports avec le monde en général. Elle doit parer et renforcer le travail incessant et les efforts méritoires de ceux dont la position enviable consiste à propager le message et à administrer les affaires de la foi de Bahá'u'lláh. Elle doit être observée dans toute son intégrité et toutes ses implications, à chaque phase de la vie de ceux qui forment les rangs de la foi, soit dans leurs foyers, soit pendant leurs voyages, aux réunions de leurs clubs et sociétés, lors de leurs divertissements, à leurs écoles et à leurs universités. Une attention particulière doit lui être accordée lors de la réalisation des activités sociales de toute école d'été bahá'íe et de toute autre occasion à laquelle la vie communautaire bahá'íe s'organise et se développe. Elle doit être intimement et constamment liée à la mission de la jeunesse bahá'íe, tant comme facteur de vie communautaire bahá'íe que comme facteur du futur progrès et d'orientation de la jeunesse. de leur propre pays.

Une telle vie chaste et sainte, avec ses implications de modestie, de pureté, de sobriété, de décence et de pureté de pensée n'implique rien de moins que l'exercice de la modération dans tout ce qui se rapporte aux habits, au langage, aux distractions et à toute occupation artistique et littéraire. Elle demande une vigilance journalière dans le contrôle des désirs sensuels et des inclinations corrompues. Elle réclame l'abandon d'une conduite frivole avec son attachement excessif aux plaisirs futiles et souvent mal dirigés. Elle demande une abstinence totale des boissons alcooliques, de l'opium et de pareilles drogues entraînant l'accoutumance. Elle condamne la prostitution de l'art et de la littérature, les pratiques du nudisme et du concubinage, l'infidélité .dans les rapports conjugaux et toutes sortes de promiscuité, de familiarité facile et de vices sexuels. Elle ne peut consentir aucun compromis envers les théories, les standards, les habitudes et les excès d'un âge décadent. Non, bien plutôt, elle cherche à démontrer, par la force dynamique de son exemple, le caractère pernicieux de telles théories, la fausseté de tels standards, le manque de sincérité de telles revendications, la perversité de telles habitudes et le caractère sacrilège de tels excès.

"Par la justice de Dieu!" écrit Bahá'u'lláh, "le monde, ses vanités et sa gloire quels que soient les plaisirs qu'il puisse offrir, sont tous aux yeux de Dieu aussi vils, non, même plus méprisables encore que la poussière et les cendres. Si seulement les coeurs des hommes pouvaient le comprendre. Purifiez-vous entièrement, ô peuple de Bahá, des souillures du monde et de tout ce qui lui appartient. Dieu Lui-même m'en est témoin! Les choses de la terre vous conviennent mal. Jetez-les à ceux qui peuvent les désirer et attachez vos yeux sur cette plus sainte et plus resplendissante vision." " 0 vous, mes bien-aimés!" exhorte-t-il ainsi ses disciples, "ne tolérez pas que l'ourlet de mon vêtement sacré soit souillé et avili par les choses de ce monde et ne suivez pas les suggestions de vos désirs mauvais et corrompus." Et à nouveau: " 0 vous les bien-aimés du seul vrai Dieu! Passez outre les repaires étroits de vos désirs malveillants et corrompus et avancez vers la vaste immensité des règnes de Dieu et demeurez dans les prés de sainteté et de détachement, afin que la fragrance de vos actions guide le genre humain entier vers l'océan de la gloire inépuisable de Dieu." "Défaites-vous" ainsi leur ordonne-t-il, "de tout attachement à ce monde et à ses vanités. Gardez-vous de les approcher, car ils vous incitent à suivre vos propres convoitises et vos désirs avides et ils vous empêchent de pénétrer dans le sentier droit et glorieux." "Abstenez vous de tout acte de méchanceté," est son commandement, "car de telles choses vous sont interdites dans le Livre que nul ne touche hormis ceux que Dieu a lavés de toute souillure de culpabilité et qu'Il a comptés parmi les purifiés." "Une race d'hommes," est sa promesse écrite, "incomparable de caractère, sera engendrée qui,. avec les pieds du détachement foulera tous ceux qui sont au ciel et sur la terre et jettera le manteau de sainteté sur tout ce qui a été créé d'eau et d'argile." "La civilisation," est sa grave exhortation, "si souvent vantée par les porte-parole érudits des arts et des sciences, attirera un grand malheur sur les hommes si on lui permet de dépasser les bornes de la modération... Portée à l'excès,' la civilisation se dévoilera être une source aussi prolifique de maux, queue l'a été pour le bien lorsqu'elle est tenue dans les limites de la modération." "Il a choisi dans le monde entier les coeurs de Ses serviteurs, " explique-t-il, "et a fait de chacun le siège de la révélation de Sa gloire. Sanctifiez les donc de toute souillure, afin que les choses pour lesquelles ils ont été créés soient gravées en eux. Ceci est en vérité une marque de la munificente faveur de Dieu." "Dis, il n'est pas du peuple de Bahá, " proclame-t-il, "celui qui suit ses désirs mondains ou qui fixe son coeur sur les choses terrestres. Celui-là est mon vrai disciple qui, s'il arrive dans une vallée d'or pur, la traverse d'un trait léger comme un nuage, sans jamais se retourner ni s'arrêter. Un tel homme est certainement des miens, de son vêtement, le Concours suprême peut respirer la fragrance de sainteté... Et s'il rencontrait la plus belle et la plus avenante des femmes, il ne laisserait pas séduire son coeur par la moindre ombre de désir pour sa beauté. Un tel homme est en vérité la personne cation de la chasteté sans tache. Ainsi vous instruit la plume de l'Ancien des Jours, comme ordonné par votre Seigneur, le Tout Puissant, le Munificent." "Ceux qui suivent leurs convoitises et leurs inclinations corrompues," est encore un autre avertissement, "ont péché et dissipé leurs efforts. Ils sont en vérité des égarés. " "Il incombe au peuple de Bahá, " a-t-il encore écrit, "de mourir au monde et à tout ce qu'il contient, d'être si détaché de toutes choses terrestres que les habitants du paradis puissent humer le suave parfum de la sainteté sur leur vêtement... Ceux qui ont terni le nom sans tache de la cause de Dieu en suivant les choses charnelles se trouvent, en vérité, dans l'erreur manifeste!" "La pureté et la chasteté," les admoneste-t-il en particulier, "ont été et sont toujours les ornements les plus grandioses des, servantes de Dieu. Dieu m'en est témoin ! L'éclat de la lumière de chasteté répand sa splendeur sur les mondes de l'esprit et son parfum suave souffle même ' jusqu'au Paradis le Plus Exalté." "Dieu," affirme-t-il à nouveau, "a fait véritablement de la chasteté une couronne pour les têtes de Ses servantes. Grande est la béatitude de cette servante qui a atteint ce rang élevé. " "En vérité, nous avons décrété dans notre livre," est sa promesse, "une récompense belle et ample pour quiconque se détourne de la méchanceté et mène une vie chaste et pieuse. Il est - en vérité le Grand Donateur, le Munificent " "Nous avons supporté le poids de toutes les calamités," déclare-t-il, "afin de vous sanctifier de toute corruption terrestre et pourtant vous êtes indifférents... Nous voyons, en vérité, vos actions. Si nous apercevons sur elles le parfum suave de pureté et de sainteté, nous vous bénirons certainement. Alors les langues des habitants du paradis énonceront votre louange et magnifieront vos noms parmi ceux qui ont approché Dieu. "

"Boire du vin," écrit 'Abdu'l-Bahá, "est interdit selon les textes du Livre le Plus Sacré,- cela est la cause de maladies chroniques, affaiblit les nerfs et épuise les facultés mentales." "Buvez, ô servantes de Dieu," a affirmé Bahá'u'lláh lui-même, "le vin mystique de la coupe de mes paroles. Rejetez donc ce que votre esprit abhorre, car il vous a été interdit dans ses tablettes et ses écrits. Gardez-vous de tronquer la rivière qui est la vie même contre ce que les âmes au coeur ' pur détestent. Enivrez-vous du vin de l'amour de Dieu, et non de ce qui anéantit vos esprit, ô vous qui L'adorez! En vérité, cela a été interdit à chaque croyant, homme ou femme. Ainsi le soleil de mon commandement a brillé à l'horizon de ma parole, pour que les servantes qui croient en moi soient éclairées. "

Il faudrait, cependant, rappeler que le maintien d'une norme morale si élevée ne doit pas être associé ou confondu avec n'importe quelle forme d'ascétisme ou de puritanisme excessif ou bigot. Le standard inculqué par Bahá'u'lláh ne cherche, en aucune circonstance, à nier le droit légitime ou le privilège de tirer le plus grand avantage et bénéfice des multiples joies, de la beauté et des nombreux plaisirs dont un Créateur aimant a si abondamment doté le monde. " Qu'un homme," nous rassure Bahá'u'lláh lui-même, "désire se parer des ornements de la terre, porter ses habits, ou partager les bénéfices queue peut accorder, aucun mal ne pourra lui survenir s'il ne permet pas à quoi que ce soit de se poser entre lui et Dieu, car Dieu a ordonné toute bonne chose, qu'elle soit créée aux cieux ou sur la terre, à ceux de Ses serviteurs qui croient fidèlement en Lui. Goûtez, ô peuples, aux bonnes choses que Dieu vous a permises et ne vous privez point de Ses merveilleux dons. Rendez-lui grâce et louange et soyez de ceux qui sont reconnaissants."

LE PLUS DIFFICILE DES PROBLÈMES

Quant au préjugé racial, dont la corrosion, durant environ un siècle, a rongé la fibre et attaqué la structure sociale entière de la société américaine, il devrait être considéré comme le problème le plus vital et le plus brûlant que la communauté bahá'íe doit affronter au stade actuel de son évolution. Les efforts incessants qui exige cette question d'importance suprême, les sacrifices qu'elle doit imposer, la prudence et l'attention qu'elle demande, le courage et la force morale qu'elle requiert, le tact et la compréhension qu'elle nécessite, confèrent à ce problème que les croyants américains sont encore loin d'avoir résolu d'une manière satisfaisante, une urgence et une importance qui ne peuvent être surestimées. Noirs et blancs, grands et petits, jeunes et vieux, qu'ils aient accepté la foi récemment ou non, tous ceux qui s'identifient avec la foi doivent participer et prêter leur assistance, chacun et chacune selon ses capacités, son expérience et selon les circonstances, à la tâche commune d'accomplir les instructions, de réaliser les espoirs et de suivre l'exemple de 'Abdu'l-Bahá. Aucune race, de couleur ou non, n'a le droit ou ne peut prétendre avec bonne conscience être considérée comme exempte d'une telle obligation, d'avoir réalisé de tels espoirs ou d'avoir suivi fidèlement un tel exemple. Une longue voie, épineuse, parsemée d'embûches, reste encore à parcourir tant par les représentants blancs que noirs de la foi rédemptrice de Bahá'u'lláh. Du parcours qu'ils effectuent et de la manière dont ils s'acheminent, doit dépendre, à une ampleur q ' ne peu d'entre eux peuvent imaginer, l'action de ces influences intangibles qui sont indispensables au triomphe spirituel des croyants américains et au succès matériel de leur entreprise lancée récemment.

Qu'intrépides et déterminés, ils aient présent à leur esprit l'exemple et la conduite de 'Abdu'l-Bahá tant qu'il était parmi eux. Qu'ils se rappellent son courage, son mépris et son intolérance envers la critique, tempérés par son tact et sa sagesse. Qu'ils raniment et qu'ils perpétuent la mémoire de ces épisodes et de ces occasions inoubliables et historiques où il a démontré de façon si frappante son sens aigu de la justice, sa sympathie spontanée pour les opprimés, son sens permanent de l'unicité de la race humaine, son amour débordant pour ses membres et son mécontentement envers ceux qui osaient faire fi de ses requêtes, se moquer de ses méthodes, défier ses principes ou infirmer ses actes.

Discriminer n'importe quelle race en se fondant sur son arriération sociale, son immaturité politique ou son infériorité numérique est une violation flagrante de l'esprit animant la foi de Bahá'u'lláh. Le sentiment d'une division ou d'une scission quelconque dans ses rangs est contraire à ses buts, principes et idéaux. Dès que ses membres auront entièrement reconnu la prétention de son auteur et qu'ils auront, en s'identifiant avec l'ordre administratif, accepté sans réserves les principes et les lois incorporés dans ses enseignements, toute différenciation de classe, de dénomination ou de couleur doit s'oblitérer automatiquement et l'on ne doit jamais consentir, sous aucun prétexte, et aussi grande que soit la contrainte des événements ou de l'opinion publique, à la laisser s'imposer à nouveau. Si une quelconque discrimination devait être tolérée, cette discrimination ne devrait pas être opposée, mais plutôt en faveur de la minorité, qu'elle soit raciale ou autre. A la différence des nations et des peuples de la terre, qu'ils soient de l'Est ou de l'Ouest, démocrates ou autoritaires, communistes ou capitalistes, qu'ils appartiennent à l'ancien ou au nouvel ordre, qu'ils ignorent, oppressent ou extirpent les minorités raciales, religieuses ou politiques dans leur sphère de juridiction, chaque communauté organisée, enrôlée sous la bannière de Bahá'u'lláh devrait ressentir comme première et inéluctable obligation le fait d'élever, d'encourager et de sauvegarder chaque minorité appartenant à n'importe quelle foi, race, classe ou nation dans sa sphère. Ce principe est si grand et vital qu'en de telles circonstances, comme quand un nombre égal de votes a été exprimé lors d'une élection, ou lorsque les qualités requises pour un poste sont à égalité entre diverses races, confessions ou nationalités à l'intérieur de la communauté, la priorité devrait être accordée sans hésitation à la partie représentant la minorité et cela pour aucune autre raison que celle de la stimuler, de l'encourager et de lui offrir une occasion de servir les intérêts de la communauté. A la lumière de ce principe et ayant à l'esprit qu'il est extrêmement souhaitable de laisser les éléments minoritaires participer et de leur permettre de partager la responsabilité dans la direction des activités bahá'íes, il devrait être du devoir de chaque communauté bahá'íe d'organiser ses affaires de telle manière qu'au cas où les personnes appartenant aux divers éléments minoritaires dans sa sphère sont réellement qualifiées et remplissent les conditions nécessaires, les institutions bahá'íes représentatives, qu'elles soient des assemblées,, des conventions, des congrès ou des comités, aient le plus possible de ces divers éléments, tant raciaux qu'autres, comme représentants parmi eux. L'adoption d'une telle ligne de conduite et l'adhérence fidèle à elle seraient non seulement une source d'inspiration et d'encouragement pour ces éléments peu nombreux et représentés de façon inadéquate, mais démontreraient au monde en général l'universalité et le caractère représentatif de la foi de Bahá'u'lláh et la liberté de ses disciples envers la tare de ces préjugés ayant fait un tel ravage tant dans les affaires intérieures que dans les relations étrangères des nations.

La libération du préjugé racial sous toutes ses formes à une époque comme celle-ci, lorsqu'une part croissante de la race humaine devient la victime de sa férocité dévastatrice, devrait être adoptée comme mot d'ordre du corps entier des croyants américains, quel que soit l'État dans lequel ils demeurent, les cercles qu'ils fréquentent, leur âge, leurs traditions, leurs goûts ou leurs habitudes. Elle devrait se démontrer de façon logique dans chaque phase de leur activité et de leur vie, soit à l'intérieur ou à l'extérieur de la communauté bahá'íe, en public ou en privé, d'une manière formelle ou informelle, individuellement aussi bien qu'en leur qualité officielle de groupes organisés, de comités ou d'assemblées. Elle devrait être cultivée intentionnellement aux occasions diverses et journalières, même insignifiantes, qui se présentent dans leurs foyers, leurs bureaux, leurs écoles et collèges, leurs rencontres sociales et pendant leurs sports et loisirs, aux réunions bahá'íes, aux conférences publiques, conventions, écoles d'été et aux réunions d'assemblées. Elle devrait devenir, au-dessus de toute autre chose, le "leitmotiv" de la ligne de conduite de ce corps auguste qui, en sa capacité de représentant national, de directeur et de coordinateur des affaires de la communauté, doit donner l'exemple et faciliter l'application d'un principe si vital à la vie et aux activités de ceux dont il sauvegarde et représente les intérêts.

"O vous qui savez discerner!" écrit Bahá'u'lláh, "en vérité, les paroles qui sont descendues du ciel de la volonté de Dieu sont la source d'unité et d'harmonie pour le monde. Fermez vos yeux aux différences raciales et souhaitez la bienvenue à tous avec la lumière de l'unicité. " "Nous ne désirons que le bien du monde et le bonheur des nations," proclame-t-il, " ... que toutes les nations deviennent une dans la foi et tous les hommes comme des frères, que les liens d'affection et d'unité entre les fils des hommes se fortifient; que la diversité de religion cesse, et les différences de race s'annulent. " "Bahá'u'lláh a dit," écrit 'Abdu'l-Bahá, "que les diverses races du genre humain prêtent au tout, par la beauté des couleurs différentes, une composition harmonieuse. Que tous s'associent, donc, dans ce grand jardin humain, telles les fleurs qui croissent ensemble et s'allient, côte à côte, sans discorde et différend entre elles." "Bahá'u'lláh," dit ailleurs 'Abdu'l-Bahá, "compara une fois les gens de couleur à la pupille noire de l'oeil entouré du blanc. Dans cette pupille noire se fait la réflexion de ce qui est devant elle et par elle la lumière de l'esprit brille au loin. "

"Dieu," déclare 'Abdu'l-Bahá lui-même, "ne fait aucune distinction entre le blanc et le noir. Si les coeurs sont purs, tous les deux sont acceptables devant Lui. Dieu n'est pas porté à respecter les gens à cause de la couleur de leur peau ou de la race. Toutes les couleurs sont acceptables devant Lui, qu'elles soient blanche' noire ou jaune. Vu que tous ont été créés à l'image de Dieu, nous devons nous efforcer de réaliser que tous ont des possibilités divines." "Aux yeux de Dieu," déclare-t-il, "tous les hommes sont égaux. Il n'y a ni distinction, ni préférence pour aucune âme, dans le règne de Sa justice et de Son équité." "Dieu n'a pas façonné les divisions;" affirme-t-il, "ces divisions ont leur origine dans l'homme lui-même. Ainsi donc, comme elles sont contraires au plan et aux intentions de Dieu, elles sont fausses et imaginaires." "Aux yeux de Dieu," réaffirme-t-il, "il n'y a pas de distinction de couleur; tous sont un par la couleur et la beauté de la servitude envers Lui. La couleur n'a pas d'importance; le coeur l'emporte sur tout. L'extérieur n'importe pas pourvu que le coeur soit pur et blanc à l'intérieur. Dieu ne considère pas les différences de nuance de couleur et de teint de peau. Il regarde les coeurs. Celui dont les qualités morales et les vertus sont louables est préféré dans la présence de Dieu; celui qui est dévoué au Royaume est bien-aimé. Dans le domaine de la genèse et de la création la question de couleur est de moindre importance." "A travers tout le règne animal," explique-t-il, " nous ne trouvons pas de séparation entre les créatures à cause de la couleur. Ils reconnaissent l'unité de l'espèce et l'unicité du genre. Si nous ne trouvons pas de distinction de couleur faite dans les royaumes d'intelligence et de raison inférieures, comment peut-elle se justifier parmi les êtres humains, surtout quand nous savons que tous proviennent de la même source et appartiennent à la même famille? A l'origine et selon l'intention de la création le genre humain est un. Les distinctions de race et de couleur ont surgi plus tard." "L'homme est doué d'un pouvoir de raisonnement supérieur et de la faculté de perception;" explique-t-il en plus, "il est la manifestation des dons divins. Les idées raciales devraient-elles prédominer et obscurcir le but créateur de l'unité dans son royaume?" "Un des problèmes importants," remarque-t-il de manière significative, "qui touche l'unité et la solidarité de l'humanité est l'amitié et l'égalité des races blanche et de couleur. Entre ces deux races certains points d'entente et des points de distinction justifient une considération juste et mutuelle, et les contacts sont multiples... En ce pays, où l'Amérique, le patriotisme est commun aux deux races; tous ont des droits égaux à la citoyenneté, parlent une langue, reçoivent les bienfaits de la même civilisation et suivent les préceptes de la même religion. En fait, de nombreux points d'association et d'accord existent entre les deux races, alors que l'unique point de distinction est celui de couleur. Celle-ci, la moindre entre toutes les distinctions, devrait-elle être tolérée pour vous séparer en tant que races et individus?" "Cette variété des formes et des couleurs," souligne-t-il, "se manifestant dans tous les royaumes est en harmonie avec la Sagesse créatrice et à ses fins divines. " "La diversité dans la famille humaine, proclame-t-il, devrait être cause d'amour et d'harmonie, comme c'est en musique où beaucoup de notes différentes se confondent en un accord parfait. " "Si vous rencontrez," est son exhortation, "ceux d'une race et d'une couleur différente de la vôtre, ne vous méfiez pas et ne vous retirez pas dans une coquille de conventions, mais soyez plutôt heureux et témoignez-leur de la bienveillance." "Dans le monde de l'existence," déclare-t-il, la réunion est bénie quand les races blanche et de couleur se rencontrent dans un amour spirituel infini et une harmonie divine. Quand de telles réunions sont établies et que les participants s'associent les uns avec les autres dans un amour parfait, dans l'unité et la bienveillance, les anges du Royaume chantent leurs louanges et la beauté de Bahá'u'lláh s'adresse ainsi à eux: "Soyez bénis, soyez bénis" "Quand une rencontre de ces deux races a lieu," assure-t-il de, même, "cette réunion deviendra l'aimant des cohortes suprêmes et la confirmation de la Beauté Bénie l'entourera." "Efforcez-vous avec ardeur, " exhorte-t-il à nouveau les deux races, "de déployer vos plus grands efforts vers l'accomplissement de l'amitié et de cimenter le lien de la fraternité entre vous. Une telle réalisation n'est pas possible sans volonté et effort de part et d'autre; d'un côté, expressions de gratitude et d'appréciation; de l'autre, bienveillance et reconnaissance de l'égalité. Chacune devrait s'efforcer de développer et d'assister l'autre vers le progrès mutuel... L'amour et l'unité seront stimulés entre vous, amenant ainsi l'unité de l'humanité. Car la réalisation de l'unité entre les gens de couleur et les blancs sera une assurance de la paix du monde." "J'espère," ainsi s'adresse-t-il aux membres de la race blanche, " que vous ferez en sorte que cette race opprimée deviendra glorieuse et qu'elle se joindra à la race blanche pour servir le monde de l'homme avec la plus grande sincérité, fidélité, amour et pureté. Cette opposition, inimitié et ces préjugés parmi les races blanche et de couleur ne peuvent s'effacer sinon par la foi, l'assurance et les enseignements de la Beauté Bénie." "Cette question de l'union des blancs et des noirs est très importante," avertit-il, "car si elle n'est pas réalisée, de grandes difficultés surgiront sous peu et des suites néfastes s'ensuivront." "Si ce problème reste sans changement," est encore un autre avertissement, "l'inimitié s'accroîtra jour après jour et les résultats finals en seront de dures épreuves et cela pourrait finir par un bain de sang." Un énorme effort est requis de la part des deux races si leur façon de voir et leurs manières et leur conduite doivent refléter, à cette époque obscurcie, l'esprit et les enseignements de la foi de Bahá'u'lláh. Rejetant une fois pour toutes la doctrine fallacieuse de la supériorité raciale et sa suite de maux, de confusion, de misères, et se réjouissant et encourageant le mélange des races et abattant les barrières qui, aujourd'hui, les séparent, elles devraient, chacune, s'efforcer, jour et nuit d'endosser leurs responsabilités particulières devant la mission commune qui les confronte de façon si urgente. Qu'elles rappellent à leur esprit que chacune tend à contribuer pour sa part à la solution de ce problème inquiétant, souvenez-vous des avertissements de 'Abdu'l-Bahá et évoquez, tant qu'il en est encore temps, les conséquences néfastes, qui doivent s'ensuivre, s'il n'est pas définitivement remédié à cette situation difficile et malheureuse qu'affronte la nation américaine tout entière.

Que les blancs consentent un effort suprême, dans leur détermination de contribuer pour leur part à la solution de ce problème, d'abandonner une fois pour toutes leur sens de supériorité, parfois subconscient, de corriger leur tendance dévoilant une attitude paternaliste envers les membres de l'autre race, de les persuader, par leur association intime, spontanée et informelle avec eux, de l'authenticité de leur amitié et de la sincérité de leurs intentions, et de maîtriser leur impatience face au manque de réceptivité de la part de gens qui ont reçu, pendant une si longue période, des plaies si douloureuses et si lentes à cicatriser. Que les noirs, par un effort analogue de leur part, montrent par tous les moyens en leur pouvoir, la chaleur de leur réponse, leur bonne volonté à oublier le passé et leur capacité à effacer toute trace de suspicion qui puisse encore subsister dans leurs coeurs et dans leurs esprits. Que ni l'un mi l'autre ne songe que la solution d'un problème si vaste soit une matière qui ne concerne, exclusivement, que l'autre. Qu'aucun d'eux ne pense qu'un tel problème puisse être résolu aisément ou immédiatement. Que ni l'un ni l'autre ne croie qu'il puisse attendre avec confiance en vue de la solution de ce problème, jusqu'à ce que l'initiative ait été prise et les circonstances favorables aient été créées, par l'entremise de ceux qui sont en dehors de l'orbite de leur foi. Qu'aucun d'eux ne songe que rien de moins que l'amour sincère, l'extrême patience, la vraie humilité, le tact consommé, l'initiative saine, la sagesse mûre et un effort délibéré, persistant et empreint de prières ne puissent parvenir à effacer les souillures que ce mal patent a laissées sur le nom sans taches de leur pays commun. Qu'ils croient plutôt et qu'ils en soient fermement convaincus: que de leur compréhension réciproque, de leur amitié et de leur coopération prolongée doit dépendre, plus que d'aucune autre force ou organisation agissant en dehors du cercle de leur foi, le revirement du trajet dangereux grandement appréhendé par 'Abdu'l-Bahá, et la réalisation des espoirs, qu'il chérissait pour leur contribution unie à l'accomplissement de la destinée de leur pays.

LEUR DOUBLE CROISADE

Amis bien-aimés! Une rectitude de conduite qui offre dans toutes ses manifestations un contraste frappant avec la fausseté et à la corruption caractérisant la vie politique de la nation et des partis et fractions qui la composent; une sainteté et une chasteté diamétralement opposées à la laxité morale et à la licence qui souillent le caractère d'une part non négligeable de ses citoyens; une amitié inter-raciale complètement épurée du fléau du préjugé racial qui stigmatise la vaste majorité de sa population - voilà les armes que les croyants américains peuvent et doivent manier dans leur double croisade, d'abord pour régénérer la vie intérieure de leur propre communauté et ensuite pour s'attaquer à ces maux anciens qui se sont ancrés dans la vie de la nation. La perfection de telles armes, l'utilisation sage et efficace de chacune d'elles, bien plus que la promotion de n'importe quel plan particulier ou l'invention d'un projet spécial ou l'accumulation d'un quelconque amas ' de ressources matérielles, peuvent les préparer aux temps où la Main de la Destinée les aura guidés à assister à créer et à réaliser le fonctionnement de l'ordre mondial qui se trouve, maintenant, à l'état de gestation dans les institutions administratives de leur foi.

Dans la conduite de cette double croisade, les vaillants combattants luttant au nom et pour la cause de Bahá'u'lláh doivent forcément rencontrer une résistance opiniâtre et subir maints revers. Leurs propres instincts, non moins que l'acharnement des forces conservatrices, l'opposition des intérêts acquis et les obstacles d'une génération corrompue et avide de plaisirs, doivent être pris en considération, résolument repoussés et complètement vaincus. A mesure que leurs moyens défensifs en vue de la lutte imminente s'organisent et s'étendent, des torrents d'insultes et de ridicules et des campagnes de condamnation et de fausses déclarations pourront se déchaîner contre eux. Leur foi, ils s'en rendront compte bientôt, aura été attaquée, leurs motifs mal interprétés, leurs aspirations tournées en dérision, leurs institutions considérées avec dédain, leur influence amoindrie, leur autorité minée et leur cause, par moments, désertée par une poignée de gens qui seront incapables d'apprécier la nature de leurs idéaux ou peu disposés à supporter le heurt de la critique croissante qu'une telle lutte implique sûrement. "A cause de 'Abdu'l-Bahá," avait prédit le Maître bien-aimé, "mainte épreuve descendra sur vous. Des difficultés vous assailliront et des souffrances vous affligeront. "

Que l'invincible armée de Bahá'u'lláh, cependant, qui doit livrer l'une de ses batailles les plus acharnées et les plus glorieuses à l'Ouest et dans un de ses foyers de troubles latents n'ait crainte d'aucune critique qui puisse la prendre pour cible. Qu'elle ne se laisse point décourager par des condamnations quelconques par lesquelles la langue du calomniateur pourrait essayer d'avilir ses motifs. Qu'elle ne recule pas devant la progression menaçante des forces du fanatisme, de l'orthodoxie, de la corruption et du préjugé qui pourraient se liguer contre elle. La voix de la critique est une voix qui, indirectement, renforce la proclamation de sa cause. Mais l'impopularité ne sert qu'à accentuer encore le contraste avec ses adversaires; tandis que l'ostracisme est lui-même une force magnétique qui doit, finalement, gagner dans son camp les ennemis les plus vociférants et les plus invétérés. Déjà, dans le pays où les batailles les plus grandes de la foi ont été livrées et où ses ennemis les plus rapaces ont séjourné, la marche des événements, l'inflation lente mais constante de ses idéaux, l'accomplissement de ses prophéties ont abouti non seulement à désarmer et à transformer le caractère de certains de ses ennemis à s'assurer leur fidélité ferme et leur obéissance sans réserves à ses fondateurs. Une transformation si complète, un revirement d'attitude si frappant ne peut s'effectuer que si le véhicule choisi qui est désigné pour porter le message de Bahá'u'lláh aux multitudes affamées, inquiètes et sans berger est lui-même purifié des souillures qu'il cherche à effacer.

Je désire donc, mes amis très chèrement aimés, faire pénétrer dans vos esprits non seulement l'urgence et la nécessité impérative de votre sainte tâche, mais aussi les possibilités illimitées qu'elle possède, d'élever à un niveau si exalté non seulement la vie et les activités de votre propre communauté, mais aussi les motifs et les normes régissant les relations parmi le peuple auquel vous appartenez. Intrépides devant la nature formidable de cette tâche vous ferez face, comme il vous sied j'en suis sûr, au défi de ces temps si chargés de périls, si pleins de corruption et pourtant si riches de promesse d'un avenir si brillant que, - dans les annales de l'humanité, aucun âge précédent puisse égaler sa gloire.

Amis chèrement aimés! J'ai essayé,- au début de ces pages-là, de rendre une idée des glorieuses occasions de même que des immenses responsabilités auxquelles la communauté des croyants américains, suite aux persécutions de la foi de Bahá'u'lláh, amplement répandue, doit maintenant faire face à un stade si crucial de la période formative de leur foi, et à une époque si critique de l'histoire mondiale. Je me suis suffisamment étendu sur le caractère de la mission pour laquelle cette communauté-là doit, dans un avenir pas trop lointain, et par les forces impulsives des circonstances, se lever pour la remplir. J'ai lancé l'avertissement que ' j'ai senti nécessaire a une compréhension plus claire et à une meilleure réalisation des tâches qui l'attendent. J'ai exposé et j'ai insisté, aussi bien qu'il était en mon pouvoir, sur ces vertus exaltées et dynamiques, sur ces normes élevées qui, bien que difficiles à atteindre, constituent néanmoins les qualités nécessaires au succès de ces tâches. Une parole, je crois, devrait maintenant --être dite en rapport avec l'aspect matériel de leur mission immédiate, de la conclusion de laquelle, à l'heure désignée, doit dépendre non seulement le déroulement des stades successifs dans le plan divin envisagé par 'Abdu'l-Bahá, mais aussi l'acquisition de ces capacités qui les rendront capables d'endosser, à l'heure désignée, leurs devoirs et leurs responsabilités nécessitées par la mission encore plus grande qu'il est de leur privilège de remplir.

Le plan de sept ans au double aspect de l'ornementation du temple et de l'extension de l'activité d'enseignement, englobant tant le continent nord-américain que sud-américain, est maintenant bien avancé dans sa seconde année et offre à quiconque observe son progrès ces derniers mois des signes extrêmement encourageants et prometteurs en vue de l'accomplissement des objectifs dans les délais prescrits. Les démarches successives désignées pour faciliter et pour comprendre le domaine entier du travail à achever en rapport avec l'ornementation extérieure du temple ont, pour la plupart, été entreprises. La phase finale qui est censée marquer la conclusion triomphante d'une entreprise de trente ans a été en fin de compte inaugurée. Le contrat initial concernant le premier et le principal étage de cet édifice historique a été signé. Le fonds associé au nom bien-aimé de "la Plus Sainte Feuille" a été lancé. La continuation ininterrompue jusqu'à sa dernière fin d'une entreprise si louable est maintenant assurée. Les poignants souvenirs de celle dont le coeur jubilait tant à voir surgir la superstructure de cette maison sacrée galvaniseront les efforts finals requis à la compléter et à dissiper ainsi tout doute pouvant subsister encore dans n'importe quel esprit concernant la capacité de ses constructeurs à parachever dignement leur besogne.

LES QUALITÉS REQUISES POUR L'ENSEIGNEMENT

L'aspect d'enseignement du plan doit maintenant être considéré. Son défi doit être relevé et ses exigences étudiées, pesées et remplies. Aussi superbe et irrésistible qu'est la beauté de ce premier Mashriqu'l-Adhkár de l'Ouest, aussi majestueuses que sont ses dimensions, aussi unique qu'est son architecture et aussi inestimables que sont les idéaux et les aspirations qu'il symbolise, il devrait néanmoins être considéré, aux temps présents, comme rien de plus qu'un instrument pour une propagation plus efficace de la cause et la diffusion plus ample de ses enseignements. A cet égard il devrait être considéré sous la même lumière que les institutions administratives de la foi qui sont désignées comme les véhicules pour la dissémination appropriée de ses idéaux, de ses principes et de ses vérités.

Par conséquent c'est vers les exigences de l'enseignement du plan de sept ans que la communauté des croyants américains doivent dorénavant diriger leur attention soigneuse et soutenue. La communauté entière doit, comme un seul homme, se lever pour les satisfaire. Enseigner la cause de Dieu, proclamer ses vérités, défendre ses intérêts, démontrer, tant par la parole que par les actes, sa première nécessité, sa puissance et son universalité ne devrait en aucun moment être considéré comme le domaine exclusif ou l'unique privilège des institutions administratives bahá'íes, que ce soient des assemblées ou des comités. Tous doivent participer, aussi humbles que soient leurs origines, aussi limitée leur expérience, aussi restreints leurs moyens, aussi déficiente leur éducation, aussi urgents leurs soucis et préoccupations, aussi défavorable l'environnement dans lequel ils vivent. "Dieu," a révélé sans équivoque Bahá'u'lláh, "a prescrit à chacun le devoir d'enseigner Sa cause." "Dis," a-t-il écrit de plus ' "enseignez la cause de Dieu, ô peuple de Bahá, car Dieu a prescrit à chacun le devoir de proclamer Son message et le considère comme le plus méritoire de tous les actes. "

Une position élevée et exaltée dans les rangs de la communauté, conférant comme il se doit, à son détenteur, certains privilèges et prérogatives, l'investit indubitablement d'une responsabilité à laquelle il ne peut honorablement se soustraire, dans son devoir d'enseigner et de promouvoir la foi de Dieu. Elle peut, à certains instants, mais pourtant pas invariablement, créer de plus grandes occasions et fournir de meilleures facilités de diffuser les connaissances sur cette foi et de gagner des supporters à ses institutions. Elle ne comprend d'office, cependant, en aucun cas, le pouvoir d'exercer une plus grande influence sur les esprits et les coeurs de ceux auxquels la foi est présentée. Combien souvent - et les premières pages de l'histoire de la foi dans le pays de sa naissance en offrent maints témoignages extraordinaires - les adhérents les plus humbles de la foi sont parvenus sans éducation et complètement inexpérimentés, sans position sociale aucune, et, en certains cas même, dépourvus d'intelligence, à arracher des victoires pour la cause devant lesquelles les exploits les plus brillants des érudits, des sages et des experts ont pâli.

"Pierre," a témoigné 'Abdu'l-Bahá, "selon l'histoire de l'Église, était incapable de tenir le compte des jours de la semaine. Chaque fois qu'il décidait d'aller à la pêche il départageait sa nourriture en sept parts, et chaque jour il en mangeait une et lorsqu'il avait atteint la septième il savait que le sabbat était arrivé, sur quoi il l'observait." Si le Fils de l'Homme était capable d'infuser dans un instrument apparemment si rude et si faible un tel pouvoir et d'en faire, selon les paroles de Bahá'u'lláh, "couler hors de sa bouche les mystères de la sagesse et de la parole, " et de l'exalter au-dessus du reste de ses disciples et de le préparer à devenir son successeur et le fondateur de son Église, combien plus "le Père qui est Bahá'u'lláh" peut conférer le pouvoir au plus petit et au plus insignifiant de ses disciples afin qu'il accomplisse, dans l'exécution de ses fins, de tels miracles qu'ils rapetissent même les exploits les plus fameux du premier apôtre de Jésus Christ!

Le Báb, a d'ailleurs écrit 'Abdu'l-Bahá, a dit: "Si une petite fourmi devait désirer, en ce jour, être en possession d'un pouvoir tel qu'elle serait capable d'éclaircir les passages les plus obscurs et les plus déroutants du Coran, son voeu serait sans doute comblé, puisque le mystère du pouvoir éternel vibre dans le plus profond de l'être de toutes les choses créées.' Si une créature si impuissante peut être dotée d'une capacité si subtile, le pouvoir libéré par les effusions libérales de la grâce de Bahá'u'lláh doit être d'autant plus efficace! "

En vérité, le champ est si immense, la période si critique, la cause si grande, les artisans si rares, le temps si court, le privilège si inestimable qu'aucun adhérent de la foi de Bahá'u'lláh digne de porter son nom ne peut se permettre d'hésiter, ne fût-ce qu'un instant. Cette force engendrée par Dieu, irrésistible dans sa vigueur impétueuse, incalculable par sa puissance, imprévisible dans sa course, mystérieuse dans son fonctionnement et imposante dans ses manifestations, - une force qui, comme l'a écrit le Báb, " vibre au plus profond de l'être de toutes choses créées," et qui, selon Bahá'u'lláh, a, par son "influence vibrante" "bouleversé l'équilibre du monde et révolutionné sa vie ordonnée," - une telle force, agissant telle une épée à double tranchant, est en train de séparer sous nos propres yeux les liens d'anciennes époques qui, pendant des siècles ont maintenu ensemble l'édifice de la société civilisée, et d'autre part de défaire les attaches qui enchaînent la foi enfant et pas encore émancipée de Bahá'u'lláh. - Les croyants américains doivent maintenant se lever et exploiter totalement et courageusement les occasions inimaginables offertes par l'intervention de cette force. " Les saintes réalités des cohortes suprêmes," écrit 'Abdu'l-Bahá, "brûlent en ce jour, au Paradis Très-Exalté, de retourner dans ce monde afin qu'elles soient assistées pour rendre quelque service au seuil de la Beauté d'Abhá et de se lever pour démontrer leur servitude envers Son seuil sacré. "

Un monde, terni à cause de l'extinction continue de la lumière de la religion, secoué par les forces explosives d'un nationalisme aveugle et triomphant, brûlé par les feux de la persécution impitoyable tant raciale que religieuse, abusé par les fausses théories et doctrines qui menacent de supplanter l'adoration de Dieu et la sanctification de Ses lois, amolli par un matérialisme effréné et brutal, se désintégrant à travers l'influence corrosive et la décadence morale et spirituelle, empêtré dans les spirales de l'anarchie et du conflit économiques - tel est le spectacle qui se présente aux yeux des hommes comme résultat des modifications radicales que cette force révolutionnaire, bien qu'encore au stade initial de son action. Il est en train de produire dans la vie de la Planète entière.

Un spectacle si triste et si émouvant, aussi déconcertant qu'il doit paraître à chaque observateur inconscient des fins, des prophéties et des promesses de Bahá'u'lláh, loin de jeter la consternation dans les coeurs de ses adhérents ou de paralyser leurs efforts, ne peut qu'approfondir leur foi et stimuler leur zèle enthousiaste à se lever et à déployer, dans le vaste champ d'action qu'a tracé pour eux la Plume de 'Abdu'l-Bahá, leur capacité à jouer leur rôle dans le travail de la Rédemption universelle proclamée par Bahá'u'lláh. Chaque instrument faisant partie des rouages administratifs qu'ils ont érigés si laborieusement au cours de plusieurs années doit être pleinement utilisé et subordonné aux fins pour lesquelles il a été créé. Le temple, cette fière incarnation d'un esprit si précieux du sacrifice de soi doit jouer de même son rôle et contribuer pour sa part à la campagne d'enseignement destinée à embrasser entièrement l'hémisphère de l'Ouest.

Les occasions que présente l'agitation de l'âge actuel, avec toutes les douleurs qu'elle évoque, les craintes qu'elle suscite, les désillusions qu'elle produit, les perplexités qu'elle crée, l'indignation qu'elle fait surgir, la révolte qu'elle provoque, les griefs qu'elle engendre, l'esprit de recherche sans repos qu'elle éveille doivent être exploitées de la même manière en vue de diffuser de long en large la connaissance du pouvoir rédempteur de la foi de Bahá'u'lláh et afin d'enrôler de nouvelles recrues dans l'armée toujours croissante de ses adhérents. Une occasion si précieuse, une conjonction si rare de circonstances favorables pourraient ne plus jamais se produire. C'est maintenant le moment pour les croyants américains, l'avant-garde des armées du Plus Grand Nom, de proclamer par l'entremise et par les canaux d'un ordre administratif spécialement désigné, leur capacité et leur promptitude à sauver une génération déchue et douloureusement éprouvée qui s'est rebellée contre son Dieu et a ignoré Ses avertissements et de Lui offrir cette sécurité complète que seules les forteresses de leur foi peuvent fournir.

La campagne d'enseignement, inaugurée à travers les États de la République nord-américaine et le Dominion du Canada, acquiert par conséquent une importance et une urgence qui ne peuvent pas être surestimées; lancée sur sa course par les énergies créatrices libérées par la volonté d" 'Abdu'l-Bahá et avançant rapidement à travers l'hémisphère de l'Ouest par la force propulsive qu'elle est en train de créer, elle doit, je le sens, être effectuée conformément à certains principes désignés pour assurer sa conduite efficace et pour hâter l'achèvement de ses objectifs.

Ceux qui participent à une telle campagne, que ce soit en qualité d'organisateurs ou comme artisans auxquels l'exécution de la tâche elle-même a été confiée, doivent, comme préliminaire essentiel à la décharge de leurs devoirs, connaître à fond les divers aspects de l'histoire et des enseignements de leur foi. Dans leurs efforts d'atteindre ce but, ils doivent étudier avec conscience et soins la littérature de leur foi, approfondir ses enseignements chacun pour soi, assimiler ses lois et ses principes, méditer sur ses avertissements, ses principes et ses buts, mémoriser quelques-unes de ses exhortations et prières, maîtriser les grands traits de son administration, être au jour de ses affaires courantes et de ses développements les plus récents. Ils doivent s'efforcer d'acquérir, par des sources qui fassent autorité et soient impartiales des connaissances solides de l'histoire et des principes de l'Islam - la source et l'origine de la foi - et avec révérence et un esprit purifié des idées préconçues, approcher l'étude du Coran qui, outre les écrits sacrés des Révélations bábie et bahá'íe, constitue le seul livre, qui puisse être considéré comme le dépôt absolument authentique de la parole de Dieu. lis doivent vouer une attention spéciale à l'investigation de ces institutions et circonstances directement apparentées à l'origine et à la naissance de leur foi, au rang proclamé par son précurseur et aux lois révélées par son auteur. .

Ayant acquis, dans leur essentiel, les conditions indispensables au succès dans le domaine de l'enseignement, ils doivent, chaque fois qu'ils songent à entreprendre une mission spécifique dans les pays de l'Amérique latine, s'efforcer, lorsque c'est faisable, d'acquérir une certaine compétence dans les langues parlées par les habitants de ces pays-là et une connaissance de leurs coutumes, habitudes et points de vue. "Les enseignants partant pour ces parties du monde, " a écrit 'Abdu'l-Bahá se référant à une des tablettes du plan divin aux républiques de l'Amérique centrale, "doivent être familiers avec la langue espagnole. " " Un groupe parlant leurs langues, ... " a-t-il écrit dans une autre tablette, "doit attirer les visages et voyager à travers les trois grands groupes d'îles de l'océan Pacifique." "Les enseignants voyageant en diverses directions," affirme-t-il de plus, "doivent connaître la langue du pays dans lequel ils vont pénétrer. Une personne ayant des facilités pour le japonais, par exemple, ira au Japon ou une personne connaissant la langue chinoise se hâtera vers la Chine, et ainsi de suite."

Aucun participant à cette campagne d'enseignement interaméricaine ne doit penser que l'initiative pour n'importe quelle activité particulière liée à ce travail devrait peser uniquement sur ces organismes, que ce soient des assemblées ou des comités dont le souci spécial est de promouvoir et de faciliter l'accomplissement des objectifs vitaux du plan de sept ans. Il est du devoir impérieux de tout croyant américain en tant que fidèle mandataire du plan divin d'entreprendre, de promouvoir et de consolider, dans les limites fixées par les principes administratifs de la foi, toute activité qu'il ou elle juge opportun d'entreprendre en vue du progrès du plan. Ni la situation mondiale menaçante, ni une quelconque considération d'un manque de ressources matérielles, de bagage intellectuel ou d'expérience, - aussi souhaitables qu'ils soient - ne devraient décourager aucun futur pionnier itinérant de se lever en toute indépendance et de mettre en branle les forces qui, comme 'Abdu'l-Bahá nous a maintes fois assuré, une fois libérées, attireront tel un aimant le secours promis et infaillible de Bahá'u'lláh. Qu'il n'attende pas de directives ou n'escompte d'encouragement spécial des représentants élus de sa communauté ni ne se laisse détourner par un obstacle quelconque que ses parents ou ses concitoyens puissent être enclins à lui poser sur son chemin et qu'il ne prenne garde à la censure de ses critiques ni des ennemis. "Sois libre comme le vent," est le conseil de Bahá'u'lláh à celui qui aspire à enseigner sa cause, "en portant le message de Celui qui fait poindre l'aurore de la Direction divine. Regardez comme le vent, fidèle à ce que Dieu a ordonné, souffle sur toutes les régions de la terre, q ' elles soient peuplées ou, désertes. Ni la vue de la désolation ni les évidences de la prospérité ne peuvent le faire souffrir ou lui faire plaisir.' Il souffle en toute direction ainsi que le Créateur le lui a commandé." "Et lorsqu'il se résout, pour l'amour de la cause de son Seigneur, à quitter sa maison,",' a révélé Bahá'u'lláh dans un autre passage, se référant à un tel enseignant, "qu'il mette toute sa confiance en Dieu, comme son meilleur viatique pour son périple et se vête de la robe de la vertu... S'il est vraiment embrasé par la flamme de Son amour, s'il a renoncé à toutes les choses créées, les paroles qu'il prononcera embraseront ceux qui l'entendent."

Ayant décidé, de sa propre initiative et point intimidé par les embûches que ses amis ou ses ennemis, inconsciemment ou délibérément, peuvent dresser sur son chemin, de se lever et de répondre à l'appel d'enseigner, qu'il considère soigneusement chaque voie d'approche qu'il pourrait utiliser dans ses tentatives personnelles à capter l'attention, à maintenir l'intérêt et à approfondir la foi de ceux qu'il cherche à amener au sein de la foi. Qu'il passe en revue les possibilités que les circonstances particulières dans lesquelles il vit lui offrent, évalue leurs avantages et procède intelligemment et systématiquement à les utiliser pour atteindre l'objectif qu'il a à l'esprit. Qu'il essaie aussi de trouver des méthodes telles que l'association aux clubs, aux expositions et sociétés, les conférences sur des sujets apparentés aux enseignements et idéaux de sa cause tels que l'abstinence des boissons alcooliques, les principes moraux, le bien être social, la tolérance religieuse et raciale, la coopération économique, l'Islam et les religions comparatives ou la participation aux organisations et mouvements sociaux, culturels, humanitaires, charitables et éducatifs qui, tout en sauvegardant l'intégrité de la foi, lui gagneront l'accès à une multitude de voies et de moyens par lesquels il peut obtenir successivement la sympathie, le soutien et finalement l'allégeance de ceux avec lesquels il établit de tels contacts. Qu'il tienne à l'esprit les revendications qu'exige constamment de lui sa foi, de préserver sa dignité et son rang, de sauvegarder l'intégrité de ses lois et de ses principes, de démontrer sa vaste portée et son universalité et de défendre sans crainte ses multiples intérêts vitaux. Qu'il considère le degré de réceptivité de ses auditeurs et qu'il décide de lui-même de la convenance de la méthode directe ou indirecte pour l'enseignement par laquelle il peut empreindre l'esprit du chercheur de l'importance vitale du divin message et le persuader de partager le sort de, ceux qui l'ont déjà embrassé. Qu'il se souvienne de l'exemple de 'Abdu'l-Bahá et de son conseil constant: qu'il comble le chercheur d'une telle gentillesse et qu'il démontre par l'exemple à tel point l'esprit des enseignements qu'il espère lui infuser que le bénéficiaire soit mû spontanément à s'identifier avec une cause enchâssant de tels enseignements. Qu'il s'abstienne, au début, d'insister sur des lois et des observances qui pourraient, lui imposer une tension trop vive pour la foi nouvellement éveillée du chercheur et qu'il s'efforce de l'élever patiemment, avec tact et cependant avec détermination vers l'entière maturité et qu'il l'aide à proclamer son acceptation sans réserve de tout ce qui a été ordonné par Bahá'u'lláh. Qu'il l'introduise, dès que ce stade a été atteint, parmi l'ensemble des autres amis croyants et qu'il cherche, par l'amitié constante et la participation active aux activités locales de sa communauté, à lui permettre de contribuer pour sa part à l'enrichissement de la vie de la communauté, à l'avancement de ses missions, à la consolidation de ses intérêts et à la coordination de ses activités avec celles de ses communautés soeurs. Qu'il ne soit pas satisfait jusqu'à ce qu'il ait infusé, dans son enfant spirituel, un désir si ardent à l'inciter à se lever en toute indépendance et à vouer, à son tour, ses énergies à l'éveil d'autres âmes et à l'observation des lois et des principes établis par la foi récemment adoptée. Que chaque participant dans la campagne embrassant tout le continent commencée par les croyants américains et particulièrement par ceux qui se sont engagés dans le travail de pionnier dans les territoires vierges, tienne à l'esprit la nécessité de garder un contact étroit et constant avec ces organismes responsables désignés pour diriger, - coordonner et faciliter les activités d'enseignement de la communauté entière.

Que ce soit le corps de leurs représentants nationaux élus ou que ce soient les principales institutions auxiliaires, le comité national d'enseignement ou ses organes subsidiaires, les comités régionaux d'enseignement ou les Assemblées spirituelles locales et leurs comités d'enseignement respectifs, ceux qui travaillent pour diffuser la cause de Bahá'u'lláh devraient, par l'échange constant des idées, par des lettres, des circulaires, des rapports, des bulletins et d'autres moyens de communication avec ces instruments établis et désignés pour la propagation de la foi, assurer un fonctionnement sans heurts et rapide de l'appareil d'enseignement de leur ordre administratif. La confusion, le retard, la duplication des efforts, la dissipation des énergies seront ainsi complètement évités et le puissant flot de grâce de Bahá'u'lláh, coulant en abondance et sans le moindre obstacle à travers des canaux essentiels inonderont à tel point les coeurs et les âmes des hommes qu'ils soient aptes à produire la moisson prédite à plusieurs reprises par 'Abdu'l-Bahá.

Dans cet effort concerté et sans précédent des annales de la communauté bahá'íe américaine, repose sur chaque participant l'obligation spirituelle de faire du mandat d'enseigner, si vitale ment impérieux pour tous, l'intérêt dominant de sa vie. Dans ses activités et ses contacts journaliers, dans tous ses voyages d'affaires ou autres, lors de ses vacances et de ses excursions et dans toute mission qu'il pourra être appelé à entreprendre, chaque porteur du message de Bahá'u'lláh devrait considérer non seulement comme une obligation mais comme un privilège de répandre partout les graines de sa foi et d'être satisfait de l'assurance permanente que, quelle que soit la réponse immédiate à ce message et aussi inadéquat que soit le véhicule qui l'a transmis, le pouvoir de son auteur rendra ces graines aptes à germer, quand ü le juge opportun et dans des circonstances que nul ne peut prévoir, il enrichira la moisson que le labeur de ses disciples récoltera. S'il est membre de n'importe quelle Assemblée spirituelle, qu'il encourage son Assemblée à consacrer une certaine partie de son temps, lors de chaque séance, à la considération sérieuse et emplie de prière de tels voies et moyens qui puissent stimuler la campagne d'enseignement ou fournir toutes ressources disponibles pour son progrès, son extension et sa consolidation. S'il participe à son école d'été - et chacun, sans exception, est exhorté à profiter d'y participer - qu'il considère une telle occasion comme une possibilité bienvenue et précieuse d'enrichir, par les conférences, l'étude, la discussion, ses connaissances des principes essentiels de sa foi et à être à même, ainsi, de transmettre avec plus de confiance et d'efficacité le message qui a été confié à ses soins. Qu'il cherche, de plus, quand c'est possible, par des visites entre communautés, à stimuler le zèle pour l'enseignement et à démontrer aux profanes l'enthousiasme et la prestesse des promoteurs de la cause et l'unité organique de ses institutions.

Que celui qui parmi les participants de cette croisade ressent l'impulsion qui englobe toutes les races, toutes les républiques, classes et dénominations de l'hémisphère occidental tout entier, se lève et, à la faveur des circonstances, attire l'attention en particulier et gagne en' fin de compte l'adhésion sans réserve des races noire, indienne, esquimaude et juive à la foi. Aucun service plus louable et plus méritoire ne peut être rendu à la cause de Dieu, à l'heure présente, que l'effort couronné de succès d'accroître la diversité des membres de la communauté bahá'íe américaine en enflant les rangs de la foi par l'enrôlement des membres de ces races-là. L'alliage de ces éléments hautement différenciés de la race humaine, harmonieusement entrelacés en une trame d'une fraternité bahá'íe englobant tout le monde et assimilant par le processus dynamique d'un ordre administratif divinement désigné et chacun contribuant pour sa part à l'enrichissement et à la gloire de la vie de la communauté bahá'íe, est certainement une réalisation dont la contemplation doit réchauffer et enthousiasmer chaque coeur bahá'í. "Considérez les fleurs d'un jardin," a écrit 'Abdu'l-Bahá, "bien que différentes par l'espèce, la couleur, l'aspect et la forme, pourtant, dans la mesure où elles sont rafraîchies par les eaux d'une même source, revivifiées par le souffle d'un même vent, revigorées par les rayons d'un même soleil, cette diversité accroît leur charme et amplifie leur beauté. Combien ce serait désagréable à l'ouille si toutes les fleurs et plantes, les feuilles et fleurs, les fruits, les branches et les arbres de ce jardin étaient tous de la même forme et de la même couleur! La diversité des teintes, de l'aspect et de la forme enrichit et pare le jardin et met en valeur son effet. De la même manière, lorsque diverses nuances de pensée, de tempérament et de caractère seront rassemblées sous la puissance, et l'influence d'un seul agent central, la beauté et la gloire de la perfection humaine se révéleront et deviendront manifestes. Rien, hormis le pouvoir céleste de la parole de Dieu qui gouverne et transcende les réalités de toutes choses, n'est capable d'harmoniser la divergence de pensées, de sentiments, d'idées et de convictions des enfants des hommes." "J'espère," est le désir exprimé par 'Abdu'l-Bahá, "que vous ferez en sorte que cette race opprimée (la noire) deviendra glorieuse et se joindra à la race blanche pour servir le monde de l'homme avec la plus grande sincérité, amour et pureté. " " Une des questions importantes, " a-t-il aussi écrit, " qui concerne l'unité et la solidarité du genre humain est l'amitié et l'égalité des races blanche et de couleur." "Vous devez attribuer une grande importance," écrit 'Abdu'l-Bahá dans les Tablettes du Plan divin, "aux Indiens, habitants originels de l'Amérique. Car ces âmes-là peuvent être comparées aux anciens habitants de la péninsule arabe qui, avant la révélation de Muhammad étaient comme des sauvages. Lorsque la lumière de Muhammad brilla parmi eux, ils devinrent tellement enflammés qu'ils diffusèrent de la lumière sur tout le monde entier. De même, si ces Indiens étaient éduqués et guidés convenablement, il ne peut y avoir un doute que, par les enseignements divins ils deviendraient tellement illuminés que la terre tout entière en serait illuminée." "Si cela est possible," a encore écrit 'Abdu'l-Bahá, "envoyez des enseignants en d'autres parties du Canada; de même, dépêchez des enseignants au Groenland et au pays des Esquimaux." " Si Dieu le veut, " a-t-il écrit de plus dans ces mêmes tablettes, " puisse l'appel du Royaume atteindre les oreilles des Esquimaux... Si vous déployez des efforts, de telle sorte que les fragrances de Dieu puissent être diffusées parmi les Esquimaux, l'effet en sera très grand et se diffusera au loin." "Loué soit Dieu," écrit 'Abdu'l-Bahá, "que tout ce qui a été annoncé dans les 'Tablettes Bénies aux Israéliens' et les choses explicitement écrites dans les lettres de 'Abdu'l-Bahá ont été accomplies... Quelques-unes sont déjà advenues, d'autres se dévoileront dans le futur. Dans ses tablettes sacrées, la Beauté Antique a explicitement écrit que le jour de leur humiliation est achevé. Sa munificence les abritera et cette race-là progressera de jour en jour et sera délivrée de son obscurité et de sa dégradation séculaires. "

Que ceux qui occupent des positions administratives en leur qualité de membres de l'Assemblée spirituelle nationale ou de comités d'enseignement nationaux, régionaux ou locaux, aient continuellement à l'esprit la nécessité urgente et vitale d'assurer, dans un délai aussi bref que possible, la formation, dans les quelques États restants de la république d'Amérique du Nord et des provinces du dominion du Canada, de groupes, aussi petits et rudimentaires qu'ils soient, et de fournir toutes les facilités en leurs moyens afin de rendre ces noyaux récemment formés capables d'évoluer, rapidement et dans un cadre sain, vers des Assemblées reconnues fonctionnant convenablement et se suffisant à elles-mêmes. Dans la pose de telles fondations, dans l'érection de tels avant-postes - une oeuvre reconnue comme ardue, douloureusement nécessaire et hautement inspirante, - les membres individuels de la communauté bahá'íe américaine doivent prêter leur soutien abondant, continu et enthousiaste. Aussi sages que soient les mesures que leurs représentants élus puissent projeter, aussi pratiques et bien conçus que soient les plans qu'ils puissent formuler, de tels mesures et plans ne peuvent jamais produire aucun résultat satisfaisant à moins qu'un nombre suffisant de pionniers aient décidé de faire les sacrifices nécessaires et de se porter volontaires pour mener ces projets à réalisation. Implanter, une fois pour toutes, la bannière de Bahá'u'lláh dans le coeur de ces territoires vierges, ériger les assises des structures de son ordre administratif dans leurs villes et villages et établir l'ancrage ferme et permanent pour ses institutions dans l'esprit et le coeur de leurs habitants, constitue, je le crois fermement, le pas premier et le plus significatif dans les étapes successives par lesquelles la campagne d'enseignement, inaugurée dans le an de sept ans, doit s'acheminer. Tandis que l'ornementation externe du Mashriqu'l-Adhkár, dans ce même Plan, est maintenant entrée dans la phase finale de son développement, la campagne d'enseignement est encore à ses stades initiaux et est loin d'avoir étendu d'une manière efficace ses ramifications soit à ces territoires vierges soit à ces républiques situées dans le sud du continent américain. L'effort requis est prodigieux, les conditions préliminaires dans lesquelles ces fondations doivent être effectuées sont souvent peu attirantes et défavorables, les travailleurs dont la situation permet d'entreprendre de telles tâches sont limités et les ressources dont ils disposent sont menues et inadéquates. Et pourtant, combien souvent la plume de Bahá'u'lláh nous a-t-elle assuré que "si un homme tout seul se lève au nom de Bahá et endosse l'armure de Son amour, le Tout-Puissant le rendra victorieux, même si les forces de la terre et du ciel se rangent contre lui. " N'a-t-il pas écrit: " Par Dieu hormis Lequel il n'y pas d'autre Dieu! Si quiconque se lève pour le triomphe de notre cause, Dieu le rendra victorieux même si des dizaines de milliers d'ennemis se liguent contre lui. Et si son amour pour moi devient de plus en plus fort, Dieu établira son ascendant sur tous les pouvoirs de la terre et du ciel... " "Considérez l'oeuvre des générations précédentes," a écrit 'Abdu'l-Bahá, "durant la vie de Jésus-Christ les âmes croyantes et fermes n'étaient q ' une poignée qu'on dénombrait, mais les bénédictions célestes descendirent si copieusement qu'après un certain nombre d'années d'innombrables âmes entrèrent sous l'ombre de l'Evangile. Dieu a dit dans le Coran: "Une graine produira sept épis et chaque épi contiendra cent graines." En d'autres mots, une graine deviendra sept cents; et si Dieu le veut ainsi, Il les doublera aussi. Il est souvent arrivé qu'une âme bénie est devenue le guide d'une nation. Maintenant nous ne devons pas considérer notre habileté et notre capacité, mais plutôt nous devons fixer notre regard sur les faveurs et les munificences de Dieu, en ces jours, qui a fait d'une goutte un océan et d'un atome un soleil. " Que ceux qui se résolvent à être les premiers à hisser l'étendard d'une telle cause sous de telles conditions et dans de tels territoires, nourrissent leurs âmes du pouvoir fortifiant de ces paroles-là, et "endossant l'armure de Son amour," un amour qui doit "devenir de plus en plus fort" pendant qu'ils persévèrent dans leur tâche solitaire, se lèvent pour orner du compte de leurs actions les pages les plus brillantes qui aient jamais été écrites dans l'histoire spirituelle de leur pays.

"Quoique," a écrit 'Abdu'l-Bahá dans les Tablettes du Plan divin, "dans la plupart des Etats et des villes des États-Unis, Dieu soit loué, Ses fragrances soient diffusées et d'innombrables âmes soient en train de tourner leurs faces et d'avancer vers le royaume de Dieu, cependant, dans quelques Etats, l'étendard de l'unité n'a pas encore été hissé comme cela devrait l'être, ni les mystères des livres saints tels que la Bible, l'Evangile et le Coran éclaircis. Par les efforts concertés de tous les amis l'étendard de l'unité doit à tout prix être déployé dans ces Etats et les enseignements divins promus, de telle sorte que ces Etats puissent aussi recevoir leur part des présents célestes et leur lot de la Plus Grande Direction." "L'avenir du dominion du Canada," affirme-t-il dans une autre tablette du plan divin, "est très grand et les événements en corrélation avec lui infiniment glorieux. L'oeil de la bienveillance de Dieu se dirigera vers lui et il deviendra la manifestation des faveurs du Tout-Glorieux." "A nouveau je le répète," réaffirme-t-il dans la même tablette, "le futur du Canada tant du point de vue matériel que spirituel est très grand. "

L'ÉVEIL DE L'AMÉRIQUE LATINE

A peine ce départ a-t-il été pris, comportant comme cela se doit la formation d'au moins un noyau dans chacun de ces États et provinces vierges sur le continent nord-américain, que l'appareil en vue d'une intensification énorme de l'effort bahá'í concerté doit être mis en branle dont le but devrait être le renforcement des nobles efforts que seulement une poignée de croyants isolés sont maintenant en train de déployer pour l'éveil des nations de l'Amérique latine à l'appel de Bahá'u'lláh. La campagne ne peut pas être considérée comme complètement lancée ou le plan lui-même comme ayant atteint le stade le plus décisif de son évolution jusqu'à ce que la seconde phase de la campagne d'enseignement, dans le plan de sept ans, n'ait 'été commencée. Si puissantes seront les effusions de la grâce divine qui se déverseront sur une communauté vaillante qui a déjà, dans la sphère administrative, érigé, dans toute la gloire de son ornementation extérieure, son édifice principal, et qui a hissé dans le champ de l'enseignement, dans chaque État et province du continent nord-américain, la bannière de sa foi, - si grandes seront ces effusions que ses membres se trouveront stupéfaits par les preuves de leur pouvoir régénérateur.

Le comité interaméricain doit, à un tel stade, même avant que ce dernier soit commencé, s'élever au niveau de ses occasions et déployer une vigueur, une consécration et une initiative qui seront à la mesure des responsabilités qu'il a endossées. L'on ne devrait pas oublier, même pour un instant, que l'Amérique centrale et du Sud englobent non moins de vingt nations indépendantes, constituant approximativement un tiers du nombre total des États souverains du monde et qu'ils sont destinés à prendre une part de plus en plus importante dans le tissage du destin futur du monde. Comme le monde se contracte en un voisinage et que les destinées de ses races, de ses nations et de ses peuples deviennent inextricablement liées, la distance de ces États de l'hémisphère occidental s'évanouit et les possibilités latentes en chacun d'eux deviennent de plus en plus apparentes.

Quand ce second stade du développement progressif des activités et des initiatives d'enseignement, dans le plan de sept ans, sera atteint et que l'appareil requis à sa poursuite commencera à fonctionner, les croyants américains, les pionniers au coeur vaillant de ce mouvement puissant doivent, guidés par la lumière infaillible de Bahá'u'lláh et en strict accord avec le plan projeté par 'Abdu'l-Bahá et agissant sous les directives de l'Assemblée spirituelle nationale et assurés de l'aide du comité interaméricain, lancer une offensive contre les forces de l'obscurité, de la corruption et de l'ignorance, une offensive qui doit s'étendre jusqu'à la pointe extrême du continent méridional et contenir dans sa portée chacune des vingt nations qui le composent.

Qu'à ce moment crucial, quelques-uns ceignent les reins de leurs efforts, s'enfuient de leur pays natal, de leurs villes et de leurs États, abandonnent leur patrie et " plaçant leur entière confiance en Dieu, comme meilleur viatique pour leur périple", tournent leurs faces et dirigent leurs pas vers ces contrées lointaines, ces territoires vierges, ces cités non conquises et dirigent leurs énergies pour capturer les citadelles des coeurs des hommes - coeurs, ainsi que Bahá'u'lláh l'a écrit, que "les cohortes de la révélation et du Verbe peuvent subjuguer." Qu'ils ne tardent pas jusqu'à l'instant où leurs collaborateurs auront dépassé le premier stade dans leur campagne d'enseignement, mais qu'ils se lèvent plutôt, dès cet instant même, pour inaugurer la phase d'ouverture qui sera considérée comme l'un des chapitres les plus glorieux de l'histoire internationale de leur foi. Que, dès le début, "ils s'enseignent eux-mêmes, de telle manière que leurs propos puissent attirer les coeurs de leurs auditeurs. " Qu'ils considèrent le triomphe de leur foi comme leur "objectif suprême." Qu'il ne "tiennent pas compte de l'ampleur ou de l'étroitesse du récipient" qui contient la mesure de grâce que Dieu déverse en flots en cet âge. Qu'ils se défassent de toute attache à ce monde et à ses vanités, avec cet esprit de détachement que 'Abdu'l-Bahá incarnait et qu'il souhaitait les voir égaler, amènent peuples et ces pays hétérogènes à se souvenir de Dieu et de Sa manifestation suprême. Que Son amour "une mine de trésors pour leurs âmes," le jour "chaque pilier tremblera, où les peaux des hommes! frémiront, où tous les yeux seront fixes de terreur." Que leurs "âmes soient embrasées par la flamme du feu impérissable qui brûle au coeur même du monde, d telle façon que les eaux de l'univers soient impuissantes à refroidir son ardeur. " Qu'ils soient " affranchis comme le vent que ni l'aspect de la désolation ni les signes de la prospérité ne peuvent ni peiner ni réjouir." Qu'ils " délient leurs langues et proclament incessamment Sa cause." Qu'ils "proclament ce dont le Plus Grand Esprit les inspirera à énoncer au service de la cause de leur Seigneur." Qu'ils "se tiennent sur leurs gardes afin de ne pas se disputer avec quiconque, mais s'efforcent plutôt de le rendre conscient de la vérité de manière affable et par l'exhortation la plus convaincante. " Qu'ils " proclament Son message uniquement par amour de Dieu et qu'ils acceptent avec ce même esprit toute réponse que leurs paroles peuvent susciter chez leur auditeurs. " Qu'ils n'oublient pas, un seul instant, que " l'Esprit Fidèle les fortifiera par son pouvoir, " et qu'une "compagnie de Ses anges choisis les escorteront ainsi qu'il a été ordonné par Celui qui est l'Omnipotent, le Sage." Qu'ils tiennent toujours à l'esprit "combien grande est la béatitude qui est réservée à ceux qui ont atteint l'honneur de servir l'Omnipotent," et qu'ils se souviennent qu'un " tel service est véritablement le prince de toute belle action et l'ornement de tout bon acte. " Et, finalement, pendant qu'ils poursuivent leur trajet à travers et de long en large du continent sud-américain, que ces paroles émouvantes de Bahá'u'lláh soient toujours sur le bord de leurs lèvres, un réconfort pour leurs coeurs, un phare sur leur sentier, un compagnon dans leur solitude et une nourriture journalière dans leurs périples: "Ô voyageur sur le sentier de Dieu! Prends ta part de l'océan de Sa grâce et ne te prive pas des choses qui sont cachées dans ses profondeurs... Une goutte de cet océan suffirait, si elle était versée sur tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, à les combler de la générosité de Dieu, l'Omnipotent, l'Omniscient, le Très-Sage. Avec les mains de la renonciation puise dans ces eaux vivifiantes et asperges-en toutes choses créées afin qu'elles soient purifiées de toutes les limitations humaines et qu'ils puissent approcher le siège puissant de Dieu, ce lieu sanctifié et resplendissant. Ne sois pas affligé si tu l'accomplis tout seul. Que Dieu te suffise entièrement.,.. Proclame la cause de ton Seigneur à tous qui sont aux cieux et sur la terre. Si quelqu'un répond à ton appel, dévoile devant lui les perles de la sagesse du Seigneur, ton Dieu, que Son Esprit a fait descendre sur toi et sois de ceux qui croient sincèrement. Et si quelqu'un repousse ton offre, détourne-toi de lui et place ta foi et ta confiance en le Seigneur de tous les mondes. Par la justice de Dieu! Quiconque desserre ses lèvres en ce jour et fait mention du nom de son Seigneur, les cohortes de l'inspiration divine descendront sur lui du ciel de mon nom, l'Omniscient, le Très-Sage.

Sur lui descendra aussi le Concours suprême, tenant haut chacun un calice de pure lumière. Ainsi a-t-il été pré-ordonné dans le royaume de la révélation de Dieu, sur l'ordre de Celui Qui est le Tout-Glorieux, le Tout-Puissant. "

Que ces paroles de 'Abdu'l-Bahá, butinées des tablettes du plan divin, résonnent de façon identique dans leurs oreilles, au moment où ils se mettent en branle, avec assurance et sans crainte, pour sa mission: "Ô vous, les apôtres de Bahá'u'lláh! Que ma vie soit sacrifiée pour vous! ... Regardez les portails que Bahá'u'lláh a ouverts devant vous! Considérez combien exalté et élevé est le rang que vous êtes destinés à atteindre; combien uniques sont les faveurs dont vous avez été dotés." "Mes pensées se tournent vers vous et mon coeur tressaille en moi à votre mention. Si vous pouviez savoir à quel point mon âme est embrasée de votre amour, une si grande joie inonderait vos coeurs que vous deviendriez pleins d'amour les uns pour les autres." " La mesure complète de votre succès n'est pas encore révélée, sa signification pas encore comprise. Sous peu vous serez témoins de vos propres yeux, combien brillamment chacun de vous, tel un astre resplendissant, diffusera au firmament de votre pays la lumière de la direction divine et conférera à son peuple la gloire d'une vie immortelle." "J'espère fermement que dans le proche avenir la terre tout entière sera remuée et secouée par les résultats de vos réalisations." "Le Tout-Puissant vous accordera sans aucun doute le secours de Sa grâce, vous investira des preuves de Sa puissance et revêtira vos âmes du pouvoir fortifiant de Son Esprit saint." "Ne soyez pas préoccupés de votre nombre limité ni angoissés par la multitude d'un monde mécréant... Astreignez-vous; votre mission est indiciblement glorieuse. Si le succès couronne votre entreprise, l'Amérique évoluera certainement en un centre dont émaneront les vagues du pouvoir spirituel et le trône du royaume de Dieu s'y établira fermement dans la plénitude de Sa majesté et de Sa gloire."

L'on devrait se souvenir que la réalisation du plan de sept ans implique, en ce qui concerne le travail d'enseignement, pas moins que la formation d'au moins un centre dans chacune des républiques de l'Amérique centrale et du Sud. Le centième anniversaire de la naissance de la foi de Bahá'u'lláh devrait témoigner, si le plan déjà lancé doit être couronné de succès, de la pose, dans chacun de ces pays-là, d'assises, bien que rudimentaires, sur lesquelles la génération montante des croyants américains pourrait être à même de construire, dans les années initiales du second siècle de l'ère bahá'íe. Ce sera leur tâche, au cours des décades successives, d'étendre et de renforcer ces fondations et de pourvoir à la direction, à l'assistance et à l'encouragement nécessaires qui rendront les groupes particulièrement disséminés des croyants dans ces pays-là capables d'établir des Assemblées locales indépendantes et convenablement constituées et d'ériger ainsi le cadre de l'ordre administratif de leur foi. L'érection d'une telle structure est avant tout la responsabilité de ceux que la communauté des croyants nord-américains ont convertis au message divin. C'est une tâche qui doit impliquer, à part l'obligation immédiate de rendre chaque groupe capable d'évoluer en Assemblée locale, l'établissement de l'appareil entier de l'ordre administratif conformément aux principes spirituels et administratifs gouvernant la vie et les activités de chaque communauté bahá'íe établie à travers le monde. Aucune déviation de ces principes cardinaux et clairement énoncés, incarnés et préservés dans les constitutions bahá'íes nationales et locales, communs à toutes les communautés bahá'íes, ne peut être tolérée en aucune circonstance. Ceci est cependant une tâche concernant ceux qui, à une époque ultérieure doivent se lever pour faire une oeuvre qui, à toutes fins utiles, n'a pas encore été efficacement amorcée.

LES FONDATIONS NECESSAIRES

Frayer la voie d'une façon plus systématique à la pose des fondements nécessaires sur lesquels de telles institutions nationales et locales permanentes peuvent être érigées et solidement établies est une tâche qui demandera très bientôt l'attention concentrée de ceux qui exécutent et poursuivent le plan de sept ans. Aussitôt'-' que leur obligation immédiate en rapport avec l'ouverture des quelques territoires restants aux États-Unis et au Canada aura été remplie, un plan soigneusement tracé devrait être conçu visant à l'établissement d'une telle fondation. Ainsi qu'il a déjà été affirmé, les préparatifs à ces vastes entreprises préliminaires dont. la portée doit embrasser tout le territoire occupé par les républiques de l'Amérique Centrale et du Sud constituent le coeur même et doivent décider ultérieurement du sort de la campagne d'enseignement conduite sous le plan de sept ans. De cette campagne doit dépendre non seulement l'accomplissement effectif des obligations solennelles entreprises en rapport avec le présent plan, mais aussi le déploiement progressif des stades successifs essentiels à la réalisation de la vision de 'Abdu'l-Bahá concernant le rôle que les croyants américains doivent jouer dans la propagation de leur cause tout autour du monde.

Ces entreprises certes préliminaires aux travaux astreignants et organisés par lesquels des générations futures de croyants dans les pays latins doivent se distinguer, requièrent à leur tour, sans un moment de répit de la part de l'Assemblée spirituelle nationale et tant du comité national d'enseignement que du comité interaméricain, des investigations assidues préparant l'envoi de résidents et d'enseignants itinérants dont le privilège sera de lancer l'appel du nouveau jour sur un continent nouveau.

Je peux seulement tenter, dans mon désir de rendre quelques services à ceux qui sont destinés à assumer de telles responsabilités gigantesques et à se soumettre à une telle abnégation, d'offrir quelques suggestions utiles qui, je l'espère, faciliteront l'accomplissement du grand ouvrage à réaliser dans le très poche avenir. A cette oeuvre qui, une fois achevée, doit constituer une borne historique de première importance, les énergies de la communauté tout entière doivent être résolument consacrées. Le nombre des enseignants bahá'ís, qu'ils soient résidents ou itinérants, doit être substantiellement accru. Les ressources matérielles à mettre à leur disposition doivent être multipliées et efficacement administrées. La littérature dont ils doivent être équipés doit être amplement augmentée. La publicité destinée à les aider dans la distribution d'une pareille littérature devrait être étendue, centralement organisée et vigoureusement poursuivie. Les possibilités latentes dans ces pays-là devraient être diligemment exploitées et systématiquement développées. Les divers obstacles érigés par les conditions politiques et sociales très multiples prévalant dans ces pays devraient être examinés de près et surmontés avec détermination. En un mot, aucune occasion ne doit être négligée et aucun effort épargné pour poser une base aussi large et aussi solide que possible au progrès et au développement de la plus grande entreprise d'enseignement jamais lancée par la communauté bahá'íe américaine.

La traduction soignée d'écrits bahá'ís importants tels que ceux liés à l'histoire, aux enseignements ou à l'ordre administratif de la foi et leur dissémination ample et systématique en vastes quantités et à travers autant de ces républiques que possible et dans des langues qui soient les plus adaptées et les plus nécessaires sembleraient être les principales mesures et les plus urgente à être prises simultanément avec l'arrivée des pionnier travaillant dans ces contrées. "Des livres et des brochures," écrit 'Abdu'l-Bahá dans une des tablettes du plan divin, "doivent être soit traduits soit composé dans les langues de ces pays et îles pour être diffusé de toutes parts et dans toutes les directions." Dans le pays où aucune objection ne peut être soulevée par le autorités civiles ou par des cercles influents, cette mesuré devrait être renforcée par la publication, dans divers organes de la presse, d'articles et de lettres soigneuses ment formulés, destinés à bien faire comprendre public en général certains traits de l'histoire émouvants de la foi et la portée et le caractère de ses enseignements.

Chaque travailleur dans ces contrées, soit en tant qu'enseignant itinérant soit en tant que résident, devra je pense, avoir comme principale et constante préoccupation de s'associer, d'une manière amicale, à toutes le couches de la population, sans égard à la classe, à la dénomination, à la nationalité ou à la couleur, de s familiariser avec leurs idées, leurs goûts, leurs coutumes, d'étudier l'approche la mieux appropriée, de se concerter, patiemment et avec tact, sur une poignée ayant démontré une capacité et une réceptivité prononcées t de s'efforcer, avec extrême gentillesse, d'implanter dans leurs coeurs un tel amour, zèle et dévotion, qu'ils soient aptes, à leur tour, à devenir des promoteurs autonomes et indépendants de la foi dans leurs localités respectives. " Associez-vous avec tous les hommes, ô peuple de Bahá, " est l'exhortation de Bahá'u'lláh, "dans un esprit d'amitié et de camaraderie. Si vous êtes conscients d'une certaine vérité, si vous possédez un joyau dont les autres sont privés, partagez-le avec eux dans un langage d'une gentillesse et d'une bienveillance extrêmes. S'il est accepté, s'il remplit son but, votre objectif est atteint. Si quiconque devait le refuser, laissez-le à lui-même et suppliez Dieu de le guider. Prenez garde de ne pas agir de façon malveillante envers lui. Une langue bienveillante est la pierre d'aimant des coeurs des hommes. Elle est le pain de l'esprit, elle revêt les paroles de signification, elle est la fontaine de lumière, de sagesse et de compréhension. "

Un effort, d'ailleurs, peut et devrait être fait, non seulement par les corps représentatifs bahá'ís, mais aussi par les enseignants futurs aussi bien que par les autres croyants individuels privés du privilège de visiter ces côtes ou de s'établir sur ce continent, de saisir toute occasion qui se présente pour faire la connaissance et éveiller l'intérêt sincère de telles personnes qui soient ou bien des citoyens de ces pays ou bien liées d'une façon ou d'une autre avec eux, quels que soient leurs intérêts ou leur profession. Par la gentillesse témoignée à leur égard ou par la littérature qui peut leur être donnée ou toute relation qu'ils peuvent établir avec eux, les croyants américains peuvent ainsi semer dans leur coeur des graines qui pourraient, dans les circonstances futures, germer et produire des résultats des us inattendus. Ils devraient avoir soin, cependant, en tout temps, dans leur ardeur à promouvoir les intérêts internationaux de la foi, de ne pas dévier de leur but et, par un geste quelconque qui pourrait être mal interprété comme tentative de prosélytisme et de pression excessive sur eux, de ne pas détourner ceux qu'ils désirent gagner à leur cause.

APPEL POUR DES PIONNIERS

J'aimerais adresser mon appel à ces croyants américains-ci, certes douloureusement assaillis par les tâches multiples, urgentes et toujours accrues qui les confrontent à l'heure présente, qui pourraient trouver la possibilité, quels que soient leur métier ou leur situation, en tant que commerçants, enseignants, avocats, médecins, écrivains, employés de bureau et emplois similaires, de s'établir comme résidents permanents dans tels pays qui pourraient leur offrir des possibilités raisonnables de gagner leurs moyens de subsistance. Ils allégeront, par leur action, la pression continuellement croissante sur leur fonds d'enseignement qui, vu ses dimensions restreintes doit pourvoir, quand ce n'est pas possible autrement, aux frais de voyage et divers encourus en rapport avec le développement de cette vaste entreprise. S'ils trouvent impossible de saisir l'avantage d'un privilège si rare et si sacré, qu'ils décident, ayant à l'esprit les paroles de Bahá'u'lláh, chacun selon les moyens à sa disposition, de désigner un délégué qui, pour le compte de ce croyant-là, se lèvera et remplira une mission si noble. "Concentrez vos énergies, " sont les paroles de Bahá'u'lláh, " sur la propagation de la foi de Dieu. Quiconque est digne d'une vocation si élevée, qu'il se lève et la réalise. Quiconque n'est pas à même de la faire, c'est de son devoir de désigner celui qui à sa place proclamera cette révélation, dont le pouvoir a fait trembler les fondations des structures les plus puissantes, qui a réduit chaque montagne en poussière et a été la cause de la stupéfaction de chaque âme. "

Quant à ceux qui ont pu quitter leurs foyers et leur pays et ont pu servir dans ces régions, soit d'une façon temporaire ou permanente, un devoir spécial, qu'ils doivent avoir continuellement à l'esprit, leur incombe. Ceci devrait être un de leurs buts principaux de maintenir, d'une part, le contact constant avec le comité national auquel la promotion de cette oeuvre a été spécifiquement confiée et de coopérer d'autre part par tous les moyens possibles, et dans la plus grande harmonie, avec leurs compagnons-croyants dans ces pays-là, quels que soient les domaines dans lesquels ils travaillent, quels que soient leur standing, leurs capacités ou leur expérience. En accomplissant leur premier devoir ils puiseront le stimulant nécessaire et obtiendront la direction nécessaire qui les rendront aptes à exécuter leur mission efficacement et, à travers les rapports réguliers de ce comité, ils vont transmettre au corps entier des compagnons croyants les nouvelles des derniers développements de leurs activités. En accomplissant leur autre tâche ils assureront l'efficacité harmonieuse, ils faciliteront le progrès et ils préviendront tout incident fâcheux qui pourrait handicaper le développement de leur entreprise commune. Le maintien d'un contact étroit et de relations harmonieuses entre le comité interaméricain, auquel la responsabilité immédiate d'organiser une telle entreprise à grande portée a été confiée, et les pionniers privilégiés qui sont en train de réaliser, actuellement, cette oeuvre et d'étendre ses ramifications de tous côtés, aussi bien q ' ne parmi ces pionniers eux-mêmes, offrirait, à part ses avantages immédiats, un exemple digne et inspirant aux générations à venir qui poursuivront, dans toute sa complexité croissante, l'oeuvre amorcée à présent.

Il serait sans doute d'une importance et d'une valeur exceptionnelles, particulièrement en ces temps où les diverses restrictions imposées dans ces pays-là rendent difficile, pour un nombre considérable de pionniers bahá'ís, d'y établir leur résidence et d'y gagner leur subsistance, si quelques-uns parmi les croyants dont les revenus, même restreints, les pourvoient de moyens d'existence indépendante, pouvaient arranger leurs affaires de telle façon qu'ils puissent résider indéfiniment dans ces pays-là. Les sacrifices impliqués, le courage, la foi et la persévérance que cela demande sont sans aucun doute très grands. Leur valeur cependant ne peut jamais être convenablement jaugée en ces temps-ci et la récompense sans limites que recevront ceux qui en feront preuve ne peut jamais être décrite convenablement. "Ceux qui ont abandonné leur pays," est le témoignage propre de Bahá'u'lláh, "avec l'intention d'enseigner notre cause - ceux-ci, l'Esprit Fidèle les fortifiera par son pouvoir... Par ma vie! Aucun acte, si grand qu'il soit, ne peut lui être comparé excepté de telles actions qui ont été ordonnées par Dieu, le Tout Puissant, l'Omnipotent. Un tel service est en vérité le prince de toutes les bonnes actions et la parure de tout acte vertueux. " Une telle récompense, on devrait le noter, ne doit pas être considérée comme une bénédiction purement abstraite confinée à la vie future, mais aussi comme un bénéfice tangible que seuls un tel courage, une telle foi et persévérance peuvent conférer dans ce monde matériel. Les accomplissements indéfectibles, tant spirituels qu'administratifs, atteints sur le continent lointain de l'Australasie, et plus récemment en Bulgarie, par les croyants représentatifs tant du Canada que des Etats-Unis, proclament en termes non équivoques la nature de ces récompenses que, déjà en ce monde-ci, un héroïsme si sublime va forcément récolter. "Quiconque," a écrit Bahá'u'lláh, dans un passage mémorable, exaltant ceux de ses aimés qui ont "voyagé à travers les pays en Son Nom et pour Sa louange, est parvenu en leur présence, se glorifiera de leur rencontre et tous ceux qui résident en tous pays seront illuminés par leur souvenir. "

LA PART PRÉPONDÉRANTE

Je suis mû, quand dans cette conjoncture-là, je me souviens de la part que, dès les débuts de la foi en Occident, les servantes de Bahá'u'lláh, en tant que distinctes des hommes, ont eue à ouvrir, sans aide, dans des pays divers et grandement éparpillés sur l'entière surface du globe, non seulement à rendre hommage à une telle ferveur apostolique rappelant en vérité ces hommes héroïques responsables de la naissance de la foi de Bahá'u'lláh, mais aussi à souligner la signification d'une part si prépondérante que les femmes de l'Occident ont eue et ont toujours dans l'établissement de sa foi à travers le monde entier. " Parmi les miracles, " a témoigné 'Abdu'l-Bahá lui même, "qui distinguent cette dispensation sacrée, se trouve celui-ci que les femmes ont démontré une plus grande hardiesse que les hommes une fois enrôlées dans les rangs de la foi. " Un témoignage si grand et si splendide s'applique en particulier à l'Occident, et, bien qu'il ait reçu des confirmations abondantes et convaincantes jusqu'à présent, doit, avec l'écoulement des années, être renforcé davantage au moment où les croyants américains amorcent la phase la plus glorieuse de leurs activités d'enseignement dans le plan de sept ans. "La hardiesse," qui, dans les paroles de 'Abdu'l-Bahá, a qualifié leurs réalisations dans le passé, ne doit subir aucune éclipse pendant qu'ils se trouvent au seuil d'accomplissements encore plus grandioses et plus nobles. Elle doit, bien plutôt, dans le cours du temps et partout, de long en large des vastes territoires vierges de l'Amérique latine, se démontrer avec davantage de conviction et gagner pour la cause bien-aimée des victoires plus bouleversantes encore que celles réalisées jusqu'alors.

A LA JEUNESSE BAHA'IE

A la jeunesse bahá'íe d'Amérique, d'ailleurs, je sens qu'un mot devrait être adressé en particulier, lorsque je passe en revue les possibilités qu'une campagne de proportions si gigantesques a à offrir à l'esprit zélé et entreprenant qui les anime si puissamment pour le service de la cause de Bahá'u'lláh. Bien que dépourvus d'expérience et face à des ressources insuffisantes, l'esprit d'aventure qui les anime et la vigueur, la vivacité et l'optimisme qu'ils ont montrés conséquemment jusqu'alors les qualifient pour jouer un rôle actif pour éveiller l'intérêt et pour assurer l'allégeance de leurs camarades dans ces pays-là. Aucune preuve plus grande ne peut être apportée aux peuples des deux continents de la vitalité juvénile et du pouvoir vibrant animant la vie et les institutions de la foi naissante de Bahá'u'lláh qu'une participation intelligente, persistante et efficace de la jeunesse bahá'íe de toute race, nationalité et classe, dans les deux sphères des activités bahá'íes, tant de l'enseignement que de l'administration. Par une telle participation, les critiques et les ennemis de la foi, scrutant le processus évolutif de la cause de Dieu et de ses institutions à divers degrés de scepticisme et de ressentiment, peuvent être le mieux convaincus de la vérité indubitable qu'une telle cause est intensément vivante, qu'elle est saine jusqu'à son coeur et que ses destinées sont sauvegardées. J'espère et à cet effet je prie, pour qu'une telle participation contribue non seulement à la gloire, à la puissance et au prestige de la foi, mais qu'elle agisse si puissamment sur la vie spirituelle et qu'elle galvanise à tel point les énergies des jeunes membres de la communauté bahá'íe qu'Ils recevront le pouvoir de manifester, à un degré plus ample, leurs capacités inhérentes et de déployer un stade ultérieur de leur évolution spirituelle sous l'ombre de la foi de Bahá'u'lláh.

LA POSITION SPÉCIALE DU PANAMA

Fidèle aux clauses de la charte établie par la plume de 'Abdu'l-Bahá, je sens de mon devoir d'attirer l'attention particulière de ceux auxquels elle a été confiée sur les besoins urgents et la position spéciale dont jouit la république du Panama, aussi bien vu sa proximité relative au coeur et au centre de la foi en Amérique du Nord que sa situation géographique comme lien entre deux continents. "Tous les pays cités ci-dessus," a écrit 'Abdu'l-Bahá, se référant aux Etats latins dans une des tablettes du plan divin, "ont de l'importance, mais particulièrement la république du Panama, où, dans le canal du Panama, se joignent les océans Atlantique et Pacifique. C'est un centre de voyages et de passage de l'Amérique aux autres continents du monde et à l'avenir elle gagnera une plus grande importance encore." "De même," a-t-il écrit à nouveau, "vous devez consacrer beaucoup d'attention à la république du Panama, puisqu'à ce point-là l'Occident et l'Orient se trouvent réunis par le canal du Panama, et elle se situe entre deux grands océans. Cet endroit deviendra très important à l'avenir. Une fois établis là, les enseignements uniront l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud. " Une position si privilégiée réclame certainement l'attention particulière et prompte de la part de la communauté bahá'íe américaine. Avec la république du Mexique déjà ouverte à la foi et avec une Assemblée spirituelle valablement constituée dans sa capitale, la pénétration de la foi de Bahá'u'lláh vers le sud, dans les pays limitrophes, n'est qu'un pas naturel et logique et ne devrait pas s'avérer, c'est à espérer, comme une étape difficile. Aucun effort ne devrait être évité et aucun sacrifice ne devrait être jugé trop grand pour établir, ne serait-ce qu'un très petit groupe dans une république qui occupe, aussi bien spirituellement que géographiquement, une position aussi stratégique - un groupe, vu la puissance dont les paroles de 'Abdu'l-Bahá l'ont déjà dotée, qui ne peut qu'y attirer dès sa formation la grâce débordante du Royaume d'Abhá et qu'évoluer avec une rapidité si merveilleuse qu'elle suscitera l'émerveillement et l'admiration même de ceux qui ont déjà été témoins de preuves si bouleversantes de la force et du pouvoir de la foi de Bahá'u'lláh. Sans aucun doute, la préférence devrait être accordée par tous les pionniers éventuels de même que par les membres du comité interaméricain aux besoins spirituels de cette république privilégiée, bien que tout effort doive, au même temps, être fait pour introduire la foi, même s'il ne s'agit que d'une tentative, dans les républiques du Guatemala, de Honduras, d'El Salvador, de Nicaragua et de Costa Rica, qui la lierait comme par une chaîne ininterrompue avec les assemblées mères du continent nord-américain. Des obstacles même redoutables devraient être surmontés, les ressources de la trésorerie bahá'íe devraient être dépensées libéralement à son compte et les efforts les plus habiles et les plus précieux devraient se consacrer à la cause de son éveil. L'érection d'encore un autre avant-poste de la foi, dans son coeur, constituera, je le crois fermement, une borne dans l'histoire de la période formative de la foi de Bahá'u'lláh au Nouveau Monde. Cela créera des occasions sans limites, galvanisera les efforts, ranimera la vie de ceux qui auront accompli cet exploit et infusera un immense courage et une joie infinie dans les coeurs des groupes isolés et des individus dans les républiques limitrophes et éloignées et exercera. des influences spirituelles intangibles et pourtant puissantes sur la vie et le développement futur de ses peuples.

UNE SAGESSE IMPÉNÉTRABLE, UNE VOLONTÉ ABSOLUMENT IRRÉSISTIBLE

Telles, amis chèrement aimés, sont les perspectives qui s'étendent devant les yeux et lancent un défi aux ressources de la communauté bahá'íe américaine en ces années finales du premier siècle de l'ère bahá'íe. Telles sont les qualités et les qualifications requises d'eux pour la décharge convenable de leurs responsabilités et de leurs devoirs. Telles sont les exigences, les possibilités et les objectifs du plan qui réclame chaque atome de leur énergie. Qui sait si ces quelques années qui restent et qui s'envoleront rapidement ne sont pas lourdes d'événements d'une ampleur inimaginable, de conflits plus, dévastateurs encore qu'aucun précédent. Les dangers, aussi sinistres qu'ils soient, ne doivent à aucun instant obscurcir le rayonnement de leur foi nouveau-née. Les luttes et la confusion, si déroutantes qu'elles soient, ne doivent jamais voiler leur vue. Les tribulations, si affligeantes qu'elles soient, ne doivent jamais ébranler leur résolution. Des dénonciations, si bruyantes qu'elles soient, ne doivent jamais saper leur loyauté. Des agitations, si bouleversantes qu'elles soient, ne doivent jamais dévier leur parcours. Le présent plan incarnant les espoirs germants d'un maître doit être poursuivi, implacablement poursuivi, quoi que ce soit qui leur arrivera à l'avenir, si affolantes que soient les crises qui puissent agiter leur pays ou le monde. Loin de relâcher leur résolution, loin de laisser leur tâche sombrer dans l'oubli, ils ne devraient en aucun instant, si fortement secoués qu'ils soient par les circonstances, oublier que la synchronisation de telles crises ébranlant le monde avec le déploiement progressif et avec la réalisation de leur mission divinement désignée est, en elle, une oeuvre de la Providence, le dessein d'une Sagesse impénétrable, et l'intention d'une Volonté absolument irrésistible, une Volonté qui dirige et qui contrôle, à sa façon mystérieuse, tant le sort de la foi que les destinées des hommes. Des processus pareillement simultanés de montée et de chute, d'intégration et de désintégration, d'ordre et de chaos, avec leurs réactions continues et réciproques entre elles, les unes sur les autres, ne sont que les aspects d'un plus grand plan, unique et indivisible, dont la source est Dieu, dont l'auteur est Bahá'u'lláh dont la scène des opérations est la planète tout entière et dont les objectifs ultimes sont l'unité de la race humaine et la paix de tout le genre humain.

De pareilles réflexions devraient renforcer la résolution de l'entière communauté bahá'íe, devraient dissiper leurs craintes et les stimuler à se redédier à chaque clause particulière de cette charte divine dont les grandes lignes ont été tracées pour eux par la plume de Abdu'l-Bahá. Le plan de sept ans, ainsi qu'il a déjà été affirmé, n'est que le stade initial, le tremplin pour le déploiement des implications de cette charte. L'impulsion originellement créée par le mouvement de cette plume-là et qui maintenant est en train de faire progresser à une vitesse accrue l'appareil du plan de sept ans, doit être accélérée encore plus dans les années initiales du prochain siècle et doit inciter la communauté bahá'íe américaine à lancer des stades ultérieurs dans le déploiement du plan divin, stades qui le porteront bien plus loin que les côtes de l'hémisphère du nord dans des pays et parmi des peuples où les actes d'héroïsme les plus nobles de la communauté seront admirés.

L'AVÈNEMENT DU ROYAUME

Que chacun qui est enclin à douter de la course. que cette communauté enviable est destinée à poursuivre, se tourne vers et médite les paroles de 'Abdu'l-Bahá encastrées jusqu'à la fin des temps dans les tablettes du plan divin et adressées à la communauté entière des croyants des États-Unis et du Canada: "La mesure complète de votre succès," les informe-t-il, "n'a pas encore été révélée, sa signification n'est toujours pas comprise. Sous peu vous serez témoins, de vos propres yeux, combien brillamment chacun de vous, tel un astre resplendissant, diffusera au firmament de votre pays la lumière de la direction divine et conférera à son peuple la gloire d'une vie immortelle... La portée de vos réalisations futures demeure encore celée. J'espère fermement que dans un proche avenir la terre entière sera émue et ébranlée par le résultat de vos réalisations. " L'espoir donc que 'Abdu'l-Bahá a chéri pour vous est que le même succès ayant accompagné vos efforts en Amérique puisse couronner vos démarches dans d'autres parties du monde, qu'à travers vous la renommée de la cause de Dieu soit diffusée partout à l'Est et à l'Ouest et que l'avènement du royaume du Seigneur des Armées soit proclamé sur tous les cinq continents du globe." "Dès l'instant," ajoute-t-il de manière significative, "que ce message divin est emporté par les croyants américains depuis les côtes de l'Amérique et qu'il se propage partout sur les continents d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Australasie et aussi loin que les îles du Pacifique, cette communauté sera en effet sûrement établie sur le trône d'une souveraineté éternelle. Alors, tous les peuples du monde seront témoins que cette communauté est spirituellement illuminée et divinement guidée. Alors la terre entière retentira des louanges de sa majesté et de sa grandeur."

Aucun lecteur de ces paroles si vibrantes de promesses que même la consommation triomphante du plan de sept ans ne peut remplir, ne peut attendre qu'une communauté ayant été élevée si haut et dotée si généreusement, soit satisfaite des lauriers qu'elle récoltera dans un avenir immédiat. Se reposer sur de tels lauriers équivaudrait en vérité à une trahison de la confiance placée en cette communauté par 'Abdu'l-Bahá. Couper court à la chaîne des victoires qui doit la mener à ce triomphe suprême quand "La terre entière pourrait être émue et ébranlée" par les résultats de ses accomplissements briserait ses espérances. Vaciller et faillir à "propager à travers les continents d'Europe, d'Asie, d'Afrique et d'Australasie et aussi loin que les îles du Pacifique" un message proclamé si magnifiquement par elle sur le continent américain la priverait du privilège d'être "sûrement établie sur le trône d'une souveraineté éternelle. " Forfaire à l'honneur de proclamer "l'avènement du royaume du Seigneur des Armées" sur "tous les cinq continents du globe" réduirait au silence ces "louanges de sa majesté et de sa grandeur" qui retentiraient autrement partout sur "la terre entière."

Les croyants américains, ambassadeurs de la foi de Bahá'u'lláh, n'admettront jamais, j'en suis fermement convaincu une telle vacillation, défaillance ou négligence. Une telle confiance ne sera jamais trahie, de telles espérances ne seront jamais brisées, un tel privilège jamais forfait ni de telles louanges tues. Non, bien plutôt, la génération présente de cette communauté bénie, à plusieurs reprises bénie, multipliera de plus en plus ses forces et transmettra, pendant que le premier siècle arrive à sa fin, aux générations qui vont lui succéder, au second siècle, la torche de la direction divine non assombrie par les vents de tempête qui doivent souffler sur elle, afin qu'à leur tour elles puissent porter cette torche, avec cette même vigueur, fidélité et enthousiasme aux recoins les plus obscurs et les plus lointains de la terre.

Amis chèrement aimés! Je ne peux guère faire mieux, brûlant que je suis de prêter à chacun de vous toute assistance en mon pouvoir pour vous rendre aptes à accomplir plus efficacement encore vos devoirs divinement désignés, se multipliant continuellement, que d'attirer votre attention particulière, à cette heure décisive, sur ces passages immortels butinés à partir de la multitude d'écrits pas encore publiés et traduits de Bahá'u'lláh. Que ce soient sa révélation du rang et des fonctions de ses aimés ou ses éloges de la grandeur de sa cause ou lorsqu'il fait ressortir l'éminente importance d'enseigner ou les dangers qu'il présage, les conseils qu'il donne, les avertissements qu'il formule, les perspectives qu'il dévoile, les assurances et promesses qu'il donne, ces exemples dynamiques et typiques des paroles sublimes de Bahá'u'lláh, chacune étant en rapport direct avec les tâches qui, aujourd'hui, confrontent la communauté bahá'íe américaine, ne peuvent pas manquer de produire dans l'esprit et le coeur de quiconque de ses membres qui les approche avec l'humilité et le détachement bienséants, des réactions si puissantes qu'elles illumineront abondamment son existence entière et intensifieront ses efforts journaliers.

"O amis! Ne soyez pas insouciants des vertus dont vous avez été dotés ni négligents de votre haute destinée... Vous êtes les étoiles au ciel de l'entendement, la brise qui se lève au point du jour, les flots coulant doucement dont dépend la vie même de tous les hommes, les lettres inscrites sur son rouleau sacré." "O peuple de Bahá! Vous êtes les brises printanières qui se diffusent autour du monde. A travers vous Nous avons paré le monde de l'existence de l'ornement de la connaissance du Très-Miséricordieux. A travers vous la face du monde a été auréolée de sourires et l'éclat de Sa lumière a jailli. Accrochez-vous à la corde de constance de telle sorte que s'efface complètement toute vaine imagination. Hâtez-vous depuis l'horizon du pouvoir, au nom de votre Seigneur, l'Incontrôlé, et annoncez à Ses serviteurs avec sagesse et éloquence les joyeuses nouvelles de cette cause dont la splendeur a été diffusée sur le monde de l'existence. Prenez garde que rien ne vous retienne d'observer les choses qui vous ont été prescrites par la Plume de Gloire lorsqu'elle s'est mue sur Sa tablette avec majesté et puissance souveraines. Grande est la béatitude de celui qui a écouté sa voix pénétrante quand elle s'est levée, par le pouvoir de la vérité, devant tous ceux qui sont au ciel et tous ceux qui sont sur la terre... Ô peuple de Bahá! La rivière qui est la vie même s'est écoulée par amour de vous. Videz la coupe, en Mon nom, malgré ceux qui n'ont pas cru en Dieu, le Seigneur de la Révélation. Nous avons fait de vous les mains de Notre cause. Rendez victorieux cet Être lésé douloureusement éprouvé par les ouvriers d'iniquité. Lui, en vérité, assistera chacun de vous qui l'assiste et se souviendra de chacun qui se souvient de lui. En porte témoignage cette tablette qui a répandu la splendeur de la bienveillance de votre Seigneur, le Tout-Puissant, l'irrésistible." "Béni est le peuple de Bahá! Dieu m'en est témoin! Ils sont la consolation des yeux de la création. A travers eux les univers ont été parés et la Tablette Préservée embellie. Ils sont ceux qui ont navigué sur l'arche de l'indépendance complète, leurs visages tournés vers l'Aurore de Beauté. Combien grande est leur béatitude qu'ils aient atteint ce que leur Seigneur, l'Omniscient, le Très-Sage a voulu. A travers leur lumière les cieux ont été ornés et les faces de ceux qui l'ont approché ont été rendues resplendissantes." "Par les chagrins qui affligent la beauté du Tout-Glorieux! Telle est la station ordonnée pour le vrai croyant que, si à un moindre degré que le chas d'une aiguille la gloire de ce rang était dévoilée au genre humain, chaque spectateur serait consumé par son désir ardent d'y parvenir... Pour cette raison il a été décrété que durant la vie terrestre la mesure complète de la gloire de son propre rang resterait voilée aux yeux d'un tel croyant." "Si le voile était ôté et l'entière gloire du rang de ceux qui se sont entièrement tournés vers Dieu et qui, par leur amour pour Lui, ont renoncé au monde, était rendue manifeste, la création tout entière serait stupéfaite. "

" Je vous le dis en vérité! Nul n'a saisi la racine de cette cause. Il incombe à chacun, en ce jour, de percevoir avec l'oeil de Dieu et d'écouter avec Son oreille. Quiconque me perçoit d'un oeil qui soit autre que proprement le mien ne sera jamais capable de me connaître. Nulle parmi les Manifestations de jadis excepté à un degré prescrit n'a jamais complètement saisi la nature de cette Révélation." "Je témoigne devant Dieu de la grandeur, de l'inconcevable grandeur de cette Révélation. Maintes et maintes fois dans la plupart de nos tablettes nous avons rendu témoignage. de cette vérité, afin que le genre humain puisse être éveillé de son insouciance. " "Combien grande est la cause, combien stupéfiante est le poids de son message!" "En cette plus puissante Révélation toutes les Dispensations du passé ont atteint, l'apogée, le point final de leur consommation." "Ce qui a été rendu manifeste en cette prédominante et, très exaltée Révélation est sans parallèle dans les annales du passé et les époques futures n'en verront plus de pareille. " "Le dessein sous-jacent de toute la création est la révélation de ce Jour le plus sublime, le plus saint, le Jour connu comme Jour de Dieu dans Ses Livres et Écrits - le Jour dont tous les prophètes et les élus et les saints ont désiré être les témoins. " "L'essence la plus élevée et l'expression la plus parfaite de tout ce que les peuples anciens ont soit dit ou écrit a été envoyée à travers cette Révélation la plus puissante, depuis le ciel de la Volonté du Tout-Possédant, du Dieu Eternel." "Voici le Jour où les faveurs les plus excellentes de Dieu ont été déversées sur les hommes, le Jour où Sa plus puissante grâce a été infusée en toutes les choses créées." "Ceci est le Jour où l'océan de la miséricorde de Dieu a été manifestée aux hommes, le Jour où l'Étoile du Matin de Son aimable gentillesse a répandu son rayonnement sur eux, le Jour où les nuages de Sa munificente faveur ont abrité le genre humain tout entier." "Par la justice de moi-même! Grande, incommensurablement grande est cette cause. Puissant, inconcevablement puissant est ce Jour!" "Chaque prophète a annoncé la venue de ce Jour et chaque messager a gémi dans son désir ardent pour cette Révélation - une révélation qui, à peine avait-elle été révélée, toutes les choses créées se sont écriées et ont dit: 'La terre est à Dieu, le Très-Exalté, le Très-Grand!'" "Le Jour de la Promesse est venu et celui qui est le Promis proclame à haute voix à tous ceux qui sont au ciel et à tous ceux qui sont sur terre: 'En vérité, il n'y a pas d'autre Dieu que Lui, le soutien dans le péril, celui qui subsiste par Lui-même!' Je jure par Dieu! Ce qui a été enchâssé depuis l'éternité dans la science de Dieu, Celui qui connaît le visible et l'invisible, est révélé. Heureux l'oeil qui voit et la face qui se tourne vers la présence de Dieu, le Seigneur de toute existence." "Grand est en vérité ce Jour! Les allusions qui lui sont faites dans tous les Écrits sacrés en tant que Jour de Dieu attestent sa grandeur. Les âmes de tous les prophètes de Dieu et de tous les messagers divins ont eu soif de ce merveilleux Jour. Toutes les diverses tribus de la terre ont également soupiré d'y parvenir." "En ce jour une porte est plus grande ouverte que le ciel et la terre réunis. L'oeil de la miséricorde de Celui Qui est le désir des mondes est dirigé vers tous les hommes. Un acte, si infinitésimal qu'il soit, considéré dans le miroir de la science de Dieu, est plus grand qu'une montagne. Chaque goutte offerte dans son sentier est comme la mer dans ce miroir-là. Car ceci est le Jour que l'unique vrai Dieu, glorifié soit-Il, a annoncé dans Ses Livres à tous ses prophètes et à ses messagers. " " Ceci est une Révélation dans laquelle, si un homme répandait par amour d'elle une goutte de sang, des myriades d'océans seraient sa récompense. " " Un instant fugace, en ce Jour, transcende des siècles d'autrefois... Ni le soleil ni la lune n'ont été témoins d'un jour tel que ce Jour-ci." "Voici le Jour où le monde invisible s'écrie 'Grande est ta béatitude, ô terre, car tu as été faite l'escabeau de ton Dieu et tu as été choisie comme le siège de son trône puissant.'" "Le monde de l'existence brille en ce Jour avec la splendeur de cette révélation divine. Toute chose créée exalte sa grâce salvatrice et chante ses louanges. L'univers est plongé dans une extase de joie et d'allégresse. Les Écrits des dispensations passées célèbrent le grand jubilé qui doit nécessairement saluer ce plus grand Jour de Dieu. Heureux celui qui a vécu pour voir ce Jour et qui a reconnu son rang. " En ce Jour un Soleil différent s'est levé et un Ciel différent a été paré de ses étoiles et de ses planètes. Le monde est un autre monde et la cause est une autre cause." "Voici le Jour que les âges et les siècles passés ne peuvent jamais égaler. Sache-le, et ne sois pas des ignorants." "Voici le Jour où les oreilles humaines ont été privilégiées d'entendre ce que celui qui conversait avec Dieu (Moïse) entendit au Sinaï, ce que celui qui est l'ami de Dieu (Muhammad) entendit quand il monta vers Lui, le Soutien dans le Péril, Celui Qui subsiste par Lui-même." "Ce Jour est le Jour de Dieu et cette Cause Sa Cause. Heureux celui qui a renoncé à ce monde et qui s'est accroché à celui qui est l'aurore de la révélation de Dieu." "Voici le Roi des Jours ayant vu la venue du Très-Aimé, celui qui de toute éternité a été acclamé comme le Désir du Monde." "Voici le Souverain et le Roi de tous les jours. Grande est la béatitude de celui qui est parvenu, par la douce saveur de ce jour-là à la vie éternelle et qui, avec la plus grande constance, s'est levé pour assister la Cause de Celui Qui est le Roi des Noms. Un tel homme est comme l'oeil du corps de l'humanité." "Sans pareil est ce Jour, car il est comme l'oeil pour les âges et les siècles passés et comme une lumière dans l'obscurité des temps. " "Ce Jour est différent des autres jours et cette Cause différente des autres causes. Suppliez le seul vrai Dieu qu'Il ne prive pas les yeux des hommes d'apercevoir Ses signes ni de prêter leurs oreilles à la voix pénétrante de la Plume de Gloire." "Ces jours sont les, jours de Dieu dont un instant ne peut jamais être égalé par des âges et des siècles. Un atome, en ce jour, est comme le soleil, une goutte comme l'océan. Un seul souffle exhalé dans l'amour de Dieu et dans son service est inscrit par la Plume de Gloire comme un acte princier. Si les vertus de ce Jour devaient être contées, tous seraient abasourdis hormis ceux que ton Seigneur a exemptés." "Par la justice de Dieu! Voici les jours où Dieu a éprouvé les coeurs de l'entière compagnie de Ses messagers et prophètes et au-delà ceux qui veillent sur son sanctuaire sacré et inviolable, les habitants du Pavillon céleste et les résidents du Tabernacle de Gloire. " "Si la grandeur de ce Jour devait être révélée dans sa plénitude, chaque homme abandonnerait une myriade de vies dans son désir ardent de prendre part, ne fût-ce qu'un instant, à sa grande gloire - combien plus ce monde, et ses trésors corruptibles! " "Dieu le Vrai est mon témoin! Voici le Jour où il incombe à chacun qui voit de regarder, et à chaque oreille qui entend, d'écouter et à chaque coeur qui comprend de percevoir et à chaque langue qui parle de proclamer à tous ceux qui sont au ciel et sur la terre ce saint Nom, l'exalté et le sublime." "Dis, ô hommes! Voici un Jour inégalable. Inégalable doit être de même la langue qui célèbre la louange du Désir de toutes les nations et inégalable l'acte qui aspire à être acceptable à Ses yeux. Toute la race humaine a désiré ardemment ce Jour afin qu'elle puisse accomplir ce qui convient à son rang et est digne de sa destinée."

"Par le mouvement de Notre Plume de Gloire Nous avons, par ordre de l'ordonnateur Omnipotent insufflé une nouvelle vie en chaque corps et infusé dans chaque mot une nouvelle puissance. Toutes les choses créées proclament les preuves de cette régénération universelle." "Ô peuples! Je le jure par le seul vrai Dieu! Voici l'océan duquel découlent les mers et avec lequel chacun d'elle sera finalement unie. A partir de Lui tous les soleils ont été engendrés et à Lui tous retourneront. Par sa puissance les Arbres de la révélation divine ont donné leurs fruits, chacun d'eux ayant été envoyé dans la forme d'un prophète, apportant un message aux créatures de Dieu dans chacun des mondes dont Dieu seul peut compter le nombre, en sa science universelle. Ceci, Il l'a accompli par l'entremise d'une seule lettre de son verbe, révélé par sa plume, - une plume mue par son doigt qui guide - son doigt même soutenu par le pouvoir de la Vérité de Dieu." "Par la justice du seul vrai Dieu! Si une parcelle d'un joyau était perdue et enfouie sous une montagne de pierres et gisait cachée au-delà des sept mers, la Main d'Omnipotence la dévoilerait certainement en ce Jour, pure et libre de scories. "Chaque lettre particulière procédant de Notre bouche est dotée d'un tel pouvoir régénérateur qu'il la rend capable d'amener à l'existence une nouvelle création une création dont la grandeur est impénétrable sauf à Dieu. Il a en vérité connaissance de toute chose." "C'est en Notre pouvoir, si Nous le désirons, de rendre un brin de poussière sur l'eau capable de créer en moins d'un clin d'oeil des soleils d'une splendeur infinie, inimaginable, de transmuer une goutte de rosée en de vastes et innombrables océans, d'infuser en chaque lettre une telle force qu'elle soit capable de déployer toutes les connaissances des temps écoulés et futurs." "Nous sommes doués d'un tel pouvoir qui, mis au jour, transmuera le poison le plus mortel en une panacée universelle d'une infaillible efficacité. "

" Les jours approchent de leur fin et, cependant, l'on voit les peuples de la terre immergés dans une insouciance lamentable et perdus dans une erreur manifeste. " " Grande, grande est la Cause! L'heure approche où la plus grande convulsion sera apparue. Je le jure par Celui Qui est la Vérité! Elle provoquera la séparation qui affligera chacun, même ceux qui gravitent autour de moi." "Dis: Ô concours des insouciants! Je le jure par Dieu! Le jour promis est venu, le jour où les épreuves qui vous tourmenteront auront surgi au-dessus de vos têtes et au-dessous de vos pieds, en disant:' Goûtez ce que vos mains ont forgé.'" "Le temps pour la destruction du monde et de ses peuples est arrivé. Celui Qui est le Pré-Existant est venu, afin de donner la vie éternelle et d'accorder la protection éternelle et de conférer ce qui contribue à la vraie vie. " "Le jour approche où la flamme de sa civilisation dévorera les villes, où la Langue de Grandeur proclamera: 'Le royaume est à Dieu, l'Omnipotent, le Très-Loué!'" "Ô vous qui êtes privés d'entendement! Une sévère épreuve vous poursuit et vous saisira subitement. Hâtez-vous, afin que peut-être elle passe et ne vous inflige aucun mal." " 0 vous les peuples du monde! Sachez, en vérité, qu'une calamité imprévue vous poursuit et qu'une contribution douloureuse vous attend. Ne croyez pas que les actions que vous avez commises aient été effacées à Ma vue." "Ô insouciants! Bien que les merveilles de Ma miséricorde aient enveloppé toutes choses créées, tant visibles qu'invisibles, et que les révélations de ma grâce et de ma munificence aient pénétré chaque atome de l'univers, cependant douloureuse est la verge avec laquelle je châtie les méchants et terrible la véhémence de mon courroux contre eux. " "Ne te plains pas de ceux qui se sont affairés autour des choses de ce monde et qui ont oublié la souvenance de Dieu, le Plus Grand. Par Celui Qui est la Vérité Eternelle! Le jour approche où la colère courroucée du Tout-Puissant les aura saisis. Il est en vérité l'Omnipotent, Celui Qui Subjugue Tout, le Très-Puissant. Il purifiera la terre des souillures de leur corruption et la donnera en héritage à ceux d'entre ses serviteurs qui sont proches de Lui." "Bientôt le cri: 'Oui, ô oui, Me voici, Me voici!' sera perçu de tous les pays. Car il n'y eut jamais d'autre refuge pour s'enfuir et il ne pourra jamais en exister pour quiconque." "Et quand l'heure désignée sera venue, apparaîtra soudainement ce qui fera trembler les membres de l'humanité. Alors, et alors seulement, l'Étendard divin sera déployé et le Rossignol du Paradis chantera sa mélodie."

"Au début de toute révélation les adversités ont prévalu qui ont été inversées plus tard en une grande prospérité." "Dis: Ô peuples de Dieu! Prenez garde de ne vous laisser effrayer par les forces de la terre ou de ne vous laisser affaiblir par la puissance des nations ou de ne vous laisser décourager par le tumulte des gens de discorde ou de ne vous laisser attrister par la gloire terrestre. Soyez comme une montagne dans la cause de votre Seigneur, le Tout-Puissant, le Tout-Glorieux, l'Incontrôlable "Dis: Prenez garde, ô peuple de Bahá, de ne vous faire dépouiller de votre force par les forts de la terre; que ceux qui gouvernent le monde ne vous emplissent de crainte. Placez votre confiance en Dieu et remettez vos affaires entre ses mains. Lui, en vérité, vous rendra victorieux et Il est, en vérité, puissant pour faire ce qu'Il veut et entre Ses mains. Il tient les rênes de l'omnipotente puissance." "Je jure par ma vie! Rien hormis ce qui peut leur être profitable ne peut advenir à mes bien-aimés, la plume de Dieu, du Très-Puissant, du Tout-Glorieux, du Très-Aimé en porte témoignage." "Ne souffrez pas que les événements du monde vous attristent. Je jure par Dieu! La mer de joie soupire d'atteindre votre présence, car toute bonne chose a été créée pour vous et selon les besoins de l'époque, elle' vous sera dévoilée. " "Ô mes serviteurs! Ne vous chagrinez pas si, en ces jours et sur ce plan terrestre, des choses contraires à vos désirs ont été ordonnées et manifestées par Dieu, car des jours de joie bienheureuse, de délices célestes vous sont certainement réservés. Des mondes sacrés et spirituellement glorieux se dévoileront à vos yeux. En ce monde et en l'autre, vous avez été destinés par Lui à prendre part à ces privilèges, à partager leurs joies et à obtenir une portion de leur grâce fortifiante. Vous parviendrez, sans aucun doute, à chacune d'entre elles en particulier. "

"Voici le jour où il faut parler. Il incombe au peuple de Bahá de s'efforcer de guider les peuples du monde avec la plus grande patience et indulgence vers l'Horizon Le Plus Grand. Chaque corps sollicite à haute voix une âme. Par le souffle de la parole de Dieu les âmes célestes doivent ranimer les morts d'un esprit nouveau. Dans chaque mot est recelé un nouvel esprit. Heureux l'homme qui y parvient et qui s'est levé pour enseigner la cause de Celui Qui est le Roi de l'Eternité. " "Dis: Ô serviteurs! Le triomphe de cette cause a dépendu et continuera de dépendre de l'apparition d'âmes saintes, de la manifestation de belles actions et de la révélation de paroles d'une sagesse consommée. " "Concentrez vos énergies sur la propagation de la foi de Dieu. Quiconque est digne d'une vocation si élevée, qu'il se lève et la poursuive. Quiconque n'en est pas apte, il a le devoir de désigner celui qui à sa place proclamera cette révélation dont le pouvoir a fait trembler les fondations des structures les plus puissantes, qui a réduit chaque montagne en poussière et a stupéfié chaque âme. " "Que votre souci principal soit de sauver du bourbier de l'extinction imminente celui qui est tombé et de l'aider à embrasser l'ancienne foi de Dieu. Votre comportement à l'égard de votre voisin devrait être tel qu'il manifeste clairement les signes du seul vrai Dieu, car vous êtes les premiers parmi les hommes à avoir été créés à nouveau par Son esprit, les premiers à L'adorer et à plier le genou devant Lui, les premiers à graviter autour de son trône de gloire." "Ô vous les bien-aimés de Dieu! Ne vous reposez pas, non, dépensez-vous aussitôt que vous avez reconnu votre Seigneur, le Créateur, et que vous entendez les choses qui Lui sont advenues, et hâtez-vous à son assistance. Déliez vos langues et proclamez sans cesse sa cause. Ceci sera meilleur pour vous que tous les trésors du passé et de l'avenir, si vous êtes de ceux qui comprennent cette vérité." "Je jure par Celui qui est la Vérité! Sous peu Dieu ornera le début du Livre de l'Existence de la mention de Ses bien-aimés ayant subi la tribulation sur Son sentier et ayant voyagé à travers les contrées en Son nom et pour Le louer. Quiconque est parvenu en leur présence se glorifiera de leur rencontre et tous ceux qui résident dans tout pays seront illuminés par leur souvenir." Rivalisez les uns avec les autres dans le service de Dieu et de sa cause. Voilà en vérité ce qui vous est profitable en ce monde et dans celui à venir Votre Seigneur, le Dieu de Miséricorde, est le Très Informé, l'Omniscient. Ne vous affligez pas des choses dont vous êtes témoins en ce jour. Le jour viendra où les langues des nations proclameront: "La terre est à Dieu, le Tout-Puissant, L'Unique, l'incomparable, l'Omniscient!" "Bénis soient le lieu et la maison, et l'endroit et la cité, et le coeur et la montagne, et le refuge et la caverne, et la vallée et la terre, et la mer et l'île et la prairie où Dieu a été mentionné et où ses louanges ont été célébrées. " " Le déplacement même d'un lieu à un autre, s'il est entrepris par amour de Dieu, a toujours exercé et peut aujourd'hui exercer son influence sur le monde. Dans les livres, anciens le rang de ceux qui ont voyagé partout pour guider les serviteurs de Dieu a été exposé et décrit." "Je jure par Dieu! Si grandioses sont les choses ordonnées pour ceux qui sont demeurés fermes, que si elles devaient être dévoilées, même de la grandeur du chas d'une aiguille, tous ceux qui sont au ciel et sur la terre en seraient confondus hormis ceux que Dieu, le Seigneur de tous les mondes, a voulu exempter." "Je jure par Dieu! Ce qui a été destiné pour celui qui assiste ma cause transcende les trésors de la terre. " "Quiconque desserre en ce jour ses lèvres et fait mention du nom de son Seigneur, les armées de l'inspiration divine descendront sur lui du ciel de mon nom, l'Omniscient, le Très-Sage. Sur lui descendront aussi les Concours suprêmes, chacun d'eux portant haut un calice de pure lumière. Ainsi en a-t-il été pré ordonné dans le royaume de la révélation de Dieu, au commandement de Celui qui est le Très Glorieux, le Plus Puissant." "Par la justice de Celui qui, en ce jour, s'écrie au coeur même de toute chose créée 'Dieu, il n'y a pas d'autre Dieu que moi! Si quelqu'homme se levait pour défendre en ses écrits la cause de Dieu contre ses assaillants, un tel homme, si peu considérable que soit sa part, sera tellement honoré dans le monde à venir que le Concours suprême lui envierait sa gloire. Aucune plume ne peut dépeindre la grandeur de son rang et nulle langue ne peut décrire sa splendeur." "Plaise à Dieu que vous soyez tous fortifiés pour réaliser ce qui est la volonté de Dieu et que vous soyez gracieusement assistés pour apprécier le rang conféré à ceux parmi ses bien-aimés qui se sont levés pour Le servir et pour magnifier Son nom. Sur eux soit la gloire de Dieu, la gloire de tout ce qui est au ciel et de tout ce qui est sur la terre et la gloire des habitants du très-exalté Paradis, le ciel des cieux." "Ô peuple de Bahá! C'est un signe de miséricorde qu'il n'y ait personne pour rivaliser avec vous. Buvez à longs traits le vin de l'immortalité à la Coupe de Munificence, malgré ceux qui ont répudié Dieu, le Seigneur des noms et le Façonneur des cieux. "

"Je jure par le seul vrai Dieu! Voici le jour de ceux qui se sont détachés de tout hormis de Lui, le jour de ceux qui ont reconnu son unité, le jour où Dieu façonne des mains de son pouvoir des êtres divins et des essences impérissables dont chacun rejettera au loin le monde et tout ce qui s'y trouve et deviendra si ferme dans la cause de Dieu que chaque coeur sage et compréhensif s'en émerveillera." "Il y a cachée derrière le Voile sacré et se préparant au service de Dieu une compagnie de ses élus qui seront manifestés aux hommes, qui aideront sa cause, qui ne craindront personne, même si la race humaine tout entière se lève et les combat. Ce sont ceux qui devant les regards des habitants de la terre et des résidents des cieux se lèveront et acclameront le nom du Tout-Puissant, et appelleront les enfants des hommes dans le sentier de Dieu, le Tout Glorieux, le Très-Loué." "Le jour approche où Dieu, par un acte de Sa volonté, aura engendré une race d'hommes dont la nature est impénétrable sauf à Dieu, le Tout-Puissant, Celui qui subsiste par Lui-même. " "Sous peu Il puisera du Sein de Puissance, des Mains d'Ascendance et de Puissance - des mains qui se lèveront pour remporter la victoire pour cet Adolescent et qui purgeront l'humanité des souillures des proscrits et des impies. Ces mains-là ceindront leurs reins pour défendre la foi de Dieu et subjugueront en mon nom, l'indépendant, le fort, les peuples et les gens de la terre. Ils entreront dans les villes et ils insuffleront la crainte dans les coeurs de tous leurs habitants. Telles sont les preuves de la puissance de Dieu; combien redoutable, combien véhémente est sa puissance!"

Une parole de plus en guise de conclusion. Parmi certains propos les plus importants et les plus stimulants jamais énoncés par 'Abdu'l-Bahá au cours de ses mémorables périples sur le continent nord-américain se situent les suivants: "Que cette démocratie américaine soit la première nation à établir les fondations d'un accord international. Qu'elle soit la première nation à proclamer l'unité du genre humain. Qu'elle soit la première à déployer l'étendard de la plus grande Paix." Et à nouveau: "Le peuple américain est en vérité digne d'être le premier à édifier le tabernacle de la grande Paix et à proclamer l'unité du genre humain... Car l'Amérique a développé des facultés et des capacités plus merveilleuses que d'autres nations... La nation américaine est équipée et en pouvoir d'accomplir ce qui parera les pages de l'histoire, de devenir l'objet d'envie du monde et d'être bénie tant à l'Est qu'à l'Ouest en raison du triomphe de son peuple... Le continent américain offre des signes et des preuves d'un très grand avancement. Son avenir est encore plus prometteur car son influence et son illumination s'étendent au loin. Il guidera toutes les nations spirituellement. "

LA DESTINEE DE L'AMÉRIQUE

Les énergies créatrices mystérieusement engendrées par les premiers remous de l'ordre mondial embryonnaire dé Bahá'u'lláh, aussitôt libérées au sein d'une nation destinée à devenir son berceau et son champion, ont doté cette nation du mérite, l'ont investie de pouvoirs et de capacités et l'ont spirituellement pourvue à jouer le rôle présagé dans ces paroles prophétiques. Le potentiel que cette mission divinement assignée a infusé en son peuple, commence à se manifester d'une part à travers les efforts conscients et les accomplissements nationaux tant dans la sphère de l'enseignement que de celui de l'administration parmi les activités bahá'íes de la communauté organisée des adhérents de Bahá'u'lláh sur le continent nord-américain. Ce même potentiel, séparé et cependant collatéral à ces efforts et réalisations est en train d'autre part de façonner insensiblement, sous l'impact des forces politiques et économiques mondiales, la destinée de cette nation et d'influencer la vie et les actions tant de son gouvernement que de son peuple.

Aux efforts et aux relations de ceux qui, conscients de la révélation de Bahá'u'lláh, travaillent maintenant sur ce continent, au cours présent et futur de leurs activités i ai suffisamment fait allusion dans les pages précédentes. Si la destinée du peuple américain doit être saisie correctement dans son ensemble, un mot devrait maintenant être énoncé concernant l'orientation de cette nation dans sa totalité et la tendance générale des affaires de son peuple. Car, qu'importe combien la nation est ignorante de la source de laquelle procèdent ces énergies dirigeantes et combien le processus est lent et laborieux, ü devient de plus en plus évident que la nation tout entière gravite, soit par l'entremise de son gouvernement ou autrement, sous l'influence de forces qu'elle ne peut ni comprendre ni contrôler, vers de telles associations ou lignes de conduite où, ainsi que l'a indiqué 'Abdu'l-Bahá, doit se trouver sa véritable destinée. Tant la communauté des croyants américains, consciente de cette source, que la grande masse de leurs concitoyens qui n'ont pas encore reconnu la main qui dirige leur destinée, contribuent, chacun à sa guise, à la réalisation des espérances, à l'accomplissement des promesses énoncées dans les paroles de 'Abdu'l-Bahá citées ci-dessus.

Le monde continue sur sa lancée. Ses événements se déploient sinistrement et avec une rapidité déroutante. Le tourbillon de ses passions est rapide et alarme par sa violence. Son tourbillon est en train d'attirer insensiblement le Nouveau Monde. Les foyers potentiels de tempête de la terre sont déjà en train de jeter leurs ombres sur ses côtes. Des dangers inimaginables et imprévisibles menacent tant de l'intérieur que de l'extérieur. Ses gouvernements et peuples sont graduellement empêtrés dans les spirales des crises récurrentes et des controverses sauvages du monde. Les océans Atlantique et Pacifique se rétrécissent à chaque accélération de la marche en avant de la science, toujours davantage en de simples canaux. La grande république de l'Ouest se trouve spécialement impliquée. Des grondements lointains retentissent de manière menaçante dans les ébullitions de ses peuples. Sur ses flancs se rangent les foyers potentiels de tempête du continent de l'Europe et de l'Extrême Orient. A son horizon méridional se dessine ce qui pourrait, et c'est concevable, se développer en un autre centre d'agitation et de péril. Le monde se rétrécit en un voisinage. L'Amérique, volontairement ou involontairement, doit affronter cette nouvelle situation et s'y attaquer. Pour des raisons de sécurité nationale, sans parler de tout motif humanitaire, elle doit assumer les obligations imposées par ce voisinage nouvellement créé. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, sa seule espérance de se dépêtrer des périls qui se concentrent autour d'elle est de s'empêtrer dans cette même toile d'association internationale que la main d'une impénétrable Providence est en train de tisser. Le conseil de 'Abdu'l-Bahá pour un officier de haut rang de son gouvernement revient à l'esprit, avec une particulière pertinence et force. "Vous pouvez le mieux servir votre pays si vous vous efforcez, en votre qualité de citoyen du monde, de prêter votre concours à l'application éventuelle du principe de fédéralisme à la base du gouvernement de votre propre pays aux relations existant maintenant entre les peuples et nations du monde. " Les idéaux qui ont enflammé l'imagination du président tragiquement inapprécié de l'Amérique dont les efforts élevés. bien qu'infirmés par une génération privée de vision, que 'Abdu'l-Bahá acclama de sa propre plume comme signe de l'aurore de la Plus Grande Paix, bien que gisant maintenant dans la poussière, font d'amères reproches à une génération insouciante de les avoir abandonnés si cruellement.

Que le monde soit entouré de périls, que les dangers s'accumulent maintenant et menacent actuellement la nation américaine, aucun observateur lucide ne peut le nier. La terre est maintenant transformée en un camp armé. A tel point que cinquante millions d'hommes se trouvent soit sous les armes soit en réserve. Pas moins que la somme de trois billions de livres est dépensée en une année pour ses armements. La lumière de la religion est ternie et l'autorité morale se désintègre. Les nations du monde sont, pour la plupart, tombées victimes des idéologies qui luttent et menacent de disloquer les fondations mêmes de leur unité politique chèrement gagnée.. Les multitudes agitées dans ces pays-là les regardent avec mécontentement, armées jusqu'aux dents, sont déconcertées de crainte et grognent sous le joug des tribulations engendrées par des conflits politiques, du fanatisme racial, des haines nationales et des animosités religieuses. " Les vents du désespoir", a indiscutablement affirmé Bahá'u'lláh, "soufflent, hélas, de tous les côtés et les conflits qui divisent et affligent la race humaine s'accroissent journellement. Les signes de convulsions imminentes et de chaos peuvent être maintenant discernés... " "Les maux", a écrit 'Abdu'l-Bahá, prophétisant d'aussi loin en arrière que deux décades, "dont le monde souffre aujourd'hui se multiplient, les ténèbres qui l'enveloppent se condenseront. Les Balkans resteront mécontents. Son agitation s'accroîtra. Les puissances vaincues continueront à créer des troubles. Elles auront recours à tout moyen qui puisse rallumer le brasier de la guerre. Des mouvements nouvellement créés et mondiaux dans leur portée mettront tout en oeuvre pour le progrès de leurs desseins. Les mouvements gauchistes acquerront une grande importance. Leur influence s'étendra." Quant à la nation américaine elle-même, la voix de son propre président, insistante et claire, avertit son peuple que, par le développement de l'aviation et par divers facteurs, une attaque éventuelle de leur pays est désormais infiniment plus imminente. Son secrétaire d'État, s'adressant lors d'une conférence récente aux représentants réunis de toutes les Républiques américaines, profère un avertissement non moins inquiétant. " Ces forces remuantes se dessinent partout à travers le monde de façon menaçante, - leur ombre sinistre tombe au travers de notre propre hémisphère. " Quant à sa presse, la même note d'avertissement et d'alarme y résonne face à un danger qui s'approche. " Nous devons nous préparer à nous défendre tant à l'intérieur qu'à l'extérieur... Notre frontière défensive est longue. Elle s'étend du Point Barrow en Alaska jusqu'au Cap Horn et de l'Atlantique au Pacifique. Quant au point où les agresseurs d'Europe ou d'Asie peuvent nous frapper, nous ne pouvons le dire. Ce pourrait être n'importe où, n'importe quand ... Nous n'avons guère de choix sinon de nous armer nous-mêmes ... Nous devons monter une garde vigilante sur l'hémisphère de l'Ouest. "

La distance que la nation américaine a parcourue depuis sa répudiation formelle et catégorique de l'idéal wilsonien, les modifications survenues de manière si inattendue dans les récentes années, la direction dans laquelle les événements mondiaux s'engagent, avec leur impact inévitable sur la politique et l'économie de la nation, sont pour chaque observateur bahá'í, qui envisage les développements de la situation internationale à la lumière des prophéties de Bahá'u'lláh et de 'Abdu'l-Bahá, très significatives et hautement instructives et encourageantes. Tracer le cours exact que cette nation suivra en ces temps troublés et en ces années lourdes de conséquences serait impossible. Jugeant d'après la direction que prennent les affaires aujourd'hui, nous ne pouvons que prévoir le cours qu'elle choisira le plus vraisemblablement: poursuivre ses relations tant avec les républiques de l'Amérique qu'avec les pays des autres continents.

Une association plus intime avec ces républiques lune part et d'autre part une participation accrue, à divers degrés, aux affaires du monde entier, résultat des crises internationales récurrentes, semble être le développement le plus probable que l'avenir réserve à ce pays-là. Des entraves doivent inévitablement survenir, des revers doivent être supportés au cours de l'évolution de ce pays vers son ultime destinée. Rien, cependant, ne peut finalement modifier ce courant ordonné pour lui par la plume infaillible de 'Abdu'l-Bahá. Son unité fédérée ayant déjà été achevée et ses institutions intérieures consolidées - un stade qui a marqué l'avènement de sa maturité comme ensemble politique - son évolution ultérieure en tant que membre de la famille des nations doit', dans des circonstances qui ne peuvent être envisagées à présent, se poursuivre fermement. Une telle évolution doit persister jusqu'aux temps où cette nation, par la part active et décisive qu'elle aura jouée dans l'organisation et le règlement paisible des affaires du genre humain, aura atteint la plénitude de ses pouvoirs et de ses fonctions en tant que membre éminent et partie constituante d'un monde fédéré.

Cet état de choses doit faire paraître bien sombre le proche avenir de cette nation, confrontée aux multiples problèmes et perplexités affligeant l'humanité et qui se présentent à elle d'une manière persistante, graduelle et inévitable. La calamité bouleversant le monde que Bahá'u'lláh, ainsi qu'il a été cité dans les pages précédentes, a prophétisée, la trouvera peut-être balayée à un degré sans précédent dans son tourbillon. Contrairement à ses réactions envers le dernier conflit mondial, elle va en émerger consciemment déterminée à saisir sa chance, à jeter tout le poids de son influence dans la balance pour surmonter les problèmes gigantesques qu'une telle calamité doit laisser dans son sillage et d'exorciser pour toujours, de concert avec ses nations soeurs tant de l'Est que de l'Ouest, le plus grand fléau qui, de temps immémoriaux, a affligé et dégradé la race humaine.

Alors, et alors seulement, la nation américaine, pétrie et purifiée dans le creuset d'une guerre généralisée, rompue à ses rigueurs et disciplinée par ses leçons, sera à même de lever sa voix dans le concert des nations, a oser elle-même la pierre angulaire d'une paix universelle et durable, à proclamer la solidarité, l'unité et la maturité du genre humain et d'assister à l'établissement du règne promis, de la justice sur la terre. Alors, et alors seulement, la nation américaine sera capable, pendant que la communauté des croyants américains dans sa sphère consomme sa mission divinement désignée, d'accomplir sa destinée indiciblement glorieuse ordonnée pour elle par le Tout-Puissant et enchâssée dans les écrits de 'Abdu'l-Bahá. Alors, et alors seulement, la nation américaine accomplira "ce qui parera les pages de l'histoire," "sera l'objet de l'envie du monde et sera bénie tant à l'Est qu'à l'Ouest. "

25 décembre, 1938 SHOGHI

Titre anglais de cet ouvrage.
THE ADVENT OF DIVINE JUSTICE
Traduction: Bijan et Agnès GHAZNAVI

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